L’autodafé de Cesare Battisti

Paru dans lundimatin#185, le 2 avril 2019

 

ITALY-CRIME-POLITICS-HISTORY-BATTISTI

/ AFP / Alberto PIZZOLI

Durant l’inquisition espagnole, se tenaient de solennelles cérémonies publiques au cours desquelles on donnait lecture des jugements de condamnation et on célébrait les abjurations. Y participaient juges, fonctionnaires, ordres religieux, condamnés et public rassemblé sur une place où était érigé une estrade. L’issue de ces autodafés pouvaient être heureuse ou malheureuse, et dans le pire des cas le fait d’avoir sauvé son âme obligeait le coupable à remercier ses propres bourreaux.

L’autodafé de Cesare Battisti s’est tenu, comme il convient en ces temps ultramodernes et postdémocratiques, dans une salle de tribunal de Milan devant un public de journalistes et de télévisions. Il y avait les juges mais il manquait le coupable qui était passé aux aveux dans la prison d’Oristano deux jours plus tôt. Pour Battisti, le supplice public avait déjà eu lieu le jour de son arrivée en Italie. Dans les procès acutels, le coupable entre seulement nominativement dans le tribunal parce que son lieu prédestiné est la prison, bien avant la condamnation, d’où il peut se connecter – s’il le souhaite – par vidéoconférence. Une présence virtuelle résiduelle pour empêcher qu’on crie à l’abolition définitive des droits de la défense. Pour Battisti, les choses ont été encore plus simples : durant le procès, il n’était pas présent, on l’a condamné au maximum de la peine et 40 ans plus tard, il a avoué au fond de ce puits de 3 mètres sur 4 qu’est sa cellule isolée dans la prison d’Oristano. Ainsi s’est refermé le cercle de la justice !C’est ce qu’a écrit pour Repubblica, avec une grande satisfaction, le procureur Armando Spataro, responsable à la fin des années 70, de l’enquête contre les PAC, groupe dans lequel militait Battisti, d’après lequel il serait faux « que le système judiciaire ne soit pas en mesure de garantir les droits des accusés de terrorisme », au point que « le système italien est étudié comme un modèle vers lequel tendre ». Cette dernière affirmation est sans doute vraie : la « leçon italienne », en fait, a été un laboratoire qui a enseigné au monde comment constitutionnaliser l’urgence, en transformant en règle générale ce qui n’était jusque-là la suspension de la norme dans un espace et un temps donné. Discours repris aussi dans Libération, par Laurent Joffrin qui, sans réussir à éviter une prose percluse d’incessants oxymores, a reconnu à la démocratie italienne d’avoir « traversé l’épreuve sans renoncer, en substance, aux principes de l’Etat de droit.(…) Les membres des groupes terroristes ont été poursuivis avec énergie, mais condamnés la plupart du temps au terme de procès en bonne et due forme ». En réalité, à côté du maintien des « formes », c’est précisément la « substance » de l’Etat de droit qui a subi des modifications. S’il est vrai qu’on n’a pas créé de juridictions spéciales, et que les procès, même devenus « maxi-procès », ont été conduits devant des cours d’assises normales, il est tout aussi vrai que celles-ci ont invoqué des lois spéciales, des exceptions procédurales, des critères de faveurs et de différentiation : en somme un vaste arsenal d’exception qui a doublé les peines, étendue de manière démesurée la notion de complicité jusqu’à des formules elliptiques comme celle de « complicité morale ou psychique », inexistantes dans les autres codes européens, et à plusieurs reprises condamnées par les tribunaux français, multiplié les détentions préventives, renversé la charge de la preuve, érigé la parole intéressées des repentis en fondement des accusations. Sans oublier les tortures du professeur De Tormentis, désormais reconnues même par les tribunaux. Mais l’oxymore à la fin renverse la prose du directeur der Libération qui ajoute : « La « guerre » déclenchée là-bas par les activistes d’extrême gauche s’appuyait sur une analyse en partie juste, mais au bout du compte fausse, de la démocratie en Italie. »

En 1990, ce fut la magistrature française et non pas la doctrine Mitterrand qui déclara Battisti inextradable

Ce qu’on raconte dans la presse italo-française n’est pas vrai : Battisti ne s’est pas toujours déclaré innocent. En 1990, quand il fut visé par une première demande d’extradition provenant de l’Italie, la magistrature française considéra comme irrecevable la requête italienne parce que son procès conclu sur une condamnation, s’était tenu par contumace. A la différence de l’Italie, quand en France un accusé a été condamné en son absence, il a le droit à un nouveau procès une fois revenu à disposition de la justice. Ce fut donc la cour d’appel de Paris qui déclara Battisti inextradable. Décision juridique qui renforçait la politique d’asile de fait résumée dans la formule « doctrine Mitterrand ».Pendant 23 ans, du moment de sa fuite de l’Italie jusqu’à sa seconde arrestation en 2004, réalisée en violation du principe de l’autorité de la chose jugée, Battisti n’avait jamais recouru à la stratégie innocentiste. Le changement survint quand, sous la pression de certains milieux intellectuels et éditoriaux français qui l’avaient adopté, il décida de s’éloigner du cabinet De Félice-Terrel, qui avait historiquement défendu une grande partie des exilés italiens.

