Marina Petrella ricoverata in ospedale ma sempre agli arresti

Vince (per ora) il “falco” Rachida Dati. Il ministro della giustizia francese fa resistenza.
Disposto il ricovero in clinica di Marina Petrella a causa delle sue gravi condizioni di salute,
ma sempre agli arresti

Paolo Persichetti

Liberazione 24 luglio 2008


Di fronte all’aggravamento delle condizioni di salute di Marina Petrella, l’ex brigatista su cui pende un decreto di estradizione verso l’Italia, il governo francese ha deciso ieri il suo trasferimento in extremis presso l’ospedale Saint-Anne di Parigi. vendredi_28_mars_2
Alla fine della scorsa settimana i medici che l’avevano in cura nel centro clinico del carcere di Fresnes hanno denunciato la presenza di rischi per la sua vita, ormai ridotta a pesare soltanto 39 chili e nutrita per via indovenosa.
Nel primo pomeriggio erano circolate voci anche su una sua contemporanea scarcerazione, richiesta – a quanto sembrava da fonti ufficiose – dallo stesso Sarkozy nel corso del consiglio dei ministri tenutosi nella mattinata. Ma alla fine della giornata gli uffici del ministero della Giustizia ribadivano il suo stato detentivo. Il professor Rouillon, primario del servizio medico che ha accolto l’esule italiana, aveva offerto la propria disponibilità a curarla solo a patto di una sua scarcerazione.

Ora non è molto chiaro cosa accadrà. Tutte le perizie mediche concordano, infatti, sulla presenza di una sua incompatibilità con il perdurare dello stato detentivo. Il ricovero in ospedale della Petrella suona in ogni caso come una bruciante smentita per i falchi del governo, rappresentati dalla guardasigilli Rachida Dati che solo il giorno prima aveva ribadito la “linea della fermezza”, sostenendo che la rifugiata non sarebbe stata trasferita in una struttura ospedaliera esterna perché in carcere era «curata bene e il suo pronostico vitale non è a rischio». Il ricovero in un «ambiente non carcerario», richiesto con insistenza dai medici curanti, è probabilmente una scelta di compromesso tra le diverse sensibilità presenti nell’esecutivo che in questo modo tenta di guadagnare tempo. Intanto però cresce la pressione pubblica in favore della scarcerazione della rifugiata. Dopo una lunga serie di prese di posizione della stampa “femminile” con tirature altissime ( Elle, Marieclaire e altre), anche l’associazione delle “assistenti sociali” (lavoro svolto dalla Petrella nel comune di Argenteuil) si è pronunciata contro la sua estradizione. L’opinione pubblica francese non capisce come il presidente della repubblica possa aver offerto asilo politico a esponenti delle Farc (movimento guerrigliero colombiano in attività) e poi voglia spedire all’ergastolo un’ex militante per fatti di 30 anni prima.
Questo timido passo in avanti, come la lettera al presidente Berlusconi, rafforza la sensazione che stia emergendo in qualche modo un diverso atteggiamento da parte del presidente Sarkozy, che da ministro degli Interni e candidato alle presidenziali aveva fatto dello smantellamento della dottrina Mitterrand uno dei suoi cavalli di battaglia. Ormai consolidato nel suo ruolo di presidente della repubblica diventa sempre più difficile dover gestire le reiterate richieste d’estradizione provenienti dall’Italia, di fronte alla trentennale distanza che separa i fatti contestati dall’esecuzione di pene sovradimensionate. La vera anomalia è la persistente volontà di cui fa mostra lo Stato italiano di non chiudere politicamente la vicenda degli anni 70 come solitamente accade alla fine di ogni aspro conflitto sociale.

La veritable impunité c’est le repentir, c’est à dire l’impunitè d’Etat!

Paolo Persichetti: La justice italienne ne sera pas tendre avec Marina Petrella

par Maguy Day
Mediapart
17 luglio 2008

Premier réfugié italien à être extradé en 2002 après onze ans passés en France en toute légalité, Paolo Persichetti, ancien militant de l’Union des communistes combattants (Udcc), était enseignant en sciences politiques à Paris VIII quand il fut enlevé et extradé en 2002, sur décision du gouvernement Raffarin, au mépris de la parole donnée au nom de la France par François Mitterrand puis par Lionel Jospin depuis le milieu des années 1980.

