«Président Macron, tenez l’engagement de la France vis-à-vis des exilés italiens»

L’appel contre les extraditions des réfugiés italiens signé par des personnalités du monde de la culture française

Libération, 29 avril 2021

Monsieur le Président,
C’est par la volonté d’un président de la République, François Mitterrand, que des militants d’extrême gauche italiens engagés dans la violence politique durant les années 70 ont été accueillis dans notre pays à la condition expresse d’abandonner toute activité illégale. Peut-être n’auriez-vous pas vous-même pris cette décision. Mais le contexte était différent, la «stratégie de la tension» encore vivace, les juristes français souvent perplexes quant aux «lois spéciales» qui régissaient les procédures italiennes. Et quoi qu’on pense de cet héritage, vous conviendrez qu’on ne peut remonter le cours du temps ni changer les événements du passé.
Il y a maintenant quarante ans, plusieurs dizaines de personnes sont sorties de la clandestinité, ont déposé les armes, ont vu leurs dossiers examinés par les plus hautes autorités des services de renseignements, de police et de justice françaises : leur séjour en France a été accepté, puis officialisé par la délivrance de cartes de séjour. Certaines se sont mariées, créant ainsi des couples binationaux, beaucoup ont eu des enfants qui sont aujourd’hui citoyens français, parfois des petits-enfants, eux aussi français. Elles ont contribué à la richesse nationale par leur travail pendant plusieurs décennies, certaines étaient même employées par l’Etat français. Toutes ont respecté leur engagement de renoncer à la violence.
Alors que ces personnes ont aujourd’hui entre 65 et 80 ans, qu’elles ont des problèmes de leur âge, problèmes de santé, de dépendance, de vieillissement, certains en Italie s’en servent comme de commodes épouvantails pour des objectifs de politique intérieure qui ne nous concernent pas. Leur campagne équivaut à accuser des dizaines de fonctionnaires de nos services administratifs, à accuser police, justice, administration de la République française d’avoir, quarante années durant, protégé des assassins.

C’est faire preuve d’un relativisme
Faisant comme si le temps s’était arrêté il y a un demi-siècle, certains feignent de croire que ces personnes étaient restées figées dans un éternel présent, alors que la France et l’expérience douloureuse de l’exil loin du pays natal leur ont permis au contraire d’avancer sur le chemin de la vie, de devenir d’autres personnes. Pour la France, c’était faire confiance à l’être humain, en ses capacités de transformation et de progrès, et cette confiance a été honorée.
En août 2019, à l’instigation de monsieur Salvini, l’Italie a ratifié la convention européenne relative à l’extradition entre Etats membres de l’Union européenne, ce qu’elle se gardait de faire depuis 1996. Cette initiative avait pour seul objectif d’annuler les décisions françaises afférentes à ces personnes. Selon nos règles de droit, en effet, les dossiers en question sont tous prescrits et ne sauraient donner lieu à des extraditions quarante, voire cinquante ans après les faits.
Rappelons qu’en France, seuls les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Mettre un signe égal entre telle affaire d’homicide et un génocide, assimiler des personnes accueillies par la République française à des nazis cachés par quelque dictature du Proche-Orient, c’est faire preuve d’un relativisme qui ne pourra que réjouir les cercles négationnistes et leurs amis d’extrême droite.

Mécanismes fondamentaux de la justice
Monsieur le Président, le souci de prendre davantage en compte le point de vue de nos partenaires européens ne saurait mener au confusionnisme historique et à l’abandon des mécanismes fondamentaux de la justice.
Dans l’Orestie d’Eschyle, un meurtrier erre en exil, pourchassé par les déesses de la vengeance, qui réclament réparation au nom de la victime. Mais Oreste dit cette chose curieuse : «Je ne suis plus un suppliant aux mains impures : ma souillure s’est émoussée. Elle s’est usée au contact des hommes qui m’ont reçu dans leurs maisons ou que j’ai rencontrés sur les routes.» Comme si le temps, l’exil, le commerce des hommes avaient un pouvoir purificateur, et qu’Oreste ne se réduisait plus à celui qui fit cette chose, terrible entre toutes : tuer sa mère. A la fin de la pièce, Athéna, déesse protectrice de la Cité, prend une décision qui s’apparente davantage à une amnistie qu’à un acquittement. Les Erinyes, invitées à habiter Athènes, comme pour réaffirmer le respect des victimes, acceptent la fondation du tribunal de l’Aréopage, la fondation du droit moderne. Le cycle de la vengeance est achevé, vient celui de la justice.
Cette fable, fondatrice de notre culture européenne commune, comment se peut-il qu’on l’oublie si souvent ? La vengeance est de nouveau à l’ordre du jour. La souillure qui ne s’efface jamais, qui réduit le criminel à son crime, toujours présent, jamais passé, est un outil pour manipuler l’opinion et troubler les consciences. Et l’extrême droite italienne, responsable des deux tiers des morts de ce qu’on appelle les «années de plomb» et qui ose parler au nom des victimes, ne pourrait que se féliciter de cette entreprise.
Monsieur le Président, il faudrait sans doute Athéna pour convaincre le Parlement italien de voter la loi d’amnistie espérée depuis si longtemps, et qui permettrait à la société italienne de tourner la page et de regarder vers l’avenir. Mais vous avez toute latitude pour tenir l’engagement de la France vis-à-vis des exilés italiens, de leurs enfants, de leurs familles françaises. La décision de les extrader ne saurait être une question technique. Il s’agit d’une question politique qui dépend de vous. Voulez-vous faire ce qu’aurait fait à votre place un représentant du Rassemblement national ? Nous voulons croire que vous voudrez plutôt rappeler que la raison et l’humanisme sont au fondement de nos démocraties, qu’il n’est pas bon d’ajouter inutilement du malheur au malheur, et peut-être citer à vos interlocuteurs transalpins ce vers qu’Eschyle jadis mettait dans la bouche d’Athéna : «Tu veux passer pour juste plutôt qu’agir avec justice.»

Signataires : Agnès b., Jean-Christophe Bailly, Charles Berling, Irène Bonnaud, Nicolas Bouchaud, Valeria Bruni-Tedeschi, Olivier Cadiot, Sylvain Creuzevault, Georges Didi-Huberman, Valérie Dréville, Annie Ernaux, Costa-Gavras, Jean-Luc Godard, Alain Guiraudie, Célia Houdart, Matthias Langhoff, Edouard Louis, Philippe Mangeot, Maguy Marin, Gérard Mordillat, Stanislas Nordey, Olivier Neveux, Yves Pagès, Hervé Pierre, Ernest Pignon-Ernest, Denis Podalydès, Adeline Rosenstein, Jean-François Sivadier, Eric Vuillard, Sophie Wahnich, Martin Winckler

Vogliono cancellare l’esilio perché è stato la prova di un’alternativa possibile alla pena, alla sanzione e alla repressione

Paolo Persichetti, Adnkronos 28 aprile 2021

“Questo Paese appena cinque anni dopo la guerra ha dato amnistia e indulto a membri delle bande di fascisti che torturavano. E vogliamo parlare dell’armadio della vergogna? Sembra che solo i reati degli anni ’70 siano imprescrittibili, perché i protagonisti di quegli anni sono i vinti della storia”. A parlare all’Adnkronos è Paolo Persichetti, negli anni ’80 nelle Brigate Rosse-Unione dei Comunisti, primo (e unico, al momento) ex terrorista estradato in Italia dalla Francia, che, commentando gli arresti di oggi, sottolinea: “La messa in discussione dello Stato, il crimine rivoluzionario, è quello che non perdonano, anche se quella rivoluzione è fallita e tutti lo sanno, dunque non c’è nemmeno un pericolo di ‘memoria’”.

“L”esilio’ – dice Persichetti, parlando di una esperienza che ha vissuto in prima persona – non dico che è una forma di pena ma è certamente un percorso di difficoltà, di sofferenza: vivi senza permessi, senza lavoro, non è che sei lì a fare la bella vita, anche se poi magari la propaganda ti dipinge a mangiare ostriche e champagne. In Francia non ho mai avuto assistenza medica, non avevo i soldi per fare nulla, quando vivi sans papier è così”. E tuttavia, racconta l’ex terrorista parlando dei fuoriusciti, “quelle persone anche restando lì sono riuscite a dare un valore aggiunto alla loro vita. Roberta Cappelli, ad esempio, lavora da tanti anni come educatrice in una scuola per bimbi disabili: era un architetto, si è riconvertita, ha acquisito nuove competenze ed è diventata una riabilitatrice, una figura fondamentale per tante mamme con figli in difficoltà. Marina Petrella, invece, ha un’associazione che fa un lavoro sociale enorme, si occupa di anziani e persone in difficoltà, fa attività di sostegno sul territorio”.
“Che senso ha ora distruggere tutto ciò? La pena deve avere una funzione socializzante, riabilitativa. E in qualche modo l”esilio’ ha avuto lo stesso effetto – sottolinea Persichetti, oggi ricercatore storico -: è stata la prova di un’alternativa possibile alla pena, alla sanzione e alla repressione, e una prova vincente. Il problema è che questo dimostra l’inutilità del sistema sanzione e del sistema giustizia come lo concepiamo. Ecco allora che dopo 40 anni lo Stato riafferma un potere su persone di 65 anni e più, che minimo dovranno fare 10 anni di carcere per avere benefici. Che senso ha? Il rapporto tra il tempo e la giustizia non può essere infinito”.