La campagne innocentiste

Présentée comme un changement radical après sa libération en mars 2004, la décision soudaine et brutale de faire recours à la catégorie de l’innocence fut assumée dès le début aux dépens de ses compagnons de destin, comme pour souligner que la distance intervenue avec sa vieille communauté serait devenue une valeur ajoutée. Les autres réfugiés furent accusés de l’avoir mis sous pression, carrément bâillonné, le tout sans épargner les jugements dénigrants à l’égard des autres formations politiques armées des années 70 différentes de celles de son petit groupe d’appartenance. Tandis que ses vieux avocats et compagnons d’exil le mettaient en garde, devant le risque que représentait ce choix, en lui rappelant que la procédure d’extradition n’était pas une anticipation du jugement du procès, ni un dernier degré du procès, mais une instance juridique où les requêtes provenant d’Italie étaient évaluées en fonction de leur conformité aux normes internationales et internes, certains de ses soutiens laissaient entendre que la défense nécessaire n’avait pas été développée auparavant parce qu’elle aurait pu « nuire à la protection collective accordée sans distinction des actes commis », à la « petite communauté des réfugiés italiens, protégée pendant plus de 20 ans par la parole de la France » (Le Monde du 23 novembre 2004). En plus d’insinuer, devant l’opinion publique, que la communauté des exilés était une communauté de « coupables » qui empêchaient l’unique « innocent » de se défendre, on leur attribuait un rôle de censeurs jusqu’à dépeindre les exilés comme une bande de cyniques inquisiteurs qui lançaient des excommunications.L’offensive médiatique massive menée par de nombreux et éminents défenseurs de son innocence revint à offrir des prétextes inespérés et des appuis objectifs aux partisans de l’urgence judiciaires, la plupart du temps avec des arguments inadaptés, superficiels et caricaturaux, alors même que le parquet antiterroriste italien n’avait que des arguments mystificateurs de la réalité historique et des vicissitudes judiciaires de ces années-là (rappelons que Spataro lui-même, contredisant le jugement, soutint longtemps que Battisti était directement impliqué dans dans l’assassinat de Torregiani.)

L’exil brésilien

Après que le gouvernement français eut concédé l’extradition et qu’il se fut réfugié au Brésil, l’affaire Battisti se poursuivit sur deux trajectoires : tandis que la campagne publique réitérait la ligne innocentiste, l’affrontement juridique devant le tribunal suprême fédéral et au niveau politique se centra sur l’urgence judiciaire qui avait caractérisé les enquêtes et les procès en Italie, et sur la peine de la perpétuité, sanction absente du code pénal brésilien, jusqu’au refus de l’extradition par le président Lula au terme de son mandat, le 31 décembre 2010.Une fois Delma Roussef, successeuse de Lula à la présidence, destituée, et après le coup d’Etat judiciaire du duo Moro-Bolsonaro, le premier procureur et le second candidat présidentiel, qui s’est concrétisé par l’arrestation de Lula, le destin de Battisti paraissait scellé. Arrêté, après s’être réfugié en Bolivie, il a été conduit en Italie dans le plus total vide juridique, par un pur acte de force, sans mesure régulière d’expulsion du pays, comme en témoigne le fait qu’il a été initialement pris en charge par la police brésilienne et ensuite arrêté sur la passerelle de l’avion qui devait le ramener à Sao Paulo, pour être remis à une équipe italienne arrivée en toute hâte sur les lieux. Artifice mis au point pour empêcher l’application de la clause de commutation de la peine de perpétuité à une peine de 30 ans, sur laquelle l’Italie et le Brésil s’étaient mis d’accord en octobre 2017, et indiquée dans la mesure d’extradition signée par le président Michel Temer, qui avait succédé à Dilma Roussef.

Extraordinary rendition et réclusion spéciale

Après l’arrivée en Italie et l’obscène cérémonie de Ciampino, Battisti a été soumis à un régime de détention extraordinaire qui va bien au-delà de la peine de six mois d’isolement diurne prévue par le jugement. Isolement que la cour d’Assises de Milan, entre temps, n’a pas retenu comme prescrit, malgré l’évidence des décennies passées, parce que – selon ses mots – l’imprescribilité de la perpétuité se « reflète » sur le segment de peine autonome de l’isolement diurne qui, rappelons-le, n’est pas une modalité d’exécution de la détention, mais une peine supplémentaire. Bien que les délits qui lui sont attribués n’entrent pas dans le cadre de ceux impliquant ce régime, Battisti est enfermé dans une cellule d’une section de la prison d’Oristano aménagée pour lui et dont il restera l’hôte unique une fois la période d’isolement diurne terminée. Une sorte de « zone réservée du 41bis » (régime spécial d’isolement total réservé aux mafieux et à quelques « terroristes » NdT) , réalisée en contournant les normes de l’organisation pénitentiaire. Un régime de détention conçu pour extorquer des déclarations au même titre que le 41bis officiel et qui a poussé Battisti à avouer des crimes sans avoir jamais pris part à son propre procès.

Les aveux

Dans le système judiciaire italien, la notion de culpabilité a été renversée par l’imposant arsenal législatif des récompenses. Le discriminant essentiel est devenu de fait le comportement du prévenu, la démonstration de sa soumission, le degré de repentir ou de collaboration. A égalité de délit et de responsabilité pénale, sont rendus des jugements et des traitements pénitentiaires très différents. La logique des récompenses a modifié les frontières de la culpabilité et de l’innocence. On peut être coupable et récompensé, innocent et puni. Ce que l’on est compte plus que ce qui a été fait. Battisti, malheureusement, n’a pas eu la force de se battre contre cette situation.

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L’autodafé di Cesare Battisti