Que pensez-vous des déclarations de Nicolas Sarkozy selon lequel «dans le droit italien, et le droit ça compte, pour avoir le droit au pardon et à la grâce il faut se repentir, que Mme Petrella réfléchisse à ça» (Propos de Nicolas Sarkozy à Strasbourg le 10 juillet 2008)?
Je m’étonne qu’un pays comme la France si attaché à la laïcité, et qui a légiféré sur les signes religieux ostentatoires dans l’espace scolaire, utilise, par la voix de son président, le terme de pardon, à connotation éthico-religieuse. Une notion qui devrait rester confinée au domaine privé et au for intérieur de chaque individu. Quant aux termes «demande de pardon», «expression de regrets» ou encore «repentir» en Italie, ils ont acquis un sens et une portée particulière qu’il est important d’expliciter. Dans la loi italienne, le «ravvedimento», synonyme de «repenti», est prévu uniquement en cas de liberté conditionnelle. Il n’est pas requis pour les autres mesures d’aménagement des peines telles que les permissions, la semi-liberté ou les remises de peines. De toute façon, et uniquement en cas de libération conditionnelle, les juges cherchent à établir s’il y a eu un parcours de «rééducation du passé déviant» avec absence de dangerosité sociale. Ainsi ce type de «repentir» n’entre même pas en ligne de compte pour la concession d’une grâce. Selon une jurisprudence de la cour de
cassation, le «pardon» ne doit en aucun cas être une posture psychologique ou idéologique du condamné. Il est en revanche lié à son comportement durant l’exécution de sa peine dans la mesure où il fournit la preuve d’une critique de ces choix de vie passés. Le «repentir» et le «pardon» renvoient dans les religions monothéistes à de longs processus de «contrition» personnelle. La transformation de cette pratique en «marché des indulgences» et des «péchés de simonie» fut un des thèmes théologiques qui provoquèrent la réforme de Martin Luther au XVe siècle. Or l’Italie comme la France semblent vouloir suivre cette voie. Pourtant, le droit moderne est issu d’une nette séparation entre responsabilité et culpabilité. Il s’attache à des comportement factuels externes, mesurables et vérifiables par tous, comme celui de Marina Petrella ces 27 dernières années.
Et surtout, désormais en Italie, le terme «repenti» a pris une tout autre signification après l’élaboration des lois spéciales en 1979, usurpant celle jusqu’alors utilisée. En 1979, un mécanisme de réduction de peine expressément lié à une collaboration procédurale est apparu dans le système pénal italien, appelé «collaboration judiciaire» qui est en fait une «acquisition d’impunité». Cet accord permet à un homme de se transformer en délateur rejetant la responsabilité pénale sur d’autres qu’il accuse et qui eux refusent ce marché. Il est arrivé à de multiples reprises que des prisonniers ou des réfugiés italiens expriment leurs condoléances pour la souffrance infligée, sans pour autant accepter un tel marchandage. Leurs postures restent incomprises, alors que se multiplient ces «collaborations» pénales. De plus, au lendemain de la décision de Bolzaneto [suite aux événements du sommet du G8 à Gênes en 2001], qui entérine l’impunité de l’Etat vis-à-vis de la torture, un délit qui n’existe pas en Italie, il devient difficile de discuter de la question de la douleur, si pour un camp elle n’est pas reconnue.

Premier réfugié italien extradé en 2002 par le gouvernement français, vous bénéficiez aujourd’hui d’un régime de semi-liberté. Marina Petrella pourrait-elle en bénéficier si la France persiste dans sa volonté de l’extrader ?
Pas du tout. D’abord parce que Marina qui a déjà passé huit ans derrière les barreaux en Italie et onze mois en France s’est vu
refuser une confusion des peines. Donc, une fois en Italie, elle devra recommencer sa peine depuis le commencement jusqu’à
perpétuité. De zéro à l’infini. Selon les lois en vigueur et puisqu’elle a été condamnée à la perpétuité, elle devra attendre dix
ans avant d’envisager de déposer une demande de permission de 45 jours par an. Habituellement, elles sont accordées quelques années après, soit vers la quinzième année. Le régime de semiliberté ne peut être demandé qu’après la vingtième année. Pour cette femme de 54 ans, mère de deux enfants, c’est pratiquement une condamnation à mort.
Sans compter que le président de la commission justice au sénat, Filippo Berselli, du parti alliance nationale (ex-fascistes) a
déposé un projet de loi, discuté en septembre 2008, qui prévoit la fin des aménagements de peine et en particulier pour les condamnés à perpétuité. Le régime de semi-liberté et celui de la libération conditionnelle, qui peut être demandée après 26 ans derrière les barreaux, risquent d’être supprimés. Marina Petrella ne pourra alors bénéficier des remises de peines qui ont été concédées dans les années 1990 aux autres prisonniers politiques, en lieu et place de l’amnistie.