1 aprile 2008, finisce la lotta di Roberto Silvi per una società senza galere

Per me Roberto Silvi vuol dire l’esilio. L’ho conosciuto poche settimane dopo il mio arrivo a Parigi, quando ancora spaesato mi aggiravo per le vie di quella città. Roberto aveva appena deciso di rientrare in Italia. Rientrare voleva dire consegnarsi e finire in carcere. Da qualche anno aveva scoperto di avere una forma di Sla. Lui, che ogni mattina correva, aveva scoperto di avere un andamento instabile. L’ho salutato una sera d’autunno che stava ancora in piedi. Nonostante la diagnosi e la sedia a rotelle scontò per intero la condanna, piccola per fortuna, pochi anni per reato associativo. Gli chiesero ripetutamente di dissociarsi, il requisito per uscire non era lo stato di salute, la possibilità di avviare da subito cure adeguate che in carcere non erano possibili, ma la presa di distanza dal suo passato militante, lontano decenni. Declinò ogni offerta, come era suo stile. Eppure Roberto quel suo passato lo aveva lungamente rielaborato approdando su posizioni radicalmente nonviolente. Ma le sue nuove convinzioni in nessun modo potevano divenire merce di scambio.
Dopo il carcere fece alcuni viaggi per il mondo nel tentativo di capire qualcosa di più della sua malattia. Soggiornò nella sua amata Napoli ma alla fine ritornò a Parigi. Era quello il suo posto, tra noi fuoriusciti, latitanti, sanspapiers, senza tetto ne legge, senza capo ne coda, un mondo di sospesi. Non te la togli di dosso quella identità, resti sempre a mezz’aria, con «le radici all’insù» come ci disse una donna senegalese che occupava insieme ad altre donne della sua terra una piazza parigina per rivendicare papiers, dignità, diritti, la vita. Eravamo e restiamo così, con le radici rivolte verso quel cielo che provammo un tempo a conquistare.
Roberto era tornato, vederlo scendere con le stampelle dalla macchina di un compagno ci raggelò il sangue. La malattia era avanzata ancora. Tornammo a frequentarci, a litigare di nonviolenza, a stare insieme. Poi Roberto stregò una nostra amica, nacque una lunga storia mentre cominciò a bloccarsi sempre più. Lasciate le stampelle era ormai stabilmente in sedia. Cominciammo a prenderci cura di lui, eravamo caregiver senza saperlo, un giorno a settimana a turno. Quando lei andava al liceo per tenere i suoi corsi di filosofia, andavamo al mattino per alzarlo dal letto, aiutarlo ad andare in bagno, vestirlo, preparargli la colazione. Non dimentico quella mattina che arrivai davanti alla casa di Belleville, sul piano strada, era una vecchia bottega, e non potetti entrare perché avevo dimenticato le chiavi, mentre Roberto era bloccato al letto ed io che imprecavo contro la mia sbadataggine.
Roberto fu il primo che si accorse della mia cattura e diede l’allarme la mattina del 25 agosto di qualche anno dopo. Ma ero già in Italia in quel momento. Dopo una folle corsa nella notte, all’alba mi avevano consegnato all’uscita del tunnel del Monte Bianco.
Sono passati altri anni, nel frattempo la sua malattia avanzava inesorabile. Janie, la sua cara compagna, lo riportò a Napoli. Ho fatto appena in tempo a risentire la sua voce, un soffio di vita leggero, nel mio primo permesso all’inizio del 2008, poi ci ha lasciato

1 Aprile 2020 by Ugo Maria Tassinari

Roberto Silvi, nasce il 31 maggio del 1952 a Napoli dove vive fino al 1977. Consegue il diploma di perito chimico presso l’Istituto Tecnico Leonardo da Vinci e si iscrive alla Facoltà di Scienze presso l’Università Federico II, ma interrompe gli studi al terzo anno a causa del suo crescente impegno nell’attività politica. Si trasferisce a Milano nel 1977 e vi resta fino al 1982. Per sfuggire ai procedimenti giudiziari a suo carico dovuti al suo coinvolgimento nel ciclo della lotta armata, si rifugia in Francia, dove rimane dall’ ’82 al ’92.
A Parigi riprende gli studi, insegna Italiano e studia Letteratura e Linguistica Comparata di italiano e francese. Dopo l’insorgere di una paralisi progressiva, malattia mai precisamente diagnosticata, rientra in Italia nel ’92 per scontare la sua pena detentiva (tre anni) rimanendo in carcere un’anno e mezzo e scontando l’altra metà come lavoro esterno a causa del suo stato di salute. In seguito divide il suo tempo tra Napoli e Parigi dove si trasferisce definitivamente nel 2000. Traduce il libro di psico-meccanica del linguaggio di Gustave Guillaume Principi di linguistica teorica, Liguori, Napoli, 2000. Con Cecilia Calvi scrive il testo drammaturgico Le ragioni dell’altro, Colibri, 2004.
Muore a Parigi il 1 aprile del 2008.
La scheda dell’autore pubblicata da Colibrì, la casa editrice del suo testo postumo “La memoria e l’oblio“, mi riporta alla memoria un particolare che avevo completamente rimosso: Roberto l’avevo conosciuto quasi 50 anni fa. Dal 1971, infatti, io giocavo a rugby nella squadra del suo istituto tecnico, il da Vinci, che dopo aver vinto una serie di campionati provinciali studenteschi aveva deciso di partecipare ai tornei federali. Il boss della squadra era mio padre, vicepreside della scuola. Roberto era uno dei pochi compagni in un istituto tecnico assolutamente marginale nell’onda di piena del movimento di quegli anni. E avevamo subito simpatizzato, perché aveva sin da giovane una cifra di distacco quasi aristocratico (il fisico elegante e slanciato lo aiutava sicuramente) e di autoironia implacabile che lo rendeva unico e irresistibile in un ambiente umano vitalissimo e appassionato ma anche caciarone e approssimativo.
Negli anni seguenti ci incrociammo spesso per evidenti ragioni di prossimità politica: io militante dell’Autonomia nel centro storico, lui vicino al gruppo umano che da Lotta continua promosse l’esperienza dei Nap, amico del cuore di Nicola Pellecchia, ma anche legatissimo ad altri due compagni “morti giovani”: Sergio Romeo e Alberto Buonoconto. Il giornale contro il carcere a cui diede vita quando si trasferì a Milano “Senza galere” era uno strumento prezioso di controinformazione per noi impegnati nelle attività di solidarietà con i detenuti politici.
Ci ritrovammo dieci anno dopo a Parigi, dove si era rifugiato per sfuggire ai mandati di cattura che lo avevano colpito per la militanza nei Pac. In quell’hub straordinario che era casa di Oreste, riconnessi dal comune impegno nella battaglia per l’amnistia. Fu quindi una scelta naturale per me essergli vicino quando lui decise che un passaggio decisivo nella lotta alla malattia che lo aveva colpito (una forma di sclerosi mai precisamente definita) era il chiudere i conti per il passato. Mentre era detenuto a Bellizzi Irpino ci vedevamo tutte le settimane, perché avevo accettato di fare volontariato in carcere e quindi assunsi l’incarico di redattore capo del giornale dei detenuti.
Quando uscì, progressivamente, la frequentazione si diradò. Non reggevo emotivamente il procedere della malattia e lui, che aveva patito ben altri “cedimenti” umani, non me lo fece mai pesare. E fu decisamente contento quando mi vide comparire a una sua festa di compleanno, quando già si era trasferito a Parigi da qualche anno.
Il mio è, in tutta evidenza, un ricordo puramente sentimentale e mi tocca quindi, per provare a restituire la ricchezza umana e politica di Roberto, qualche “traccia di lettura”

  • Le parole e la lotta armata: l’intervento al convegno del 1997 di Roberto Silvi è alle pagine 142 e 143 del volume curato da Primo Moroni e dedicato a “Storia vissuta e sinistra militante in Italia, Germania e Svizzera”. Se il link funziona lo potete leggere qui. Se no vi tocca cercarlo su Google books.
  • La recensione di Sandro Padula, la prefazione di Fred Vargas e la presentazione del convegno su “La memoria e l’oblio” di Antonio Piedimonte

Il saluto di Oreste

Il saluto finale tocca, ovviamente a Oreste, che, pas par hazard, era proprio a Napoli mentre Roberto si spegneva a Parigi. E’ poi toccato a Oreste e a Nicola Pellecchia l’ultimo commiato: la dispersione delle sue ceneri nelle acque di Procida.