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Durante l’Inquisizione spagnola si tenevano delle solenni cerimonie pubbliche nel corso delle quali si dava lettura delle sentenze di condanna e si celebravano le abiure. Vi partecipavano i giudici, i funzionari, gli ordini religiosi, i rei e il pubblico radunato in una piazza dove era stato eretto un palco. Gli esiti di questi autodafé potevano essere fausti o infausti, ed anche nel caso peggiore l’aver avuto salva l’anima obbligava il colpevole a dover ringraziare i propri carnefici.
L’autodafé di Cesare Battisti si è tenuto, come si conviene in tempi ultramoderni e di postdemocrazia, in una sala del tribunale di Milano davanti ad un pubblico di giornalisti e televisioni. C’erano i giudici ma mancava il reo che aveva reso confessione nel carcere di Oristano due giorni prima. Per Battisti il supplizio pubblico era già avvenuto al momento del suo arrivo in Italia. Nei processi attuali il reo entra solo nominalmente in tribunale poiché il suo luogo predestinato è la prigione, ben prima della condanna, da dove può collegarsi – se ritiene – in videoconferenza. Una residua presenza virtuale per impedire che si possa gridare alla cancellazione definitiva dei diritti della difesa. Per Battisti le cose sono state ancora più semplici: durante il processo non era presente, lo hanno condannato al massimo della pena e quarant’anni dopo ha confessato dal fondo di quel pozzo di 3 metri per 4 che è la sua cella isolata del carcere di Oristano. Così il cerchio della giustizia si è chiuso!
Lo ha scritto per Repubblica, con grande soddisfazione, il procuratore Armando Spataro, titolare alla fine degli anni 70 dell’inchiesta contro i Pac, gruppo nel quale militava Battisti, secondo cui sarebbe falso «che il sistema giudiziario non sia stato in grado di garantire i diritti degli accusati di terrorismo», tanto che «il sistema italiano è studiato come modello verso cui tendere». Quest’ultima affermazione è senza dubbio vera: la «lezione italiana», infatti, è stata un laboratorio che ha insegnato al mondo come costituzionalizzare l’eccezione, rendendola regola permanente e non più sospensione nello spazio e nel tempo della norma.
Discorso questo, ripreso anche da Laurent Joffrin, su Libération, che senza riuscire ad evitare una prosa accidentata da ossimori continui ha riconosciuto alla democrazia italiana di aver «traversato la prova senza rinunciare, nella sostanza, ai principi dello Stato di diritto. Gli appartenenti alle formazioni terroristiche sono stati perseguiti con energia, ma condannati nella gran parte dei casi alla fine di processi condotti secondo le regole». In realtà, a fronte di mantenimento delle «forme» è proprio la «sostanza» dello Stato di diritto che ha subito delle modifiche. Se è vero che non sono state introdotte giurisdizioni speciali, ma i processi, seppur divenuti “maxi”, sono stati condotti dalle normali corti d’Assise, è altresì vero che queste si sono avvalse di leggi speciali, eccezioni procedurali, criteri premiali e differenziali: insomma un ampio arsenale d’eccezione che ha raddoppiato le pene, esteso a dismisura l’uso del concorso fino a formule ellittiche come quello «morale o psichico», inesistente negli altri codici europei, e ripetutamente censurato dalle Chambres francesi, moltiplicato la custodia preventiva, capovolto l’onere della prova, eretto la parola remunerata dei pentiti a fondamento delle accuse. Senza dimenticare le torture del professor De Tormentis, ormai accertate anche dai tribunali. Ma l’ossimoro alla fine travolge la prosa del direttore di Libération che aggiunge: «La “guerra” innescata dagli attivisti dell’estrema sinistra si fondava su un’analisi giusta, ma alla fine dei conti falsa, della democrazia in Italia».

Nel 1990 fu la magistratura francese non la dottrina Mitterrand a dichiarare inestradabile Battisti
Non è vero quel che si racconta sulla stampa italo-francese: Battisti non si è dichiarato sempre innocente. Nel 1990, quando fu oggetto della prima domanda di estradizione proveniente dall’Italia, la magistratura francese ritenne irricevibile la richiesta italiana poiché il processo e la condanna nei suoi confronti, come di altri suoi coimputati, si erano tenuti in contumacia. A differenza dell’Italia, quando in Francia un imputato è stato condannato in sua assenza ha diritto ad essere riprocessato una volta presente. Fu dunque la corte d’appello di Parigi a ritenere inestradabile Battisti. Decisione giuridica che rafforzava la politica di asilo di fatto riassunta nella formula della «dottrina Mitterrand».
Per 23 anni, dal momento della sua fuga dall’Italia fino al suo secondo arresto del 2004, realizzato in violazione del ne bis in idem, Battisti non aveva mai fatto ricorso alla strategia innocentista. La svolta avviene quando, sotto la pressione di alcuni ambienti intellettuali e editoriali francesi che lo avevano adottato, decise di mollare lo studio legale De Félice-Terrel, che aveva storicamente difeso gran parte dei fuoriusciti italiani.

La campagna innocentista
Presentata come una radicale svolta dopo la scarcerazione del marzo 2004, la decisione repentina e brutale di fare ricorso alla categoria dell’innocenza venne assunta fin da subito a discapito dei suoi compagni di destino, quasi a sottolineare che la distanza frapposta con la sua vecchia comunità fosse d’improvviso divenuta un valore aggiunto. Il resto dei fuoriusciti fu accusato di averlo condizionato, addirittura imbavagliato, il tutto senza risparmiare giudizi denigratori nei confronti di altre formazioni politiche armate degli anni Settanta diverse dal suo piccolo gruppo d’appartenenza. Mentre i suoi vecchi legali e compagni di esilio lo mettevano sull’avviso, di fronte al rischio che rappresentava quella scelta, ricordandogli che la procedura d’estradizione non era un’anticipazione del giudizio processuale, né un ulteriore grado del processo, ma una sede giuridica dove le richieste provenienti dall’Italia venivano valutate sotto il profilo della conformità con le norme internazionali e interne, alcuni suoi sostenitori lasciavano intendere che la difesa di merito non era stata intrapresa in precedenza perché avrebbe potuto «nuocere alla protezione collettiva accordata senza distinzione degli atti commessi», alla «piccola comunità dei rifugiati italiani, protetta da oltre vent’anni dalla parola della Francia» (Le Monde del 23 novembre 2004). Oltre a insinuare, di fronte all’opinione pubblica, che quella dei fuoriusciti fosse una comunità di “colpevoli” che impedivano all’unico “innocente” di difendersi, veniva attribuito loro un ruolo censorio fino a designare i fuoriusciti come una combriccola di cinici inquisitori che lanciavano scomuniche.
Anche la massiccia offensiva mediatica condotta dai molti e autorevoli sostenitori della sua innocenza in punto di fatto offrì pretesti insperati e sponde oggettive ai sostenitori dell’emergenza giudiziaria, il più delle volte con argomenti impropri, superficiali e caricaturali, nonostante le procure antiterrorismo avessero solo argomenti mistificatori della realtà storica e delle vicissitudini giudiziarie di quegli anni (ricordiamo come lo stesso Spataro, contraddicendo la stesse sentenze, sostenne per lungo tempo che Battisti fosse direttamente coinvolto nell’uccisione di Torregiani).