En quoi consiste votre quotidien depuis votre récente mise en semi-liberté ?
C’est une vie normée par les interdits. Les rencontres, la vie sociale, les trajets sont circonscrits. C’est une vie chronométrée. Je quitte la prison à 7h00 du matin pour y retourner à 22h30. Entre les deux, je dois être à mon domicile pendant certaines tranches horaires. Puis je dois me rendre sur mon lieu de travail et ne pas m’en éloigner. Je me déplace avec mes livres, mes documents qui, d’ailleurs, m’ont été volés hier dans le coffre de mon scooter. Mais au moins je ne suis pas rongé par l’inactivité forcée, l’oisiveté intellectuelle et physique incontournables dans le système carcéral.

Que cachent ces procédures d’extradition relancées entre l’Italie et la France ?
Après l’attentat mortel contre Marco Biagi, conseiller du gouvernement italien tué en mars 2002 par un nouveau groupuscule reprenant le vieux logo des Brigades rouges-Pcc, les autorités italiennes étaient à la recherche d’un coupable. Plus tard, au printemps 2003, les pièces de la commission rogatoire internationale, demandée par la justice italienne et réalisée par la division nationale anti-terroriste (Dnat) sous la direction du juge Bruguière, ont montré qu’à l’été 2002 la magistrature de Bologne et l’antiterrorisme italien ont sollicité les autorités françaises afin qu’elle me repère et m’arrête dans le cadre de l’enquête Biagi et non pas pour le vieux décret d’extradition. Finalement, l’extradition ne portait pas sur les faits de 1987 pour
lesquels j’avais été acquitté une première fois en 1989, et puis condamné en appel à 22 ans et 6 mois. Ces faits-là étaient partiellement prescrits. Et comme le précisait le décret signé par le premier ministre Edouard Balladur en septembre 1994, l’extradition était engagée «pourvu que les condamnations ne soient pas prescrites». Manifestement le décret n’était plus valable. Pour m’extrader il fallait faire une nouvelle demande d’extradition pour la seule peine qui était encore en vigueur… Ils ont préféré régler l’affaire autrement… sous le tunnel du Mont-Blanc où j’ai été livré comme un colis. A en croire les autorités italiennes, les attentats de 1999 et 2002 étaient le résultat de l’action déstabilisatrice des exilés parisiens qui, sous couvert de la doctrine Mitterrand, auraient installé un véritable sanctuaire de la lutte armée dans la capitale française. Le montage était politiquement bien soigné puisque l’attaque portait contre deux personnages connus pour s’engager pour une amnistie des réfugiés italiens : Oreste Scalzone et moi-même. En effet, avec l’exportation de l’enquête Biagi en France, l’Italie pouvait finalement régler ses comptes avec la doctrine Mitterrand et les tenants de l’amnistie. Le paradoxe de toute l’affaire, c’est que ni Scalzone ni moi-même n’avons fait partie des Brigades rouges-Pcc. On nous a collé une identité politique qui ne nous appartenait pas. L’enquête à mon encontre concernant Biagi a été classée en novembre 2004 par un non-lieu prononcé car «l’hypothèse même de l’accusation n’avait pas de fondement». Cela n’a de facto rien changé à mon parcours pénitencier bien compromis par une rentrée en Italie marquée par une accusation très lourde pour les faits des années 80. J’ai obtenu un régime de semi-liberté non pas à la moitié mais presque aux deux tiers de la peine. Ce qui est encore plus grave, ce sont les motivations des rejets qui, pendant quatre ans, ont marqué mes demandes. A plusieurs reprises le juge d’application des peines (Jap) s’en est pris à mon livre Exil et châtiment dans lequel je racontais les dessous de l’extradition et contre mes articles publiés dans la presse, remettant en question mon droit de libre parole et ma liberté de pensée. Les mêmes sujets qui, en France, m’avaient permis d’accéder au doctorat et d’enseigner à l’Université avaient pour le Jap italien un contenu criminel très dangereux. Mes liens avec les professeurs de Paris VIII étaient considérés comme la preuve de «contacts avec des milieux influents» qui auraient pu me soutenir dans la fuite. Seul mon transfert à Rome et le changement de Jap m’a permis en janvier 2008 de sortir une première fois en permission et le 31 mai 2008 d’être remis en semi-liberté.