Roberto “Roberto senza galere” questo il soprannome che si portava dietro da Napoli, dalle nebbie lombarde da immigrato…- è morto oggi per un ultimo sorriso tra le lacrime, verrebbe da dire che ha “tirato l’anima coi denti” per lasciarci un primo aprile, come tra il serio e il faceto, come lasciare un dubbio, tra realtà e simulazione. Sulla linea d’ombra, crinale di confine tra il vivere comunemente, corporalmente inteso era vissuto gli ultimi 25 anni. Un quarto di secolo, ça fait un bail, nu contratto `e locazione, quasi una vita-di-lavoro, cioè una semi-vita, attendendo il <<parco umano>> dei sopravvissuti, esuberi dal lavoro, che quando sono operai, o nemmeno, muoiono in fretta, che una derisoria “libertà-dal-lavoro”, uno scampolo residuo, una nostalgia di vita intera irrompe nei polmoni come l’aria dolorosa alla nascita e i polmoni dal lavorio salariato sono così avvelenati e “cirrotici” che possono morire di aria fresca, mitridatizzati dal lavoro coatto per forza di bisogno anche quando è giuridicamente “liberamente” cercato, trovato, il prezzo della forza che lo sprigiona, forza creatrice trasmuta in merce, è contrattato.
Roberto, la vita gliela ha mangiata non già il ritmo lavoro / “tempolibero”, cioè scampoli di vita di risulta, (semi-vita affannata e ipotecata dall’ombra dell’altra mezza, come una voce ventriloqua o un fratello siamese crudele, come il controllore di ogni controllato, nell’incubo visionario e reale di Orwell)…
Roberto, la vita gliela era andata mangiando un nome nosologico, nelle cartografie, nelle tassonomie, nomenclature di male di vivere ulteriore, a oltranza, definito “sclerosi multipla bilaterale”, o “amiotrofica”, o “a placche”. Aveva cominciato con l’incespicare, e poi la discesa per questi 25 anni era stata lenta, continua e, come sul dirsi, inesorabile.
La resistenza di Roberto (e da poco dopo l’inizio di questo millennio, con le superstizioni progressiste, o il misto di superstizioni e realtà apocalittiche, che il sommarsi dell’effetto fin-de-siècle e passaggio di millennio propaga, quella “mostruosamente” simbiotica, a due, a noio, di Roberto&Jeanie, Rob&Jany ) era stata, appunto, “mostruosa”, nel senso proprio del monstrum mirabilis.
Ancora dal 24 agosto dell’anno scorso fino a dicembre, non avevano mancato un’udienza della Chambre, una riunione, un sit-in, un volantinaggio a una manifestazione, nella scommessa disperata, con troppo aria di causa persa per strappare la persona demonizzata di turno, Marina Petrella a un’estradizione che sarebbe l’inizio di una traiettoria di agonia vestita da ergastolo.[…]
Come per coincidenza, come per un saluto estremo, già ricordo, nostalgia del presente, ieri mattina a Napoli al banco dei libri di “Sensibili alle foglie” con Renato, Nicola, Nicola, Rafele e un po’ di altri e altre di noialtri “avanzi di galera” o scampativi di misura; ieri sera al Corto Circuito a Roma con Franco e Robertaccio, Barbara, Bruno e poi altri, sopravvenuti più di recente per età, avevamo riparlato di Roberto, di questa sua condizione di recluso nel corpo che tenta e ritenta incessantemente l’evasione, come di una sorta di homo sacer, di un soprassalto della potenza che persiste in nuda vita.
[…] Noi, noi, Orest’&Complici, siamo costretti a interrompere il giro, i canti e i ragionamenti, le chiacchiere, i sussurri e le grida…non serve nemmeno scusarsene, se una qualche ubiquità ce lo permettesse, continueremmo accelerando proprio per Roberto, come fosse la forma migliore di quella che nei rituali (da non irridere perché la consolazione si cerca come l’aria), è abbassare le bandiere, rosse come quelle della Sociale, nere come grembiali da lavoro dei Canuts, operai delle fabbriche tessili della Croix-Rousse a Lione schiacciati nel 31 – milleottocentotrentuno, come in una anticipazione del massacro versagliese di 40 anni dopo contro i comunardi – … bandiere rosse, nere ross&nere de La Comune. Contiamo di ripartire, con una infinita tristezza di più, il 7 prossimo, dallo Ska. Comme par hazard, – e, vorremmo aggiungere – come per caso, Robbè!
Il fiotto delle cose da dire di Roberto è tale che per ora restiamo un lungo attimo senza parole. Lo cominceremo a fare domani e sarà comunque iscritto in una insurrezione di voci, dal profondo. Ci sale alle labbra la banalità del “non ho parole”. Ma un attimo di silenzio è forse il solo adeguato,come l’attimo prima del colpo di inizio di uragano o di coro.
Oreste Scalzone &C 1 aprile 2008
Napoli, Roma, Parigi.

Cesare Battisti inizia lo sciopero della fame

Da martedì 8 settembre 2020 Cesare Battisti ha iniziato lo sciopero della fame. In una lettera inoltrata al suo legale, l’avvocato Davide Steccanella, spiega: «Avendo esaurito ogni altro mezzo per far valere i miei diritti, mi trovo costretto a ricorrere allo sciopero della fame totale e al rifiuto della terapia». Battisti, ricorda il suo legale, è da oltre un anno e mezzo in isolamento nel carcere di Oristano, un isolamento «di fatto del tutto illegittimo». La pena accesoria dell’isolamento diurno, a suo tempo inflitta, era infatti di sei mesi, ed è terminatia nel giugno 2019. Nonostante le sue imputazioni non rientrino per ragioni cronologiche nella fascia dei reati ostativi, Battisti è rinchiuso in una cella all’interno di una sezione del carcere di Oristano adibita per lui e di cui è l’unico ospite. Una sorta di “area riservata del 41 bis” del tutto abusiva, realizzata aggirando le norme dell’ordinamento penitenziario

 

«La morsa del DAP (Dipartimento Amministrazione Penitenziaria) – scrive Battisti nella lettera – messa puntigliosamente in esecuzione dalla autorità del carcere di Oristano, ha resistito provocatoriamente a tutti i miei tentativi di far ripristinare la legalità, e la dovuta concessione dei diritti previsti in legge, ma sempre ostinatamente negati. A nulla sono valse le mie rimostranze scritte o orali rivolte a questa Direzione, al Magistrato di Sorveglianza, all’opinione pubblica. A Cesare Battisti – scrive ancora lo stesso Battisti, condannato all’ergastolo per 4 omicidi e arrestato nel 2019 dopo 37 anni di latitanza – non è nemmeno consentito sorprendersi se nel suo caso alcune leggi sono sospese: è quanto mi è stato fatto capire, senza mezzi termini, da differenti autorità».
«Pretendere un trattamento uguale a quello di qualsiasi altro detenuto – si legge ancora nella missiva – è una contesa continua, estenuante e che coinvolge gli atti più ordinari del mio quotidiano: l’ora d’aria; l’isolamento forzato e ingiustificato; l’insufficiente attendimento medico; la ritensione arbitraria di testi letterari; le domandine sistematicamente ignorate; oggetti di varia utilità e strumenti di lavoro negati, anche se previsti dall’ordinamento penitenziario, ecc». Da qui l’annuncio dello sciopero della fame e del rifiuto delle terapie per malattie di cui soffre.
Il tutto, scrive ancora Battisti, «affinché sia disposto il mio trasferimento in una Casa di Reclusione dove mi siano facilitate le relazioni con i familiari e con le istanze esterne previste dall’ordinamento nonché i rapporti professionali atti al sostentamento e al reinserimento. Chiedo – conclude – inoltre che sia rivista la mia classificazione nel regime di Alta Sicurezza (AS2) per terroristi, in quanto non esistono più di fatto le condizioni di rischio che la giustificherebbero».