L’esilio brasiliano
Rifugiatosi in Brasile, dopo che il governo francese aveva concesso l’estradizione, l’affaire Battisti proseguì su due binari: mentre la campagna pubblica reiterava la linea innocentista, lo scontro giuridico davanti al Tribunale supremo federale e in sede politica si incentrò sull’emergenza giudiziaria che aveva contraddistinto le inchieste e i processi in Italia e sulla pena dell’ergastolo, sanzione assente nel codice penale brasiliano, fino al rifiuto dell’estradizione firmato dal presidente Lula alla scadenza de suo mandato, il 31 dicembre 2010.
Una volta spodestata Dijlma Roussef, succeduta a Lula alla presidenza del Brasile, e dopo il golpe giudiziario del duo Moro-Bolsonaro, il primo procuratore e il secondo candidato presidenziale, concretizzatosi con l’arresto dello stesso Lula, il destino di Battisti appariva segnato. Arrestato, dopo essere riparato in Bolivia, è stato condotto in Italia nel più totale vuoto giuridico, con un puro atto di forza, senza una regolare misura di espulsione da quel Paese, come testimonia il fatto che fu inizialmente preso in consegna dalla polizia brasiliana e successivamente fermato sulle scalette dell’aereo che doveva ricondurlo a São Paulo, per essere consegnato ad una squadra italiana giunta in tutta fretta sul posto. Artificio congegnato per impedire l’applicazione della clausola di commutazione della pena dell’ergastolo a 30 anni, concordata con l’Italia nell’ottobre 2017, e indicata nel provvedimento di estradizione firmato dal presidente Michel Temer, succeduto a Dijlma Roussef.

Consegna straordinaria e reclusione speciale
Giunto in Italia, dopo l’oscena cerimonia di Ciampino Battisti è stato sottoposto ad un regime detentivo straordinario che esula dalla stessa pena dell’isolamento diurno di sei mesi previsto in sentenza. Isolamento che la corte d’Assise di Milano, nel frattempo, non ha ritenuto prescritto, nonostante l’evidenza dei decenni trascorsi, perché – a suo dire – l’imprescrittibilità dell’ergastolo «si riverbera» sul segmento di pena autonoma dell’isolamento diurno, che – ricordiamo – non è una modalità di esecuzione della detenzione ma è ulteriore pena a tutti gli effetti.
Nonostante le sue imputazioni non rientrino per ragioni cronologiche nella fascia dei reati ostativi, Battisti è rinchiuso in una cella all’interno di una sezione del carcere di Oristano adibita per lui e di cui resterà l’unico ospite una volta terminato il periodo di isolamento diurno. Una sorta di “area riservata del 41 bis” del tutto abusiva, realizzata aggirando le norme dell’ordinamento penitenziario. Un regime detentivo concepito per estorcere dichiarazioni al pari del 41 bis ufficiale e che ha spinto Battisti a confessare dei reati senza aver mai preso parte al proprio processo.

La confessione
Nel sistema giudiziario italiano la nozione di colpa è stata stravolta dall’imponente arsenale legislativo premiale. Il discrimine essenziale è divenuto infatti il comportamento tenuto dal reo, la sua prova di sottomissione, il grado di ravvedimento o collaborazione. A parità di reato e responsabilità penale vengono emesse sentenze e offerti trattamenti penitenziari molto diversi. La logica della premialità ha modificato i confini della colpa e dell’innocenza. Si può esser colpevoli e premiati, innocenti e puniti. Conta più ciò che si è di quel che si è fatto. Battisti, purtroppo, non ha avuto la forza di battersi contro questa situazione.

Per saperne di più
Cronache dall’esilio
Battisti esibito come un trofeo da caccia
Cesare Battisti a été éxhibé comme un trophée de chasse
Estradizioni, l’Italia ha sempre aggirato regole
Dietro la caccia ai rifugiati degli anni 70 la fragilità di uno Stato che ha vinto sul piano militare ma non politico

 

«Cesare Battisti a été exhibé comme un trophée de chasse»

L’ex-membre des Brigades rouges Paolo Persichetti critique la mise en scène, à Rome, de la traque des anciens militants d’extrême gauche

Propos recueillis par Jérôme Gautheret
Le monde Publié hier à 12h20, mis à jour hier à 12h20

Pilori

Aujourd’hui âgé de 56 ans, Paolo Persichetti a milité dans les rangs des Brigades rouges-Union des communistes combattants (BR-UCC), dans les années 1980. Après un premier séjour en prison en Italie et un acquittement, il s’installe en France en 1991. Condamné en appel à vingt-deux ans de prison pour «participation à une bande armée» et «complicité morale dans un homicide», il est extradé en 2002 vers l’Italie, où il terminera sa peine en avril 2014.
Il s’insurge contre le traitement dont a fait l’objet Cesare Battisti depuis son arrestation en Bolivie, et l’utilisation politique par le gouvernement italien de la traque des anciens militants d’extrême gauche installés en France depuis le début des années 1980.

Lundi 14 janvier, Cesare Battisti a atterri à l’aéroport de Ciampino, accueilli par deux ministres et une foule de journalistes. Que vous a inspiré cette scène?
Paolo Persichetti: D’abord, les conditions générales de sa remise aux autorités italiennes restent obscures. La Bolivie n’a respecté aucune procédure, ni d’extradition ni d’expulsion. Ils ont évité de le faire repasser par le Brésil, comme cela aurait été logique compte tenu de la procédure, dans le but de l’empêcher de bénéficier, mécaniquement, d’une réduction de sa peine à trente ans de prison en vertu d’un accord conclu entre Rome et Brasilia.
Puis, il y a les images de l’aéroport de Ciampino, qui étaient répugnantes. Battisti a été exhibé comme un trophée de chasse. Quelque chose de moyenâgeux rappelant l’époque des supplices publics. Deux ministres, dont un qui paradait en costume de policier, se sont invités pour assister à la scène. Sans parler de la vidéo ignoble qu’a mis en ligne le ministre de la justice, Alfonso Bonafede, le lendemain.