Qu’est-ce que l’Italie a retenu de ces «années de plomb»?
Je ne voudrais pas donner l’impression de me soustraire à l’attention et au respect que demandent les familles endeuillées à la suite d’actions politiques réalisées par des groupes de la gauche révolutionnaire dans les années 1970. Mais alors que chaque camp pleure ses morts, on assiste aujourd’hui à une victimisation sélective. De 1945 à 1969, près de 200 manifestants, grévistes, occupants de terres ou d’usines, étudiants, ouvriers ou paysans ont été tués par les forces de police dans des opérations de rétablissement de l’ordre public. Ces crimes restent impunis à ce jour. Ce n’est pas pour rien que le parti communiste italien demandait alors le désarmement des forces de police en charge des manifestations publiques. La violence politique a été une pratique de l’Etat italien qui a contribué à structurer le conflit socio-politique. Elle n’a pas été introduite par la gauche. A partir de 1969, et pendant une décennie, les attentats néofascistes sur les places, dans les gares et les trains ont fait des centaines de morts. Il a été démontré que les services secrets italiens et les néofascistes étaient impliqués. Et là encore, ces crimes sont restent en grande majorité impunis. Le premier homicide politique de gauche du commissaire Calabresi a eu lieu en 1972. Et c’est seulement en 1976 que les Brigades rouges ont choisi de passer à ce type de stratégie. Il faut avoir à l’esprit ce climat pour comprendre et expliquer la violence politique de la gauche italienne et des militants qui ont hérité du poids de tous ces morts. Ce contexte est aujourd’hui totalement oublié et on tend à décrier ces années comme une crise de violence folle et aveugle provenant de la seule extrême gauche. De plus, durant cette période, la répression pénale a atteint des records. Entre 1970 et 1989, si l’on additionne les peines de prisons infligées pour des faits liés à la violence politique, on atteint 50.000 années. La génération qui avait 20 ans dans les années 1970-80 est la plus sanctionnée de l’histoire de l’Italie depuis l’unification de l’Etat en 1861. Dans le camp de la gauche, 4.087 militants ont été condamnés pour «des actes liés à des tentatives de subversion de l’ordre constitutionnel», appartenance à des «as- sociations subversives» ou pour «constitution de bandes armées». Sur les 1.337 personnes condamnées appartenant à la «famille» des Brigades rouges, en activité pendant 18 ans, 70% des inculpés étaient des ouvriers, des employés du tertiaire ou des étudiants. Comme le montrent les chiffres, une bonne partie des inculpés sont des militants originaires des villes du Sud qui au lendemain de la guerre sont venus travailler dans les centres industriels du triangle Turin, Milan, Gênes. Cette vague de migration, qui se prolonge jusqu’au début des années 1970, donne naissance à un nouveau type d’ouvriers, très radicalisés (ainsi durant «l’automne chaud» de 1969 et les événements de 1972-1973), et plus tard à une constellation de jeunes «enragés», issus du prolétariat des banlieues, qui accèdent en masse à l’instruction supérieure après 1968.

D’autres pays ont-ils accueilli des réfugiés italiens? Ont-ils pratiqué des extraditions?
En effet, mis à part la France, le Brésil, le Nicaragua, l’Argentine, la Grece et le Canada ont également accueilli des militants d’extrême gauche. Seule l’Algérie a livré à la justice italienne les deux militants de gauche qui se trouvaient sur son territoire. Ceux d’extrême droite ont été accueillis par la Grande-Bretagne, avec une forme équivalente de la doctrine Mitterrand qu’on pourrait appeler la «doctrine Thatcher». Les autorités judiciaires et politiques britanniques ont refusé d’extrader ces militants, appliquant la même politique tenue par la France durant la même période, mais cela n’a pas provoqué de débat ou polémique, que ce soit en Italie ou en Europe. Une fois les condamnations prescrites, ces hommes sont rentrés en Italie. Le Liban, le Japon, l’Espagne de Franco puis l’Espagne démocratique et les dictatures sud-américaines ont également accueilli plusieurs de ces militants. Et le leader d’extrême droite, Roberto Fiore, de Forza nuova, est même député au parlement européen.