Per saperne di più
Cronache dall’esilio
L’autodafé di Cesare Battisti
Carcere, ostriche e champagne, la vita a 5 stelle dei detenuti italiani
Battisti esibito come un trofeo da caccia
Cesare Battisti a été éxhibé comme un trophée de chasse
Estradizioni, l’Italia ha sempre aggirato regole
Dietro la caccia ai rifugiati degli anni 70 la fragilità di uno Stato che ha vinto sul piano militare ma non politico

In ricordo del compagno Franco De Martis

E’ morto Franco De Martis, conosciuto da tutti come “Franchino”, compagno storico del quartiere romano dell’Alberone, ma anche fuggiasco a Parigi come ha rammentato in queste stesse ore Oreste Scalzone (leggi più avanti). Lo salutiamo col le parole che ha scritto per lui Sandro Padula e con una scheda ricordo diffusa da amici e compagni

Non solo per i rigurgiti razzisti e sessisti in diversi paesi, per la diffusione globale del Covid 19, per l’idiozia dei sostenitori del neoliberismo che non accennano a riconoscere il proprio fallimento storico e per la totale ignoranza dell’attuale Biopotere che invece di parlare del necessario distanziamento fisico benedice il “distanziamento sociale”, cosa di per sé antitetica a quell’animale sociale e cooperativo chiamato uomo, il 2020 è un anno a dir poco inumano, infame, infausto, infelice.
Quest’anno, uno dopo l’altro e con ritmo impressionante, se ne stanno andando via diversi fra i migliori compagni di lotta dell’Italia degli anni Settanta e che, per buona fortuna o per semplici coincidenze, ebbi l’opportunità di conoscere direttamente.
Il primo è stato Enrico Villimburgo, morto suicida in Francia per non finire nelle carceri Anni settantaitaliane. Il secondo Luigi Novelli e il terzo Salvatore Ricciardi.
Il quarto in ordine di tempo, morto di cancro dopo una terribile agonia in ospedale, è Franco De Martis che nei primi anni Settanta aveva conosciuto sia Novelli che Ricciardi, oltre a centinaia di altri militanti della compagneria extraparlamentare romana.
Lui compagno lo è stato sin dai quattordici anni quando leggeva “Eros e civiltà” e “L’uomo a una dimensione” di Herbert Marcuse, “Il Muro” di Jean Paul Sartre, “La psicologia di massa del fascismo” di Wilhelm Reich o allorché andava alle feste proletarie con i coetanei e fissava negli occhi le ragazze di cui s’innamorava.
Lo è stato quando, dopo la strage di Stato del 12 dicembre 1969 nella Banca dell’Agricoltura di piazza Fontana a Milano, lottava per la liberazione di Valpreda, Gargamelli, Borghese e altri compagni anarchici ingiustamente accusati di quel gravissimo crimine.
Lo è stato quando, nella zona sud di Roma, organizzava la resistenza contro le provocazioni dei neofascisti, ad esempio davanti all’ingresso del liceo classico Augusto o di fronte a quello del liceo scientifico XXIII.
Lo è stato quando, assieme ai compagni studenti e ai lavoratori dei trasporti della Stefer del deposito di via Appia, metteva in fuga i neofascisti che frequentavano la sede del Movimento Sociale Italiano di via Noto.
Lo è stato quando visse prima un’esperienza con la Federazione Comunista Libertaria e poi un’altra nella più vasta area dell’Autonomia Operaia Organizzata.
Lo è stato quando partecipava alle lotte per la casa e per l’autoriduzione delle bollette della luce e a tutte le manifestazioni di internazionalismo proletario e rivoluzionario.
Lo è stato quando, nei cortei del 1977, mentre a livello politico dominavano la Democrazia Cristiana, la formula governativa della “solidarietà nazionale” e il “farsi Stato” del PCI, distribuiva gratis centinaia di opuscoli con la traduzione del “Piccolo manuale della guerriglia urbana”, un testo scritto nel 1969 dal rivoluzionario brasiliano Carlos Marighella.
In seguito lo persi di vista. In un modo o nell’altro, con più o meno contraddizioni ma – da quanto seppi da svariate e comuni persone amiche – sempre in maniera onesta e dignitosa, attraversò gli anni 80 e 90. Poi, nei primi due decenni del XXI secolo, riprese fiato e si mise a disposizione delle nuove forme dell’antagonismo sociale e delle realtà autogestite.
Franco De Martis ci lascia perciò un’eredità speciale: il desiderio di costruire una comunità reale per meglio contrastare le ingiustizie, i mali e i dolori del presente. E in quel desiderio, così come per Enrico, Gigi e Salvatore, anche Franco vive. Vive e vivrà. Nel cuore della compagna Nuccia, di sua figlia e nel nostro.

Il ricordo di Oreste Scalzone
«Posso dire, che da subito mi apparvero, una trentacinquina d’anni fa quando li conobbi, di quelli/e che anarchia, comunismo, rivolta, solidarietà attiva, l’hanno vissuto e vivono ‘come si respira’. E che distinguo, più specifiche appartenenze, etichette pur fondate, semanticamente, teoricamente pertinenti e di cui loro erano edotti, tutto questo hanno posposto a una pratica di vita, un’apertura curiosa, una grandezza che con termini desueti si poteva chiamare ”generosa” ed altruistica (‘egoaltruistica’, certo, perché c’è anche il piacere del ‘rispetto di sé’, ‘amor sui’, su una linea di condotta fatta di tanti punti, sempre consistente su un piano d’immanenza, in ogni ‘qui-ora’ : una ‘filosofia pratica’, altrimenti detta «etica» nel senso di Spinoza e come lo spiega anche ”ai pargoli” Deleuze, con quell’espressione ”tentare di essere all’altezza di ciò che ci accade”, che ci accade intorno).
Franco&Nuccia, Nuccia&Franco – conosciuti nella loro stagione e condizione di fuggiaschi, ”profughi d’Italia alla ventura”, fuoriusciti, latitanti scampati alla muta di Stato che bracca, e rifugiatisi nel precario ”esilio” in Francia – erano già a Parigi forse prima di noi, certo già in quel tumultuoso (pieno di ‘tumulti anche dell’anima’) ‘novecent’ottantadue’. Abbracciarono subito la linea di condotta del ”tutt’e[cioè]ciasc’1”, ‘tout-un-chacun’, con quanto ne seguiva, e ne seguì.
Pagarono anche personalmente ”con gli interessi” il fatto che – ospiti nel senso, diciamo passivo, di ‘ospitati’, accolti – non potevano non essere a loro volta anche ospiti nel senso ‘attivo’, di ‘ospitanti’ : accoglienti, attivamente solidali.
Tante cose negli anni di Parigi…. A cominciare dalla conoscenza della ‘cerchia’, il rizòma di gente della loro pasta – valga per tutti, al solito, Gérard* ||…| ; dalle fedeltà profonde (ho nella retina la loro cura, delicata, nei confronti di Fernando Del Grosso* già vecchio, malato, infragilito come ora noi…) ; dalle aperture curiose ed empatiche. E le manifestazioni, gl’incontri, le assemblèe, i picchetti e i volantini… E l’ esperienza di Trilogos, scuola di lingua e cultura e lingue di genti di ”dove il ‘Sì’ suona”, con compagne e compagni di esperienze, provenienze e orizzonti diversi».

Una scheda ricordo diffusa dai suoi amici e compagni
La sera del 31 agosto è venuto meno all’affetto dei compagni e delle
compagne Franco De Martis, anarchico ed esponente dell’anima libertaria del Comitato di Quartiere dell’Alberone, struttura storica della quale fu tra i fondatori. Pur mantenendo il suo impegno nel Comitato di Quartiere fu presente nel Gruppo di Autogestione Proletaria nel quartiere di S. Lorenzo, aderente all’Organizzazione Anarchica Romana, fu poi fautore della Federazione Comunista Libertaria tra il 1973 e il 1975. Nella seconda metà degli anni settanta partecipò attivamente alle lotte nelle caserme con i MAO (Militari Autonomi Organizzati). Di lunga militanza antifascista, partecipò attivamente al movimento del ‘77 romano e alle lotte dei disoccupati e precari per il diritto al lavoro che condussero all’emanazione della legge 285. Nel 1982 Franco fu costretto insieme alla sua compagna all’esilio in Francia dove partecipò alla campagna per l’amnistia per i prigionieri politici italiani. Nel 1991, nel ventennale della formazione dell’OAR, insieme ad altri compagni libertari fondò il Circolo Michael Bakunin. Tra le iniziative del Circolo Bakunin ci fu la produzione del film documentario in lingua italiana Ecole Bonaventure, diversi convegni su personaggi storici come Giovanni Passannante, Camillo Berneri e Francisco y Guardia Ferrer e la fondazione della rivista Libertaria che fece da seguito alla chiusura della precedente rivista Volontà.
Un lungo percorso militante ispirato alla libertà e all’attenzione per la società e la sua organizzazione.
Saluteremo con affetto Franco giovedì 3 settembre dalle ore 11.45 alle ore 13.00 alla camera mortuaria dell’Ospedale S.Giovanni Addolorata in via di S. Stefano Rotondo 5 e in seguito sarà accompagnato per un saluto di tutte e tutti, amici, parenti e compagni presso il Laboratorio Sociale Centocelle (ex Casale Falchetti) in viale della Primavera 319b dalle ore 14.00 alle ore 16.00.
Sarà necessaria la massima attenzione alle norme di distanziamento sanitario e pertanto indossare la mascherina.
Le compagne e i compagni di Franco

Per salutare l’amico e compagno Franco De Martis
Giovedì 3 settembre dalle ore 11.45 alle 13 presso la camera mortuaria dell’ospedale San Giovanni Addolorata di Roma (via di Santo Stefano Rotondo 5); dalle ore 14 alle 16 presso il laboratorio sociale Centocelle (ex Casale Falchetti) in viale della Primavera 319 b.
Sarà ovviamente necessaria la massima attenzione alle norme di distanziamento fisico e l’uso della mascherina.
Mercoledì 16 settembre alle 17,30 verrà ricordato a Parigi nel cimitero Père Lachaîse, davanti al Muro dei Federati.