Cette capture vous a nécessairement rappelé des choses…
Dans les trois cas où l’Italie est arrivée à ramener dans ses propres geôles des exilés, mon propre cas en 2002, celui de Rita Algranati en 2004 et maintenant celui de Battisti, les remises se sont toujours déroulées en contournant les lois internationales.
Le soir du 24 août 2002, j’ai été arrêté dans le hall d’un immeuble à Paris, alors que j’allais dîner chez des amis. J’ai été emmené au siège de la DNAT [Division nationale antiterroriste], où je suis resté menotté comme un cheval à un anneau accroché au mur, puis, vers minuit, j’ai été mis dans une voiture en direction de l’Italie. Au but d’une folle course dans cette nuit noire, j’ai été échangé sous le tunnel du Mont-Blanc.
Le lendemain soir, j’étais en prison à Rome, mais la surprise est arrivée quand on m’a accusé d’avoir pris part au meurtre de Marco Biagi, un conseiller du ministre du travail d’alors. Accusation sans fondement, car au moment des faits, je tenais un cours dans la salle B224 de l’université de Saint-Denis, face à une vingtaine d’étudiants.
Il s’agissait d’une violation de la convention européenne sur les extraditions: la France, qui était parfaitement au courant des intentions de la magistrature italienne, aurait dû demander une nouvelle demande d’extradition et l’Italie ne pouvait pas m’inculper sans l’autorisation française. Ils savaient très bien que devant les juges, les accusations italiennes se seraient écroulées.

Votre retour en Italie avait-il donné lieu à une mise en scène comparable ?
J’ai eu droit, moi aussi, à une surmédiatisation avec la différence que les médias n’ont été avertis que quand j’étais déjà à Turin. La presse n’a été convoquée que pour filmer mon passage dans la cour de la questura. Les jours suivants, les journaux racontaient que Berlusconi et son gouvernement, réunis dans sa villa de Sardaigne, avaient sorti le champagne à l’annonce de mon arrestation.
IconaLa rentrée de Battisti a été annoncée à l’avance, ce qui a permis une mise en scène théâtrale très soignée: défilé des équipes spéciales des différentes polices, directs TV, radios et réseaux sociaux… Ça a été l’événement médiatique du moment. Il faudrait tout de même rappeler que fin 2017, lorsque l’un des auteurs de l’attentat de Brescia [8 morts et 102 blessés, en 1974], Maurizio Tramonte, un militant d’extrême droite proche des services secrets, a été ramené au Portugal, l’opération s’est déroulée dans l’anonymat le plus absolu. Pendant des années, on a raconté au pays que les attentats à la bombe étaient l’œuvre des Brigades rouges. On a réécrit l’histoire.

Que sait-on des conditions de détention de Cesare Battisti ?
Une fois débarqué à Rome, il a été renvoyé à la prison d’Oristano, en Sardaigne. Il était tellement chamboulé qu’une fois arrivé sur place il a demandé dans quelle partie du monde il se trouvait… Cette prison n’a pas été choisie au hasard: elle est une des plus dures du pays. Elle se trouve de plus dans une île, alors que sa famille vit sur le continent. Une façon d’amplifier l’isolement, de rendre difficiles les parloirs et les visites des organismes de contrôle.
Battisti a été placé à l’isolement diurne pour six mois dans un lieu séparé de la prison. On lui a préparé une sorte de «41 bis» sur mesure [un régime d’isolement total, prévu pour les mafieux les plus dangereux, que la Cour européenne des droits de l’homme a qualifié de «torture»], quelque chose d’absolument illégal. D’ailleurs, c’est le type de traitement qu’attend tout réfugié ramené en Italie: moi aussi, j’ai fait quatre mois et demi d’isolement.
Matteo Salvini [le ministre de l’intérieur italien] lui-même a annoncé qu’il n’y aurait aucun aménagement de peine, et que Cesare Battisti allait pourrir en prison jusqu’à la fin de sa vie. Une façon de mettre sous pression les juges d’exécution des peines. Comme cela m’est arrivé à moi, il devra répondre d’un «délit d’exil». Ils lui reprocheront la soi-disant «doctrine Mitterrand» et la décision de Lula [ex-président brésilien] de ne pas l’extrader. Tout parcours d’intégration en France et au Brésil sera interprété à l’envers, comme une circonstance aggravante…
Les juges deviennent fous face à cette question de la fuite et de l’exil. On m’a reproché d’avoir écrit un livre sur les dessous de mon extradition [Exil et Châtiment,Textuel, 2005], et même d’avoir fait en France un diplôme d’études approfondies sur la «Judiciarisation de la démocratie». Le châtiment qui attend tout exilé, c’est la destruction de tout ce qu’il était arrivé à reconstruire. Ils doivent démontrer que la seule chose possible pour les révoltés des années 1970, c’est un emprisonnement infini, sans possibilité de sortie.

Matteo Salvini, et après lui tout le gouvernement italien, a annoncé qu’ils ne comptaient pas en rester là, et s’apprête à demander l’extradition d’autres personnes recherchées par la justice italienne, dont la plupart sont en France.
En 2004, la justice française avait accepté l’extradition de Battisti contre la promesse que l’Italie modifie sa loi sur la contumace, permettant à Battisti et aux autres dans la même situation d’espérer un nouveau procès. Le Brésil avait, lui, donné son accord pour l’extradition en échange d’une commutation de la perpétuité à trente ans de prison [la peine maximale prévue par le code pénal brésilien]. En Italie, aucun de ces engagements n’a été respecté. Au contraire, ils l’ont enfermé et ils ont jeté les clés de sa cellule.
Je pense que la France doit soigneusement réfléchir à toute requête venant de l’Italie. Il a fallu cinq ans à l’Italie, après la guerre, pour amnistier les crimes des fascistes, six ans à la France pour les crimes de l’OAS durant la guerre d’Algérie. Aujourd’hui, on est à plus de quarante ans de l’affaire Moro. C’est le temps de l’histoire, pas du châtiment.