Peggiorano le condizioni di salute di Petrella

Marina sta male e non può stare in carcere

Liberazione 1 luglio 2008

Paolo Persichetti

Le condizioni di salute di Marina Petrella, l’ex brigatista rinchiusa nelle carceri parigine dall’agosto 2007, tornano a far discutere la stampa francese. Dopo la firma del decreto di estradizione ( Liberazione 11 giugno), la fuoriuscita italiana condannata all’ergastolo e riparata in Francia nel 1993 sotto la protezione della dottrina Mitterrand, è stata nuovamente ricoverata nell’ospedale psichiatrico di Villejuif per essere trasferita nei giorni scorsi presso il servizio medico-psichiatrico di Fleury Merogis. FRANCE-ITALY-JUSTICE-REDBRIGADESNell’edizione in edicola ieri, sia Libération che le Monde hanno dedicato ampio spazio alla vicenda, riportando stralci delle perizie mediche che descrivono «uno stato depressivo gravissimo», traversato da «una crisi suicidaria sincera» assolutamente «incompatibile con la detenzione». La Petrella definisce la sua cella una «camera mortuaria» e ripete che a questo punto la sua morte «è l’unico regalo d’amore che potrò fare alle mie figlie perché permetterà loro d’elaborare finalmente il lutto» che il carcere a vita impedirebbe. Intervistato, Louis Joinet, l’architetto della dottrina Mitterrand, spiega che ovunque nel mondo «la maggior parte dei processi di ritorno alla pace o alla democrazia comportano un margine d’impunità e passano per una amnistia». In Italia gli anni erogati e scontati raggiungono la cifra di 50mila. Ancora troppo pochi? Lo stato di salute della Petrella e l’opportunità di curarla fuori dal carcere erano già stati evocati dalla signora Carla Bruni-Sarkozy in una intervista apparsa il 20 giugno sempre su Libération. Dando prova di una inattesa apertura, la prima donna di Francia aveva risposto a una precisa domanda sulla sorte da riservare ai rifugiati italiani sfuggendo i tradizionali cori giustizialisti che ormai echeggiano su entrambi i versanti delle Alpi.
«Il diritto d’asilo deve essere rispettato per tutti i rifugiati. Ma i terroristi sono da considerarsi tali?». L’interrogativo per nulla retorico segnalava, in realtà, la mancanza di unanimità all’interno dello stesso governo. Nei mesi scorsi l’entourage del primo ministro aveva più volte lasciato filtrare la presenza di forti perplessità sulla vicenda. Pare che lo stesso François Fillon fosse contrario alla firma del decreto ma piuttosto incline ad archiviare la procedura, sulla falsa riga di quanto in passato avevano fatto gli altri governi di destra come di sinistra.
Sembra che il primo ministro si sia dovuto inchinare alla volontà dei falchi dell’Eliseo solo dopo l’ultimo vertice italo-francese, svoltosi il 3 giugno a Palazzo Chigi. Mentre lo staff tecnico del governo italiano preparava gli strumenti normativi per salvaguardare l’immunità penale del nostro presidente del Consiglio, Berlusconi chiedeva al presidente francese garanzie certe sulla consegna di Marina Petrella. I ben informati dicono che in quella sede Sarkozy abbia fatto la sua scelta definitiva. In cambio di quali decisive contropartite ancora non è chiaro. Il presidente francese, si sa, è politico pragmatico, non dà nulla in cambio di nulla. Quanto alle strategie dell’esecutivo italiano, dopo che il ministro della giustizia Alfano ha richiamato nel suo cabinetto gli stessi funzionari che lo avevano retto durante i 5 anni della gestione Castelli, nulla lasciava dubitare che vi sarebbe stato un rilancio delle richieste d’estradizione. Agitare il “fantasma della lotta armata” si è rivelato un investimento politicamente redditizio.