Giorgio Bocca e la pistola del gioielliere Torregiani

In occasione del centenario dalla sua nascita (28 agosto 1920), Giorgio Bocca, tra i principali protagonisti del giornalismo italiano, è stato ricordato sui media con articoli e iniziative editoriali. Inviato dellEuropeo, il Giorno (quotidiano finanziato dall’Eni di Enrico Mattei), poi di Repubblica, mentre su L’Espresso per anni curò una rubrica, “L’antitaliano”, che faceva il verso a l’arcitaliano di Curzio Malaparte, Bocca è stato un «Interprete», per dirla con Oreste Scalzone, della religione civile negli anni della prima Repubblica. Esponente della borghesia laica e azionista, anche se era stato fascista prima di passare alla Resistenza, col suo stile ruvido ha narrato le trasformazioni dell’Italia dal dopoguerra, gli anni del boom economico, delle lotte operaie  e della lotta armata negli anni 70, fino all’avvento della Lega e poi del berlusconismo a cavallo tra i due secoli. Fu anche un saggista brillante, biografo di Togliatti, si occupò della Resistenza e della Lotta armata (Storia dell’Italia partigiana, 1966; Il terrorismo italiano 1970-1978, 1978). Insorgenze lo ricorda riproponendo un suo articolo apparso su la Repubblica del 24 gennaio 1979: la cronaca a caldo delle gesta del gioielliere Pierluigi Torreggiani che in una pizzeria di Porta Venezia a Milano fu il protagonista di una furibonda sparatoria. Per questo episodio che vide la morte di un rapinatore (Orazio Daidone) alquanto sprovveduto e il ferimento di tre clienti del locale, Torreggiani fu ucciso per rappresaglia nemmeno un mese dopo (il 16 febbraio 1979) da un gruppo di militanti di estrema sinistra, i Pac, Proletari armati per il comunismo, formazione sui generis della galassia armata di sinistra dedita ad una sorta di legge del contrappasso giustizialista. Nel corso dell’attentato che gli costò la vita, Torreggiani non smentì la sua fama di pistolero poco accorto: nel tentativo di rispondere al fuoco degli attentatori i suoi proiettili colpirono gravemente il figlio Alberto, da allora costretto su una sedia a rotelle. La cronaca di Bocca colpisce a distanza di oltre 40 anni dai fatti e consente di misurare il mutamento d’epoca e di paradigmi intervenuti, la diversa percezione degli eventi scevra da vittimismi e legalitarismi, la sottile ironia sociologica che accumuna le due sponde dell’economia, legale e illegale legate da inconfessabili transazioni monetarie in nero

“Carcere, ostriche e champagne”, la vita a 5 stelle dei detenuti italiani

La permanenza in carcere di un detenuto costa all’amministrazione circa 137 euro al giorno, ma solo 20 euro vengono destinati al suo mantenimento (vitto alloggio e trattamento), il resto serve per coprire le spese della custodia e dell’amministrazione civile. La colazione costa all’erario €. 0,27, il pranzo €. 1,09, la cena €. 1,37, per un totale di €. 2,73, interamente rimborsati allo Stato dallo stesso detenuto. A queste si aggiungono le spese per il corredo, pari a €. 0,89 giornaliere, per un totale di €. 3,62. Gli altri 16 e rotti euro vanno per il trattamento. Quando la Francia della terza repubblica progettava il suo nuovo sistema penitenziario, il padre della sociologia Émile Durkheim dava consigli affinché le condizioni di vita del detenuto non si allontanassero molto dalla durezza spartana della vita di strada condotta da un normale clochard. È passato molto più di un secolo da allora, ma la mentalità dei funzionari della punizione dell’amministrazione penitenziaria non è cambiata

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di Cesare Battisti, Carcere di Oristano, 30 luglio 2020

Essere perseguitato da un povero di spirito come Salvini mette più tristezza che rabbia. Tristezza per quelle persone, disgraziatamente troppe, che gioiscono delle abili bassezze di un uomo che, sfortunatamente per la Repubblica, siede tra i banchi del Senato. Tristezza ancora per l’ignoranza generalizzata circa le reali condizioni di vita del detenuto. Per gli scempi del giustizialismo ipocrita e degli scellerati che spopolano sugli schermi televisivi o sulle pagine di alcuni giornali nazionali. Si dovrebbe stare attenti alle parole che si dicono, parlano i saggi, perché esse uccidono. E allora non basterà più essere dal lato buono delle sbarre per ritenersi in salvo dal massacro. Ci pensino coloro che, anche se giustamente saturi di inganni e colmi d’insoddisfazione, trovano facile adottare il linguaggio improprio dei soliti sciacalli a caccia di voti. E’ triste constatare come sia diffusa l’espressione dell’hotel a 5 stelle per i detenuti: «lo ha detto la televisione, perbacco, deve essere vero». C’è da augurare a costoro di non avere la sfortuna di capitare in galera. Tempi tristi, dove le disinformazioni aggrediscono in tal modo da venire assorbite prima ancora che il senso critico abbia il tempo di reagire. Succede che non basta più lasciare il detenuto in carcere a marcire, bisogna anche togliergli il diritto di parola. Non si sa mai, potrebbe avere qualcosa di importante da esternare o un sentimento da esprimere. Gli si tappa la bocca e il cuore, mentre si lasciano blaterare coloro che del carcere ne hanno fatto una miniera d’oro.

Niente di nuovo a Ovest, la fabbrica di delinquenza c’è sempre stata, ed oggi produce a pieno ritmo. E chi si riempie le tasche sono spesso i primi a gridare al ladro. Non è una novità, lo dovremmo sapere tutti come vanno le cose nel paese dei faccendieri. Eppure sentiamo gente onesta che lavora, quelli da sempre ingannati dal potere, gridare al lupo insieme agli ingannatori. Che ne è della buona saggezza popolare? E’ finito il tempo in cui si diceva che quando tutti sono contro uno, vale la pena sentire le ragioni di chi è rimasto solo. Possibile che siamo entrati a marcia indietro nell’epoca in cui è d’obbligo prendersela sempre con i più sfigati? E’ così difficile da capire il perché anche un Papa è costretto a ricordarci che siamo tutti sulla stessa barca? Oppure queste parole perderebbero valore, se a ripeterle fosse il prossimo emigrante a morire in mare, o un detenuto condannato alla gogna popolare? Nel contempo, anche persone insospettabili si mettono a fare eco a falsi profeti che venderebbero il paese pur di restare in sella alla politica predatoria.

Ma torniamo alla questione carceraria, quella trasformata in laboratorio di raggiri da politicanti mascalzoni e mercanti di parole. Se non sono i richiami alla compassione, chissà che non siano i numeri ad essere ascoltati.

I dati che seguono sono del Decreto Ministeriale del 07 agosto 2015: un detenuto costa allo Stato circa €. 137,00 al giorno. Questa spesa però, non serve a coprire solamente le esigenze personali del detenuto. Oltre l’80% di questi €. 137,00 è destinato a spese per personale civile e polizia penitenziaria. Le spese inerenti ad ogni detenuto sono in pratica meno di €. 20,00. Questi venti euro dovrebbero coprire le spese di igiene, lavanderia, sanità, vitto, area trattamentale , corredo e una voce non ben specificata di mantenimento. Non abbiamo percentuali relative ad ognuna di queste voci, salvo per il vitto e il corredo, così ripartite: colazione €. 0,27, pranzo €. 1,09, cena €. 1,37, per un totale di €. 2,73, interamente rimborsati allo Stato dallo stesso detenuto. Per il corredo, risulterebbe una spesa di €. 0,89 al giorno, ci si chiede a cosa si riferisce questa voce poiché di vestiario dell’Amministrazione non c’è traccia. Gli €. 2,73 per il vitto giornaliero si commentano da soli, sono una vergogna. Senza contare il contorsionismo dell’Impresa rifornitrice e delle Amministrazioni locali per abbattere ancor più i costi, servendosi di prodotti spesso destinati ai rifiuti e, comunque, preparando meno della metà di pasti, sapendo che i detenuti si arrangeranno col solito piatto di pasta, comprato al sopravitto fornito dalla stessa impresa. I prezzi del quale sono notevolmente superiori alla media nazionale. Non si sa quanti di quei meno di €. 20,00 siano destinati all’igiene. Per dare un’idea, in questo carcere il detenuto riceve una volta al mese: quattro rotoli di carta igienica, una saponetta, uno straccio e un litro di disinfettante diluito. Ma veniamo alla voce che dovrebbe costituire l’asse portante, la missione (sic) per eccellenza di tutto il sistema penitenziario: l’area trattamentale. Abbiamo detto che degli €. 137,00 al giorno stanziati dallo Stato, solo meno di €. 20,00 sono destinati al detenuto. Ma quanti di questi quasi €. 20,00 sono destinati all’obiettivo imprescindibile di un sistema che si dice rieducativo? Non lo sa nessuno. Oppure, tutti i fattori che dovrebbero intervenire nella complessità del sistema di rieducazione e al reinserimento del detenuto nella società sono talmente sparsi e indefiniti da rendere impossibile un calcolo preciso. Faremo prima a dire che, salvo rari Istituti che si sono notoriamente distinti nel compimento della loro missione, l’area trattamentale nel carcere esiste appena sulla carta come forma di appannaggio. Il detenuto è lasciato in balia di se stesso o affidato alla Polizia Penitenziaria, il cui compito, non è colpa loro, è quello di sorvegliare e punire. Questo è solo un aspetto, il più ovvio della squallida situazione che regna nelle carceri italiane.