Cesare Battisti rimesso in libertà perché «Un giudice di prima istanza non ha titolo per rimettere in discussione una decisione sovrana del presidente della Repubblica»

Il tribunale regionale federale a cui si era rivolto l’avvocato di Cesare Battisti, Igor Sant’Anna Tamasauskas, sottoposto giovedì a detenzione amministrativa presso il comando della polizia federale di San Paolo sulla base di un ordine emesso da un giudice di primo grado lo scorso 26 febbraio, ne ha ordinato l’immediata liberazione perché – come recita il provvedimento – «un giudice federale di prima istanza (una giurisdizione di rango inferiore) non ha titolo per rimettere in discussione una decisione sovrana del presidente della repubblica ratificata dal tribunale federale supremo».
Nelle scorse settimane il giudice Adverci Rates Mendes de Abreu del tribunale di Brasilia, pronunciatosi sul ricorso presentato dalla procura generale, aveva ritenuto illegittima la concessione del permesso di soggiorno permanente a Battisti, perché in violazione della nornativa brasiliana sull’immigrazione che impedisce a chi è entrato illegalmente nel Paese con documenti falsi la regolarizzazione amministrativa. Della questione si discusse lungamente all’interno del tribunale supremo federale che ritenne superata la questione perché assorbita dal rifiuto di concedere l’estradizione. Il giudice di Brasilia aveva deciso l’espulsione di Battisti verso la Francia o il Messico, dove questi era vissuto prima di arrivare in Brasile pensando di aggirare in questo modo la decisone sovrana del potere esecutivo di concedere un asilo di fatto. Misura non ritenuta in contraddizione con il rifiuto della estradizione deciso a suo tempo dal presidente della repubblica Ignacio Lula da Silva.
Nel dispositivo, il tribunale regionale federale che ha rimesso in libertà Battisti, istanza superiore a quello locale di Brasilia, riconoscendo il principio dell’habeas corpus, spiega che la decisione presa a suo tempo dal presidente della repubblica può essere sindacata solo da un istituto del medesimo rango costituzionale, come è il tribunale supremo federale, cosa già avvenuta a suo tempo. Non solo, ma il giudice entra nel merito del pronunciamento di nullità del permesso di soggiorno concesso a Battisti rilevando come esso vada contro l’articolo 63 dello Statuto dello Straniero: “non si procederà ad espulsione se questa mette in questione un’estradizione non ammessa dalla legge brasiliana”. Ora, l’estradizione – conclude il magistrato del tribunale regionale federale – non fu ammessa da Lula e cancellata dallo stesso STF, ragion per cui l’espulsione eseguita implicherebbe un’estradizione obliqua, risultando perciò contraria a volontà Lula e STF.
La sentenza, inoltre, ritiene che la messa in esecuzione della eventuale espulsione di Battisti, prim’ancora che si sia pronunciata l’istanza di appello, creerebbe un vulnus poiché susciterebbe una situazione di irreversibilità nel caso in cui la decisione di primo grado venisse smentita in sede di ricorso.
La decisione del fermo amministrativo, come la sentenza che annulla la concessione del permesso di soggiorno pemanente, appaiono sempre più un segnale dello scontro feroce tra potere giudiziario e potere politico, in atto non solo in Brasile ma un po’ in tutta l’America latina, dall’Argentina al Cile, dove si sta vivendo una sorta di stagione che ricorda l’offensiva giudiziaria di “mani pulite”. Una forzatura senza precedenti quella realizzata ieri che rischia però di trasformarsi in boomerang per i nemici di Battisti.
Intanto la notizia del fermo e le voci di una possibile espulsione verso la Francia hanno provocato le prime reazioni, l’ex presidente della repubblica francese Nicolas Sarkozy alla emittente radio Frace info ha dichiarato: «La questione dell’estradizione di Cesare Battisti riguarda anche la società italiana, che deve voltare la pagina di quegli anni terribili».

Sentenza scarcerazione Battisti 1Sentenza battisti 2

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Appena 100 manifestanti sotto l’ambasciata del Brasile a Roma. Quasi tutti militanti di estrema destra. Solo 50 a Milano davanti al consolato. Anche qui solo fascisti. Apena 5 a Firenze. Intanto nuova umiliazione per il ministro Frattini: secondo l’Ue il caso Battisti è «un affare bilaterale tra Italia e Brasile»