Lettera da Parigi della figlia di Marina Petrella

L’asilo di fatto, le scelte, la memoria e la necessità di far cambiare idea alla Francia: “Vi racconto perché mia madre, Marina, non deve essere estradata”

 

Elisa Novelli Petrella
Liberazione
11 giugno 2008

Sono la figlia di Marina Petrella. Vorrei raccontarvi qualcosa su mia madre. petrella1Vorrei provare a dirvi cosa rappresenta la negazione della ricostruzione di un essere umano. Dobbiamo parlare di ricostruzione, visto che Marina non è uscita dalla sua storia politica nello stesso modo in cui ci è entrata. È successo un po’ più di 25 anni fa, quando già il vento della lotta armata cominciava ad andare via, quando i rumori metallici della notte tuonavano sempre più vicino, dopo che alcuni, quelli che poi sono stati chiamati “pentiti”, incominciavano a barattare delle riduzioni di pena in cambio di denuncie e delazioni, fu allora che la storia politica di mia madre è incominciata a finire. Erano i primi anni ’80. Dopo aver capito che le sue speranze di cambiare il mondo andavano incontro alla sconfitta e che l’impegno politico tenuto fino allora non poteva più continuare allo stesso modo, Marina decise di non fermare la sua vita, ma che dal suo percorso sarebbe potuta nascere una nuova storia. Questa nuova storia è incominciata con me che ho scelto per nascere una calda giornata di agosto dentro una prigione speciale, in pieno articolo 90. Solo chi ha vissuto questa esperienza può capire l’immane volontà che serve per essere madre, dare al mondo e crescere una figlia tra le sbarre di un carcere. Solo chi è consapevole di questa prova può capire quanto questa scelta non sia una fuga nel personale, una soluzione egoista ma che sia la rappresentazione fisica di un pagina voltata. Questo è stato il suo modo per affermare che iniziava un nuovo percorso di vita, un diverso impegno sociale. Ed è anche grazie a questo nuovo stato di cose che otto anni dopo le è stato vendredi_28_mars_5permesso di uscire dal carcere e di essere libera fino al verdetto della Cassazione del 1993. Già a quell’epoca Marina non era più quel soggetto pericoloso dipinto dai media al momento del suo nuovo arresto. Ma l’Italia dimentica presto. Meglio ricorda solo quel che vuole. Seleziona la memoria. La Francia di Mitterand cercando di favorire una pacificazione del conflitto italiano degli anni ’70 ha accolto numerosi ex attivisti di quel periodo. I governi di sinistra come di destra hanno rispettato questo asilo di fatto. A noi, figli di quei rifugiati, è stato permesso di crescere, di vivere, di avere anche nuovi fratelli e sorelle. L’esilio c’è stato malgrado le contraddizioni, malgrado le incertezze di una vita difficile, precaria in attesa di un asilo. Un asilo che esprimeva una speranza di una vita nuova. Dal nulla di un “fine pena mai” che Marina aspettava in Italia è nata nel 1997 mia sorella. Una bambina francese che ora vede quel paese che gli ha dato una nazionalita ricacciare sua madre nel pozzo del carcere a vita. Da quel 1993 quindici anni sono passati. Quindici anni da quando un treno ci ha portato alla Gare de Lyon. Quindici anni da quando i nostri passi si sono mischiati a quelli dei nostri migranti d’inizio secolo. Anche speranzosi di una vita che non fosse la galera della miseria. Perché questo “pezzo” di tempo, che ha permesso di cambiare il loro impegno politico in un impegno sociale, non è più che legittimo per chiedere asilo? Perché non è ora di girare la pagina di questa storia, per permettere a noi nuove generazioni di avere un vero futuro e consentire a quelle persone come mia madre di vivere la seconda chance che gli è stata data? A venticinque anni di distanza dai fatti imputati, quindici anni dopo l’esilio, un nuovo primo ministro francese ha deciso che bisognava rimangiarsi la parola data da tutti i suoi predecessori. Il governo francese ha deciso di estradare mia madre, di cancellare la sua vita in Francia e di rinchiuderla non solo in un carcere ma di fare del passato la sua prigione. La Francia ha deciso tutto questo cedendo al populismo penale, all’ossessione sicuritaria ad una voglia di vendetta infinita che ha perso il significato della speranza. Il primo ministro ha deciso che la vita di mia madre doveva fermarsi. Ma quindici anni di esilio di fatto creano dei diritti e noi non lasceremo la Francia deresponsabilizzarsi dalla sua storia e cultura.