Abbandonati dalla società civile disinformata, vittime della vendetta e della incapacità dello Stato di amministrare giustizie e democrazia, i detenuti si ripiegano su se stessi per sopravvivere alla pena impietosa e agli improperi. Si organizzano tra loro, affinché anche i più sventurati abbiano di che sfamarsi e resistere alle deficienze del sistema. E alla corruzione generalizzata, che alimenta l’animosità di chi sta pagando per tutti ed è pubblicamente insultato. Il detenuto cerca riparo nei codici ancestrali, perché non gli è dato conoscere strumenti diversi per affrontare con dignità la vita. La popolazione detenuta soffre in silenzio, mentre i fabbricanti di opinione pubblica brandiscono figure terrificanti. Grandi nemici della società, dicono con la bava alla bocca, grazie ai quali si giustificherebbero anche le torture. Sono sempre gli stessi ad essere mostrati alla folla inferocita. Si amplifica il loro ruolo criminale dando fiato agli sciacalli di ogni colore, che hanno rimosso il tempo in cui banchettavano tutti assieme allo stesso tavolo.

Questo è il mondo marcio del detenuto, altro che hotel a cinque stelle! Dire che neanche le bestie sono trattate allo stesso modo sarebbe fare un torto all’orso M49 che proprio in questi giorni sta passando in mezzo alle forche umane.

La scomparsa di Luigi Novelli, operaio, comunista, brigatista

Il primo aprile 2020 è scomparso Luigi Novelli, «fabbro e comunista di Villa Gordiani, brigatista e dotato di ironia sottile, protagonista di poche parole nella Roma della Rivoluzione che non c’è stata». Nato il 12 febbraio 1953, proveniente dal “Viva il comunismo” insieme ad altri militanti di quel gruppo nel 1976 entrò a far parte della nascente colonna romana col nome di battaglia «Romolo». Approdo raggiunto dopo un periodo di incubazione aviato tra il 1974-75. Figura importante della struttura logistica della colonna, nella sua officina in via dei Pini passavano le armi da riparare o modificare, venivano preparate targhe false, si predisponevano altoparlanti e altro materiale per le azioni di propaganda, si falsificavano documenti. Arrestato una prima volta il 4 gennaio 1979 insieme Marina Petrella, poi sposata in carcere dove vide luce anche la loro bambina concepita poco prima dell’arresto, venne rimesso in libertà per decorrenza dei termini cautelari l’8 maggio del 1980, nello stesso periodo in cui una importante operazione dei carabinieri smantellava la quasi totalità della direzione romana delle Brigate rosse. Sottoposto con Marina e Stefano Petrella all’obbligo di residenza nel comune di Montereale (L’Aquila), il 12 agosto successivo fuggì con gli altri due per rientrare nei ranghi delle Br. Dopo una profonda riorganizzazione della colonna che ne rilanciò l’azione nella Capitale, entrò nel settembre 1980 in Direzione di colonna e successivamente, nell’aprile 1981, quando era già avviato il processo scissionistico che portò al frazionamento delle Brigate rosse in tre tronconi, venne chiamato nell’Esecutivo nazionale. Preso atto del distacco delle altre fazioni brigatiste (colonna milanese Walter Alasia e Partito guerriglia), partecipo’ alla nascita delle Brigate rosse Partito comunista combattente. A seguito dell’attività investigativa svolta con l’ausilio dei “pentiti”, impiegati direttamente sul territorio, fu arrestato con la compagna Marina Petrella il 7 dicembre del 1982, mentre insieme scendevano da un’autobus nel quartiere romano di Monteverde. Condannato all’ergastolo nel processo Moro ter, uscì in liberazione condizionale nel 2005 per terminare la pena nel 2009.
Di seguito pubblichiamo un ricordo scritto da Francesco Piccioni, suo compagno di militanza in “Viva il comunismo” e poi nelle Brigate rosse