Paolo Persichetti
Liberazione
5 gennaio 2011

Attivisti neofascisti protestano sotto l'ambasciata del Brasile a Roma

Non si da pace il ministro degli Esteri Franco Frattini da quando il presidente brasiliano Lula ha negato, nell’ultimo giorno del suo mandato, l’estradizione di Cesare Battisti. Sembra un nuovo Cimabue, quello che una ne pensa e ne sbaglia due. Prima un nuovo ricorso al tribunale supremo brasiliano, poi quando ha capito che l’ipotesi non reggeva ha tirato fuori dal cilindro l’appello al tribunale dell’Aja, per fare cilecca anche qui. Ormai è interminabile la lista degli scivoloni diplomatici, delle brutte figure, delle tirate d’orecchie e dei sonori ceffoni ricevuti dal governo italiano in questa vicenda. L’ultimo incidente si è verificato ieri quando Michael Mann, uno dei portavoce della commissione Ue, ha dovuto precisare che per il diritto internazionale e comunitario il caso Battisti «è una questione essenzialmente bilaterale, non di competenza Ue». Il chiarimento è venuto dopo che la Farnesina aveva fatto circolare la voce di una iniziativa europea per costringere il Brasile a consegnare l’ex militante dei Pac. «E’ il Brasile che deve decidere», punto. Così ha sgomberato ogni dubbio sulla questione l’esponente della commissione. Affermazioni tacciate di «superficialità» da parte del ministero degli Esteri che tuttavia ha dovuto riconoscere la natura «complessa» dell’iniziativa. Affrettato è stato invece l’incontro concesso nella mattinata all’aeroporto milanese di Linate dal premier Silvio Berlusconi ad Alberto Torreggiani. Pochi minuti, il tempo di una foto da utilizzare per la giornata di protesta organizzata sotto l’ambasciata del Brasile a Roma, e di una dichiarazione per le agenzie, «andremo insieme a Bruxelles per una conferenza stampa». Nel pomeriggio si sono tenuti i sit-in di protesta a piazza Navona, dove per un giorno il tradizionale raduno della Befana è stato scacciato dall’arrivo delle tricoteuses. La questura è stata chiamata ad un difficile gioco d’incastro, un autentico rompicapo geometrico per tenere insieme i diversi contestatori di Lula, tutti uniti dall’odio feroce per la persona di Battisti ma divisi su tutto. Un circo Barnum promosso dal movimento della Santaché che sta cercando di lanciare in politica, per racimolare un po’ di voti, Alberto Torregiani, il figlio dell’orefice ucciso per rappresaglia dai Pac per aver a sua volta ammazzato un rapinatore in una pizzeria. Alberto venne ferito durante l’attentato da un proiettile esploso dalla pistola del padre che tentò di reagire all’agguato e da allora è tetraplegico. Davanti all’ambasciata brasiliana saluti romani, tricolori, manifesti che ricordavano Acca Larentia, un radioso Borghezio, slogan del tipo «chi non salta è brasiliano», cartelli con scritto «Lula riprenditi i trans brasiliani e ridacci Battisti». Improvvisamente nei paraggi si è materializzata la preoccupata presenza del senatore Gasparri. Grida di grande astio anche nei confronti di Carla Bruni mentre un manifestante un po’ alterato diceva a chi non lo avesse ancora capito, «so’ nazista e laziale». I pochi esponenti del Pd e Di Pietro sono stati accolti al grido di «buffoni» dai giovani di estrema destra che animavamo la protesta. Silenzio assoluto invece sulla mancata richiesta di estradizione da parte italiana degli agenti della Cia condannati per il rapimento di Abu Omar. Toni simili anche a Milano, in corso Europa, davanti al consolato brasiliano. Un gruppetto di manifestanti raggiunto dal ministro La Russa gridava, «Ridateci Battisti e riprendetevi i travestiti». Insomma contenuti molto qualificati per una giornata che ha ridato vigore all’orgoglio neofascista. Mancava solo la forca esposta in piazza. Il clima era tale che una scritta inneggiante a «Battisti libero» ed alcuni manifesti di Militant hanno suscitato allarme contro una supposta eversione.

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Alcune precisazioni su questa intervista apparsa su “la Repubblica”. Purtroppo le poche righe messe a disposizione hanno dato origine ad alcune inesattezze e qualche ambiguità. Fino ad oggi ho passato (tra prigioni italiane e francesi) più di 12 anni della mia vita in carcere, non 6 come alcuni quotidiani di destra hanno immediatamente scritto (in particolare Paolo Granzotto sul “Giornale” del 3 gennaio). 12 anni di pena effettiva corrispondono, per effetto del calcolo della “liberazione anticipata” (per i profani del sistema carcerario vuole dire una sorta di sconto per buona condotta) a 15 anni di pena maturata.
Da 2 anni e mezzo esco ogni mattino dal carcere per andare a lavorare e vi rientro la sera. Questo regime detentivo prende il nome di semilibertà, o se volete anche “semicarcerazione” (come la storia del bicchiere mezzopieno e mezzovuoto). Questa mezza libertà che inizia con le luci del giorno non è una libertà vera ovviamente. Il semilibero si porta il carcere addosso lungo tutta la giornata. Non può andare dove vuole ma solo dove i giudici hanno stabilito. Ha degli orari ben precisi che deve rispettare, è consegnato sul posto di lavoro come in una sorta di arresti lavorativi, a meno che l’attività lavorativa svolta non imponga degli spostamenti, tutti preventivamente segnalati e monitoriati. Terminato il lavoro deve rispettare una fascia di reperibilità che non gli consente alcun altro spostamento. Gli unici spostamenti ammessi sono dal carcere al lavoro, dal lavoro a casa, da casa al ritorno in carcere. Ogni altro eventuale spostamento al di fuori degli orari preventivamente ammessi non è consentito.
Al momento della mia estradizione dalla Francia 3 delle 4 condanne che mi erano state inflitte erano prescritte. In sostanza il decreto di estradizione firmato dal primo ministro francese nel 1995 non era più valido (il testo riportava in calce come condizione che le pene indicate non fossero prescritte). Di norma una nuova procedura avrebbe dovuto essere riaperta per aggiornare la validità della estradizione. In realtà sono stato consegnato alle autorità italiane perché la procura di Bologna cercava in tutti i modi di spostare le indagini sull’attentato Biagi verso quello che chiamava il “santuario francese”, rivelatasi poi un vero e proprio depistaggio. Una richiesta di “individuazione” e una rogatoria internazionale erano state avviate contro di me. Anche qui il trattato che disciplina le estradizioni tra Paesi europei prevedeva l’attivazione di una nuova procedura di estradizione per i nuovi fatti che mi venivano addebitati. Tutto ciò non avvenne mai. Fui consegnato all’alba del 25 agosto 2002 sotto il tunnel del Monte Bianco senza nuova estradizione, senza possibilità di difendermi, anzi senza nemmeno sapere dell’accusa che m’attendeva in Italia. Per oltre due anni e mezzo sono rimasto indagato nell’inchiesta Biagi, all’inizio in modo occulto, poi formalizzato, per essere alla fine prosciolto. Nei 3 anni successivi mi sonso stati sistematicamente negati i permessi a causa degli articoli e di un libro che avevo scritto nel frattempo. Non è affatto vero, come invece ha scritto Giuseppe Cruciani in una specie di lista di proscrizione dal titolo “Gli amici del terrorista. Chi protegge Cesare Battisti”, Sperling & Kupfer 2010, che i detenuti condannati per reati politici possono usufruire dell’indulto di 3 anni concesso dal parlamento nel 2006. I reati aggravati dall’articolo 1 delle legge Cossiga, che sanziona le “finalità di terrorismo e sovversione dell’ordinamento costituzionale”, nonché alcuni dei reati canonici previsti nel capitolo dei delitti contro la personalità interna dello Stato del codice Rocco (banda armata, associazione sovversiva, attentato contro lo Stato) sono stati esclusi dall’applicazione di questo indulto.