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Sono nata in un carcere speciale agli inizi degli anni 80: adesso voglio capire

Marina Petrella sarà estradata. Addio alla dottrina Mitterrand

In passato le autorità di Parigi avevano più volte rifiutato di attivare la procedura richiesta dall’Italia

Paolo Persichetti

Liberazione 11 giugno 2008

Il primo ministro francese Fillon ha firmato il decreto d’estradizione verso l’Italia di Marina Petrella, la fuoriuscita italiana arrestata dopo essere stata convocata in un commissariato della periferia parigina lo scorso agosto per una condanna afficherifugiatifamiglie1 all’ergastolo legata alla sua militanza nelle Brigate rosse durante gli anni 70. La notizia è stata battuta dalle agenzie lunedì in tarda serata.
Le parole degli Stati sono come le foglie morte che si lasciano trascinare dalla direzione del vento. Non più parole date ma parole vuote. Questo deve aver pensato Marina quando lunedì mattina si è vista notificare il decreto nella matricola del carcere di Fresnes. 
La firma è arrivata dopo che per mesi le autorità parigine non facevano più mistero dell’imbarazzo che aveva suscitato la vicenda nelle stanze del governo. Di fronte alla Chambre e alla corte di Cassazione, che nei mesi scorsi hanno concesso il loro parere favorevole sulla conformità giuridica della richiesta d’estradizione, si era dissolto il maldestro tentativo con il quale l’allora presidente del consiglio Prodi e il suo guardasigilli Mastella avevano tentato di accreditare la cattura di una pericolosa latitante in attività. Altri non avevano esitato a richiamare il principio della certezza della pena, di quelle che almeno non sono andate prescritte nel frattempo. Evidentemente si percepiva un deficit di legittimità a distanza di tanti decenni. Per questo si è scelto di aggiornare le richieste d’estradizione ricorrendo ad ogni tipo d’espediente: congelando la personalità dei militanti di un tempo, avvalorando l’idea che l’essere non sia più un divenire ma un semplice essere stato, cristallizzato e fossilizzato.
 Marina Petrella, invece, lavorava da anni per i servizi sociali del comune d’Argenteuil, si era risposata e aveva dato alla luce una seconda figlia che oggi ha 11 anni. Inoltre non era fuggita dall’Italia come una clandestina, ma aveva lasciato il paese quando si era arenata l’ipotesi di una soluzione politica per le “insorgenze” degli anni 70. Aveva già scontato otto anni di carcere, partorito e allattato la sua prima figlia nella sezione speciale del carcere femminile di Rebibbia. 
La reticenza con la quale i consiglieri giuridici del governo francese avevano cominciato a guardare questo dossier si era rafforzata dopo l’improvviso crollo delle sue condizioni di salute. Ricoverata ad aprile nell’ospedale psichiatrico di VilleJuif (sud di Parigi), su richiesta urgente della direzione del carcere, a seguito di un grave stato 24-decreto-estr-petrella1di degradazione psico-fisica constatato dagli stessi periti nominati dal governo, Petrella è rimasta otto settimane in completo isolamento, in una “cella liscia” (assolutamente  spoglia). Per tutto questo tempo non ha avuto contatti con l’esterno (divieto di colloqui con i familiari e di ricevere corrispondenza), salvo le visite del suo avvocato, Irène Terrel.
 Le sollecitazioni politiche arrivate dall’Italia, dopo l’insediamento della Destra vittoriosa nelle elezioni del 13 aprile hanno probabilmente convinto le autorità francesi che era venuto il momento  d’abbandonare ogni perplessità. Il suo avvocato ha già depositato un ricorso sospensivo della esecuzione dell’estradizione di fronte al Consiglio di Stato che fa leva sulla violazione del principio di irretroattività giuridica. In passato le autorità di Parigi avevano più volte rifiutato di attivare la procedura d’estradizione nei suoi confronti, e dunque ne avevano legittimato la presenza sul suolo francese del tutto consapevolmente. Altro punto sollevato è quello del tempo irragionevole intercorso tra i fatti addebitati e l’esecuzione penale della sentenza, oltre 30 anni di distanza. 
Ma nel frattempo le condizioni psicologiche della Petrella si sono ulteriormente aggravate. Dimessa il 31 maggio per esser ricondotta in carcere, la direzione dell’istituto di pena ne ha chiesto un nuovo immediato ricovero. Tutti i medici che l’hanno visitata concordano, spiega sempre la Terrel, che si è di fronte ad una “grave tendenza suicidaria” provocata da una “caduta di spirito vitale”, una sorta di sciopero della vita di fronte alla prospettiva dell’ergastolo. I periti hanno constatato uno stato psicologico “posseduto dall’immagine del seppellimento”, dall’insopportabile idea di una morte senza lutto che si presenterebbe ogni settimana di fronte alle proprie figlie venute a rendergli visita. Quelle figlie che senza possibilità di scelta vedono la loro vita incagliata all’unico passato giudiziario e penale che non passa, momento imprescrittibile di una storia d’Italia che ha volentieri sotterrato e tuttora ingoia nell’oblio eccidi, massacri, ruberie. Un paese che ha dato forma ad un singolare paradosso: non ha conservato la memoria degli anni 70 ma è stata incapace d’oblio. Alla memoria storica svuotata dei fatti sociali ha sostituito la memoria giudiziaria, all’oblio penale ha sovrapposto l’oblio dei fatti sociali. 
L’applicazione della clausola umanitaria, viene sottolineato nel ricorso, postilla acclusa in calce per volontà dello stesso Stato francese alla convenzione sulle estradizioni del 1957 che ha vigenza legale sul periodo in cui sono stati commessi i fatti contestati, rimane dunque l’extrema ratio di questa vicenda. I famigliari dei rifugiati italiani ed i diversi collettivi di sostegno hanno indetto una manifestazione per oggi in una piazza parigina a supporto di questa richiesta. Certo è che di quella dottrina Mitterrand che aveva tentato di offrire all’Italia delle forme d’uscita dalla spirale del confronto violento, leggendo quel che accadeva come un lacerante conflitto sociale, una latente condizione di guerra civile e non una immotivata e cieca violenza, è rimasto ben poco. Alla fine la zattera dei rifugiati, riparo precario d’esistenze sospese, è rimasta senza approdo davanti al porto della sua Itaca immaginaria.