di “Rocco” (Francesco Piccioni) Contropiano

saluto-gigi-720x300Non ricordo il giorno esatto in cui ho conosciuto Gigi. Erano gli anni che ci si incontrava a centinaia, per qualsiasi motivo. Assemblee di ogni ordine e grado: cittadine, nazionali, di quartiere, di più quartieri, di scuola o gruppi di scuole, occupanti di case e disoccupati organizzati.
 Ricordo invece quando abbiamo iniziato a riunirci, in uno scantinato di via dei Marrucini, a San Lorenzo. Eravamo uno strano miscuglio di studenti rivoluzionari e operai, con i primi ferrati nelle parole e i secondi nel capire chi faceva chiacchiere e chi no. Ma stavamo crescendo, di numero e di organizzazioni, dopo il ‘68. E quindi c’era spazio e modo per sperimentare, provare, eventualmente fallire e riprovarci cento volte.
 Decidemmo quindi insieme a tanti altri di programmare un intervento a Villa Gordiani, “quartiere proletario”, allora, con ancora i testimoni viventi di quando il fascismo aveva deportato laggiù (come al Quarticciolo, Villagio Breda, Tufello, ecc) centinaia di famiglie operaie, sgombrando il centro di Roma da “personaggi pericolosi”.
Gigi aveva dato vita a un collettivo davvero insolito, anche per quei tempi. Tutti operai, di quelli che popolavano le piccole officine di Roma Sud, tra il Pigneto, Tor Pignattara, Centocelle, e poi via verso la Tiburtina da un lato, Quadraro e Tuscolana dall’altro, fin sotto i Castelli, oltre il Raccordo, senza soluzione di continuità. 
Niente a che vedere con le grandi fabbriche del Nord, dove si concentravano decine di migliaia di operai in tuta blu, quasi anonimi per il padrone, conosciuti al massimo dai capi officina. Solo la stessa testa, il modo di intendere la vita e la lotta per la vita.
Qui a Roma erano al massimo cinque, dieci per stabilimento, con macchine e materiali distribuiti un po’ così, dove ti prendevano, sperimentavano, spesso mandavano via se non eri capace di “fare”. Era “apprendistato” sul serio, non per finta, e magari scoprivi che non era quello il tuo mestiere…
Gigi era fabbro, come Er Peone – uno dei fratelli -, Il Capitano (ogni quartiere ne aveva uno…), Er Bove, Er Killer (uno dei soprannomi per contrasto, come si fa a Roma: non sapeva far male a una mosca), altri di cui gli anni e l’hard disk limitato mi hanno tolto il nome dalla testa. Un fabbro di quelli che saldano, con una schermatura in una mano e il cannello nell’altra. Tra schizzi di metallo che gli arrivavano sulle mani, sulla tuta, sui piedi, qualche volta in faccia.
Ma sapeva anche andare col tornio, e questo lo rese una star segreta, negli anni successivi. Quando si era passati a cose più serie, e la professionalità dell’artigiano “metallaro” si poteva applicare a fare piccole opere d’ingegno militare: filettature e silenziatori, per dirne una. O più grossolani chiodi a quattro punte, che possono sempre tornare utili…
All’inizio, però, “il fabbro” faceva da perno di quell’intervento abborracciato, perché era del quartiere, uno della case di via Pisino; lo conoscevano tutti per serietà, determinazione, disinteresse personale. E quindi pure qualche studente che si portava dietro acquistava man mano affidabilità, se sapeva stare al suo passo e al suo fianco.
Lavorava di giorno, volantinava e discuteva nel tardo pomeriggio, leggeva – anzi: studiava – di notte. Sempre con la sigaretta in mano. Sempre col sorriso ironico di chi sa da sempre che sotto le parole spesso non c’è qualcosa di altrettanto gonfio e tronfio.
Eravamo tutti così, chi più chi meno. Come nelle cucciolate di cani, con quello/a più deciso, quello più timido/a, senza invidia se uno era più bravo in qualche cosa, tutti insieme verso la Rivoluzione. 
Ma sul serio.
 Gli “studenti dei quartieri alti” si selezionavano abbastanza presto, in quegli anni. Nel giro largo ce n’erano molti, venivano dai licei classici del centro (Mamiani, Virgilio, Tasso, ecc), si conoscevano tra loro per motivi di classe. Nel doppio senso: stavano nella stessa aula di scuola alla mattina, e per le loro famiglie “locupletate”. 
Molti di quelli, crescendo, hanno fatto le carriere dei padri, o anche migliori. Qualcuno ha fatto la stessa vita di Gigi, ma non tanti. Eravamo seduti in riunione, in stanze puzzolenti di fumo appestante, col ciclostile che andava, dietro la schiena, con a fianco futuri notai, avvocati, presidenti di questo e di quello, sottosegretari e ministri. E molti più ragazzi “normali”.
 Fianco a fianco con noi che saremmo poi stati ergastolani o morti ammazzati per strada, e tanti che non avrebbero retto consegnandosi all’eroina. Un orgoglio vero: non ci sono stati “pentiti” né “dissociati”, tra noi… Nix infami. 
Ma in quei primi anni, con Gigi e tutti gli altri si “lottava così come si gioca”, con la serietà e la gioia, la leggerezza di chi si sente immortale e vive come se lo fosse. Sapendo di non esserlo…
 Riunioni assurde e discussioni infinite, citazioni sconosciute e spesso storpiate, oppure lette come salmi di chiesa fino a che non significavano un cazzo come quelli di chiesa. E in mezzo le pizze e le bicchierate “da Barba”, in via Lussimpiccolo, rifugio di qualche sera passata a discutere se i Cream fossero all’altezza di Hendrix, se considerare o no “rock” Procol Harum e Emerson, Lake & Palmer, a storcere il naso su Bowie e benedire Frank Zappa.
 L’antifascismo era una roba seria, non una frase da buttare in mezzo a un discorso ufficiale. Tra di noi c’era chi si districava per le vie tra le sezioni di via Noto, piazza Tuscolo e Acca Larenzia, il “triangolo nero” dove sguazzavano i Delle Chiaie, i fratelli Di Luia, ideologi e picchiatori di Avanguardia Nazionale. Non sempre finiva solo a sprangate e bisognava farsi rispettare. 
Idem per quelli del Prenestino, meno di due chilometri da Villa Gordiani, verso il centro. Fascisti cattivi, ma non brillanti per ingegno. Il 25 aprile del ‘74, per esempio, accolsero la nostra manifestazione antifascista scambiandoci per il Pci, la cui sezione avevano attaccato due giorni prima. Gigi, come tutti, portava il passamontagna; non per posa, non per “sentire il calore della comunità operaia”, ma perché lavorava a trenta metri da lì e ci passava ogni volta che entrava e usciva dall’officina. E ci sarebbe ripassato il giorno dopo, sogghignando tra sé…
Ci attaccarono lungo via Roberto Malatesta, verso il Pigneto. Eravamo appena 300, ma “solo servizio d’ordine”, come si diceva allora. Gente sveglia di Villa Gordiani, Centocelle, Torre Spaccata.
Finirono inseguiti fin per le scale di casa loro, mentre gridavano “mamma! mamma apri, presto!”. 
Con Gigi e tutti gli altri, eravamo quelli lì, molti di noi finirono in carcere o c’erano già passati; certo solo per qualche giorno fin lì… 
Ma quelle erano occasioni particolari, serie ma in fondo rare. In genere giravamo per le strade del quartiere, bussando alle porte delle case popolari, per organizzare l’autoriduzione delle bollette (durò qualche anno), per vedere quali erano “i bisogni” che attendevano risposta. Rispetto a oggi, devo dire, “i proletari” stavano meglio. Un operaio poteva mantenere la famiglia anche con un solo stipendio, stando ben attento. Oggi non ne bastano due…
 Giravamo e incontravamo chiunque, parlavamo con chiunque. Poteva capitare di trovarsi sul campo di calcio del “Grancio”, che faceva da custode (e ci abitava), la sera tardi, a incrociare i dribbling con Pasolini e Ninetto Davoli. E non sembrava strano, né si chiedeva un selfie o un autografo. Tra persone.
Quei ragazzi di Roma, del resto, spesso si aiutavano con qualche giornata da comparsa “al cinema”, quando ancora i film italiani parlavano della e alla società reale. E quindi c’erano “scene di massa”, con decine o centinaia di comparse, oltre ad attori di prima e seconda fascia. Non solo “scene di un interno”, per pochi intimi…
 E si poteva parlare con Comencini o Magni, nelle pause. Mentre magari Gassman tuonava a qualche metro…
 Gigi “il fabbro” era di poche parole, ma ben selezionate. Le sue mani animate. con dita fratturate e riaggiustate alla bell’e meglio, accompagnavano quell’ombra di sorriso che gli faceva quasi chiudere gli occhi. E per un attimo eri indeciso tra se fosse serio e “ma che me stai a coglionà?”.
 Gli riuscivano bene entrambe lo cose. La seconda quando ti voleva far capire che ti stavi arrampicando su uno specchio di parole, mentre la realtà era più semplice. E tosta. Ed era meglio guardarla in faccia.
 Finimmo a fare sul serio la lotta armata – ci avevamo provato per qualche tempo da soli, senza “grandi imprese” – quando gran parte del “movimento” entrava nell’eroina e nel riflusso. E spesso erano fasci gli spacciatori più organizzati (se qualcuno vuol rivedersi “l’operazione Blue Moon”).
 Entrammo nelle Br uno alla volta, com’era giusto. Perché tra comunisti che devono far sul serio non avevano, non hanno, non avranno mai senso le “correnti organizzate”. Magari su base amicale, com’era in fondo il nostro gruppo.
 Si era nel frattempo sposato con Marina, in una felice combinazione “operai-studenti”, e lavorammo duro per anni. Molti pensano che la guerriglia sia sparare agli angoli delle strade. Il grosso è tutt’altro, e non vale neanche la pena di scriverlo. Fanno ridere i romantici, fanno incazzare i “dietrologi”… tutta gente che neanche immagina quanta intelligenza, costanza, fantasia, dedizione ci vuole. 
Molti di quelli che sono finiti in galera in pratica non avevano mai esploso un colpo.
 Capitò anche a loro due, arrestati una notte in casa. “Uscirono presto”, come dicevamo quando qualcuno si faceva “solo” diciotto mesi di carcerazione preventiva…
 Fuggirono dal confino e ripresero a lavorare. Poi l’arresto “definitivo”, con Marina che scopre solo qualche giorno dopo, in carcere, di attendere una figlia. E tutti a festeggiarli nell’aula bunker del primo “processo Moro”, all’ex sala scherma del Foro Italico.
 Ci presero per matti. Mai stati più sani…
 Nel corso degli anni, poi, ci siamo persi. Carceri diversi, altre riflessioni sul com’era andata e perché. Ma non contava poi molto, anche se avevamo vissuto per quello. Non poteva esserci la necessaria distanza.
Ci siamo incontrati l’ultima volta pochissimi anni fa, nel sacrario della merce che tutti dobbiamo attraversare più volte alla settimana. Al supermercato, per caso, come tanti altri che non vedi da anni.
 Mi chiede “ti posso salutare?”. Con la solita aria a metà strada tra il dico sul serio e “te sto a coglionà”. Eravamo gente tosta, che aveva fatto ogni passo con convinzione. Entrambi “irriducibili”, con una differenza che in un certo momento era apparsa importante e qualche anno dopo non lo era più tanto.
 Ci siamo seduti a parlare, come due vecchi compagni di lotta e amici (non tutti sono stati la seconda cosa, ed è normale). Ma questo rimarrà tra noi.
Ciao, Gigi.

Biol

Ciao Biol, architetto geniale, compagno solidale, amico, fratello. Il tuo tetto è stato per anni un riparo sicuro. Te ne sei andato ma gli uomini scompaiono soltanto quando si perde la loro memoria. Saremo in tanti a tenerti vivo nei nostri ricordi.

Ciao Biol, architecte génial, camarade solidaire, amis et frère. Pendants des années ton toit a été un abri sûr. Tu nous as laissé mais les hommes disparaissent seulement quand on perd leur mémoire. Tu seras toujours dans nôtre souvenirs.

L’autodafé de Cesare Battisti

Paru dans lundimatin#185, le 2 avril 2019

 

ITALY-CRIME-POLITICS-HISTORY-BATTISTI

/ AFP / Alberto PIZZOLI

Durant l’inquisition espagnole, se tenaient de solennelles cérémonies publiques au cours desquelles on donnait lecture des jugements de condamnation et on célébrait les abjurations. Y participaient juges, fonctionnaires, ordres religieux, condamnés et public rassemblé sur une place où était érigé une estrade. L’issue de ces autodafés pouvaient être heureuse ou malheureuse, et dans le pire des cas le fait d’avoir sauvé son âme obligeait le coupable à remercier ses propres bourreaux.