Concetto Cecchio
Repubblica
2 gennaio 2011

PERSICHETTI, come valuta la mancata estradizione di Cesare Battisti?
«Mancata estradizione? Giusto rifiuto. Me ne rallegro. Il Brasile si aggiunge alla lunga lista di Paesi che non hanno accolto le richieste dell’Italia: Grecia, Svizzera, Francia, Gran Bretagna, Canada, Argentina, Nicaragua, e non cito il Giappone perché mi ripugna, visto che ha dato la cittadinanza al neofascista Delfo Zorzi».
L’irriducibile Paolo Persichetti, romano, 48 anni, condannato a 19 anni di carcere per la sua partecipazione alle Brigate Rosse della seconda metà degli anni Ottanta- le Br Udcc – è l’unico terrorista che è stato estradato dalla Francia nel 2002. Aveva trascorso undici anni a Parigi, gli ultimi come ricercatore all’Università. Era sospettato, senza saperlo, dell’omicidio Biagi, accusa che poi cadde. Ma qua è rimasto: detenuto per sei anni. Da due anni è semilibero, a Rebibbia. Collabora con il quotidiano Liberazione.

La motivazione di Lula è che tornando in Italia l’incolumità di Battisti sarebbe a rischio. Lei conosce bene le nostre carceri. Non è una motivazione ridicola?
«Guardi che nelle motivazioni si fa soprattutto riferimento all’aggravamento della posizione di Battisti, che finirebbe in un carcere duro nonostante non commetta reati da 30 anni. Nel giudizio dei brasiliani incide poi anche il fatto che nel loro ordinamento non è prevista la pena dell’ergastolo. Soprattutto guardano a quelle vicende con gli occhi della storia, come da tempo dovrebbe fare anche l’Italia. In questo Paese al contrario si vogliono regolare ancora dei conti in termini giudiziari invece che affrontare gli anni di piombo con un atto di chiusura politica».

Ma Battisti non ha scontato un solo giorno di carcere per i quattro omicidi. Le sembra eticamente sostenibile in uno Stato di diritto?
«Ma tra Italia, Francia e Brasile, ha scontato cinque, forse sei anni. Certo, è una piccola parte rispetto all’ergastolo ma di poco inferiore a quella subita dal suo maggiore accusatore, reo confesso di diversi omicidi e premiato con i lauti sconti di pena previsti dalla legislazione speciale antiterrorismo».

C’è di più: Battisti si è sottratto ai processi, fuggendo prima in Messico e poi in Francia.
«Era un suo diritto. Il diritto ammette la possibilità di sottrarsi altrimenti non esisterebbero i trattati internazionali e bilaterali che regolano la disciplina delle estradizioni tra Stati, prevedendo anche la possibilità di offrire protezione. E poi l’Italia ha un presidente del consiglio che si sottrae da anni ai processi partecipando ai summit internazionali senza che ciò crei scandalo. Perché dovrebbe crearlo Battisti».

Le pare che questa è giustizia?
«Cosa vuol dire giustizia? Battisti è sfuggito alle leggi emergenziali di quel decennio. Le faccio notare che quando, nel 2004, le autorità francesi decisero di estradarlo in Italia lo fecero perché il governo italiano promise loro che gli avrebbe rifatto i processi, visto che le condanne erano state comminate in contumacia. Era chiaramente una promessa di marinaio…»

Infatti Battisti preferì scappare di nuovo, in Brasile. E le vittime aspettano da 30 anni: provi a mettersi nei loro panni.
«Lo faccio spesso. Ho incontrato Sabina Rossa per un’intervista ed è stata un incontro doloroso, difficilissimo, avevo paura di sbagliare un solo aggettivo. Dopodiché non credo che la presenza in carcere di Battisti risarcisca i parenti dal loro dolore. Insisto: questo Paese non sa rielaborare il proprio passato, lo strumentalizza continuamente. Risultato: la piaga rimane sempre aperta».

Che ricordo ha di Battisti?
«L’ho incrociato spesso in Francia, anche se avevamo giri diversi. Un personaggio simpatico, guascone, che viene da una famiglia proletaria. Ho conosciuto anche i suoi famigliari, persone oneste che si sono sempre ammazzate di fatica. Cesare era un ragazzo ribelle, che poi ha politicizzato la sua ribellione, come tanti di quella generazione. In ogni caso una estradizione non si decide sulla base della simpatia o antipatia (reale o costruita dai media). Per questo l’Italia perde sempre».

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Scontro instituzionale ai vertici della repubblica federale del Brasile. L’avvocatura generale dello Stato rende noto il suo parere contrario alla estradizione di Cesare Battisti e sostiene che il trattato di estradizione tra Brasile e Italia consente al presidente Lula di assicurare l’asilo politico a Battisti, indipendentemente dalla decisione della Corte suprema che si era pronunciata in favore della estradizione, a patto che la pena dell’ergastolo fosse commutata ad una pena non superiore ai 30 anni di reclusione (cosa che l’Italia non ha mai fatto). Per tutta risposta Cesar Peluzo, presidente del Supremo tribunale federale, si è detto pronto ad impugnare la decisione del presidente della repubblica se questa fosse contraria alla estradizione di Cesare Battisti per valutarne la conformità con il trattato bilaterale di estradizione tra Brasile e Italia. Il presidente del Stf sarebbe intenzionato a sollevare un conflitto di attribuzione dei poteri di decisione finale con la presidenza della repubblica. Fatto senza precedenti. Sarebbe questo il retroscena che spiegherebbe le ragioni dell’incontro tenutosi oggi pomeriggio, ore 15 brasiliane (18 italiane) tra Lula e Peluzo e l’avvocato generale dell’Unione, Luiz Inacio Adams, e il ministro della Giustizia Luis Paulo Barreto. Incontro che secondo le ultime indiscrezioni farebbe slittare a domani l’annuncio ufficiale della decisione di Lula.


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