L’autodafé de Cesare Battisti s’est tenu, comme il convient en ces temps ultramodernes et postdémocratiques, dans une salle de tribunal de Milan devant un public de journalistes et de télévisions. Il y avait les juges mais il manquait le coupable qui était passé aux aveux dans la prison d’Oristano deux jours plus tôt. Pour Battisti, le supplice public avait déjà eu lieu le jour de son arrivée en Italie. Dans les procès acutels, le coupable entre seulement nominativement dans le tribunal parce que son lieu prédestiné est la prison, bien avant la condamnation, d’où il peut se connecter – s’il le souhaite – par vidéoconférence. Une présence virtuelle résiduelle pour empêcher qu’on crie à l’abolition définitive des droits de la défense. Pour Battisti, les choses ont été encore plus simples : durant le procès, il n’était pas présent, on l’a condamné au maximum de la peine et 40 ans plus tard, il a avoué au fond de ce puits de 3 mètres sur 4 qu’est sa cellule isolée dans la prison d’Oristano. Ainsi s’est refermé le cercle de la justice !C’est ce qu’a écrit pour Repubblica, avec une grande satisfaction, le procureur Armando Spataro, responsable à la fin des années 70, de l’enquête contre les PAC, groupe dans lequel militait Battisti, d’après lequel il serait faux « que le système judiciaire ne soit pas en mesure de garantir les droits des accusés de terrorisme », au point que « le système italien est étudié comme un modèle vers lequel tendre ». Cette dernière affirmation est sans doute vraie : la « leçon italienne », en fait, a été un laboratoire qui a enseigné au monde comment constitutionnaliser l’urgence, en transformant en règle générale ce qui n’était jusque-là la suspension de la norme dans un espace et un temps donné. Discours repris aussi dans Libération, par Laurent Joffrin qui, sans réussir à éviter une prose percluse d’incessants oxymores, a reconnu à la démocratie italienne d’avoir « traversé l’épreuve sans renoncer, en substance, aux principes de l’Etat de droit.(…) Les membres des groupes terroristes ont été poursuivis avec énergie, mais condamnés la plupart du temps au terme de procès en bonne et due forme ». En réalité, à côté du maintien des « formes », c’est précisément la « substance » de l’Etat de droit qui a subi des modifications. S’il est vrai qu’on n’a pas créé de juridictions spéciales, et que les procès, même devenus « maxi-procès », ont été conduits devant des cours d’assises normales, il est tout aussi vrai que celles-ci ont invoqué des lois spéciales, des exceptions procédurales, des critères de faveurs et de différentiation : en somme un vaste arsenal d’exception qui a doublé les peines, étendue de manière démesurée la notion de complicité jusqu’à des formules elliptiques comme celle de « complicité morale ou psychique », inexistantes dans les autres codes européens, et à plusieurs reprises condamnées par les tribunaux français, multiplié les détentions préventives, renversé la charge de la preuve, érigé la parole intéressées des repentis en fondement des accusations. Sans oublier les tortures du professeur De Tormentis, désormais reconnues même par les tribunaux. Mais l’oxymore à la fin renverse la prose du directeur der Libération qui ajoute : « La « guerre » déclenchée là-bas par les activistes d’extrême gauche s’appuyait sur une analyse en partie juste, mais au bout du compte fausse, de la démocratie en Italie. »

En 1990, ce fut la magistrature française et non pas la doctrine Mitterrand qui déclara Battisti inextradable

Ce qu’on raconte dans la presse italo-française n’est pas vrai : Battisti ne s’est pas toujours déclaré innocent. En 1990, quand il fut visé par une première demande d’extradition provenant de l’Italie, la magistrature française considéra comme irrecevable la requête italienne parce que son procès conclu sur une condamnation, s’était tenu par contumace. A la différence de l’Italie, quand en France un accusé a été condamné en son absence, il a le droit à un nouveau procès une fois revenu à disposition de la justice. Ce fut donc la cour d’appel de Paris qui déclara Battisti inextradable. Décision juridique qui renforçait la politique d’asile de fait résumée dans la formule « doctrine Mitterrand ».Pendant 23 ans, du moment de sa fuite de l’Italie jusqu’à sa seconde arrestation en 2004, réalisée en violation du principe de l’autorité de la chose jugée, Battisti n’avait jamais recouru à la stratégie innocentiste. Le changement survint quand, sous la pression de certains milieux intellectuels et éditoriaux français qui l’avaient adopté, il décida de s’éloigner du cabinet De Félice-Terrel, qui avait historiquement défendu une grande partie des exilés italiens.

La campagne innocentiste

Présentée comme un changement radical après sa libération en mars 2004, la décision soudaine et brutale de faire recours à la catégorie de l’innocence fut assumée dès le début aux dépens de ses compagnons de destin, comme pour souligner que la distance intervenue avec sa vieille communauté serait devenue une valeur ajoutée. Les autres réfugiés furent accusés de l’avoir mis sous pression, carrément bâillonné, le tout sans épargner les jugements dénigrants à l’égard des autres formations politiques armées des années 70 différentes de celles de son petit groupe d’appartenance. Tandis que ses vieux avocats et compagnons d’exil le mettaient en garde, devant le risque que représentait ce choix, en lui rappelant que la procédure d’extradition n’était pas une anticipation du jugement du procès, ni un dernier degré du procès, mais une instance juridique où les requêtes provenant d’Italie étaient évaluées en fonction de leur conformité aux normes internationales et internes, certains de ses soutiens laissaient entendre que la défense nécessaire n’avait pas été développée auparavant parce qu’elle aurait pu « nuire à la protection collective accordée sans distinction des actes commis », à la « petite communauté des réfugiés italiens, protégée pendant plus de 20 ans par la parole de la France » (Le Monde du 23 novembre 2004). En plus d’insinuer, devant l’opinion publique, que la communauté des exilés était une communauté de « coupables » qui empêchaient l’unique « innocent » de se défendre, on leur attribuait un rôle de censeurs jusqu’à dépeindre les exilés comme une bande de cyniques inquisiteurs qui lançaient des excommunications.L’offensive médiatique massive menée par de nombreux et éminents défenseurs de son innocence revint à offrir des prétextes inespérés et des appuis objectifs aux partisans de l’urgence judiciaires, la plupart du temps avec des arguments inadaptés, superficiels et caricaturaux, alors même que le parquet antiterroriste italien n’avait que des arguments mystificateurs de la réalité historique et des vicissitudes judiciaires de ces années-là (rappelons que Spataro lui-même, contredisant le jugement, soutint longtemps que Battisti était directement impliqué dans dans l’assassinat de Torregiani.)

L’exil brésilien

Après que le gouvernement français eut concédé l’extradition et qu’il se fut réfugié au Brésil, l’affaire Battisti se poursuivit sur deux trajectoires : tandis que la campagne publique réitérait la ligne innocentiste, l’affrontement juridique devant le tribunal suprême fédéral et au niveau politique se centra sur l’urgence judiciaire qui avait caractérisé les enquêtes et les procès en Italie, et sur la peine de la perpétuité, sanction absente du code pénal brésilien, jusqu’au refus de l’extradition par le président Lula au terme de son mandat, le 31 décembre 2010.Une fois Delma Roussef, successeuse de Lula à la présidence, destituée, et après le coup d’Etat judiciaire du duo Moro-Bolsonaro, le premier procureur et le second candidat présidentiel, qui s’est concrétisé par l’arrestation de Lula, le destin de Battisti paraissait scellé. Arrêté, après s’être réfugié en Bolivie, il a été conduit en Italie dans le plus total vide juridique, par un pur acte de force, sans mesure régulière d’expulsion du pays, comme en témoigne le fait qu’il a été initialement pris en charge par la police brésilienne et ensuite arrêté sur la passerelle de l’avion qui devait le ramener à Sao Paulo, pour être remis à une équipe italienne arrivée en toute hâte sur les lieux. Artifice mis au point pour empêcher l’application de la clause de commutation de la peine de perpétuité à une peine de 30 ans, sur laquelle l’Italie et le Brésil s’étaient mis d’accord en octobre 2017, et indiquée dans la mesure d’extradition signée par le président Michel Temer, qui avait succédé à Dilma Roussef.

Extraordinary rendition et réclusion spéciale

Après l’arrivée en Italie et l’obscène cérémonie de Ciampino, Battisti a été soumis à un régime de détention extraordinaire qui va bien au-delà de la peine de six mois d’isolement diurne prévue par le jugement. Isolement que la cour d’Assises de Milan, entre temps, n’a pas retenu comme prescrit, malgré l’évidence des décennies passées, parce que – selon ses mots – l’imprescribilité de la perpétuité se « reflète » sur le segment de peine autonome de l’isolement diurne qui, rappelons-le, n’est pas une modalité d’exécution de la détention, mais une peine supplémentaire. Bien que les délits qui lui sont attribués n’entrent pas dans le cadre de ceux impliquant ce régime, Battisti est enfermé dans une cellule d’une section de la prison d’Oristano aménagée pour lui et dont il restera l’hôte unique une fois la période d’isolement diurne terminée. Une sorte de « zone réservée du 41bis » (régime spécial d’isolement total réservé aux mafieux et à quelques « terroristes » NdT) , réalisée en contournant les normes de l’organisation pénitentiaire. Un régime de détention conçu pour extorquer des déclarations au même titre que le 41bis officiel et qui a poussé Battisti à avouer des crimes sans avoir jamais pris part à son propre procès.

Les aveux

Dans le système judiciaire italien, la notion de culpabilité a été renversée par l’imposant arsenal législatif des récompenses. Le discriminant essentiel est devenu de fait le comportement du prévenu, la démonstration de sa soumission, le degré de repentir ou de collaboration. A égalité de délit et de responsabilité pénale, sont rendus des jugements et des traitements pénitentiaires très différents. La logique des récompenses a modifié les frontières de la culpabilité et de l’innocence. On peut être coupable et récompensé, innocent et puni. Ce que l’on est compte plus que ce qui a été fait. Battisti, malheureusement, n’a pas eu la force de se battre contre cette situation.