Il Merlo, il Dissociato e il Fuoriuscito

Basta con il livore verso i fuoriusciti è ora di fare la storia degli anni 70

Paolo Persichetti
Liberazione
, venerdì 2 febbraio 2007

Apparso anche su www.carmillaonline.com

Francesco Merlo, su la Repubblica del 18 gennaio, scrive peste e corna dei fuoriusciti riparati in Francia. Li raffigura simili ad 19-il-merlo-e-il-dissociato-jpg un circo Barnum e, come in un mattinale della questura, s’inventa pure un fantomatico dibattito tra ‘uscisti’ ed ‘entristi’ della lotta armata. Soprattutto prende di petto Oreste Scalzone, che dopo trent’anni ha avuto reati e condanna prescritti. Il suo è un minestrone di parole che ammucchiano colore, gossip, dicerie, fandonie, pregiudizi. Ce l’ha persino col loro modo di parlare. L’argot inevitabile d’ogni migrante che ha dovuto apprendere la nuova lingua per necessità. Ma poi aggiunge che alcuni tra loro pubblicano libri, fanno ricerca universitaria, aprono librerie e negozietti, senza rendersi conto della contraddizione. Ha da ridire anche sul fatto che non vestono Prada e si meraviglia di come si possa campare ventisei anni di espedienti, cioè di precariato. Domanda interessante, questa, che dovrebbe rivolgere ai cantori nostrani della deregolamentazione del mercato del lavoro.

images9Chi vede Parigi dagli appartamenti dei grandi boulevards, e guadagna con un solo articolo il corrispettivo di quattro stipendi da operaio e otto da precario nei call center, è preso d’angoscia di fronte ad una simile prospettiva e percepisce i marciapiedi delle città, il caldo maleodorante del suo reticolo sotterraneo di vie ferrate, come un’insidia dura e ingenerosa. Dante parlava dell’esilio con parole molto amare: «tu lascerai ogni cosa diletta/ […] Tu proverai sì come sa di sale/ lo pane altrui, e come è duro calle/ lo scendere e ’l salir per l’altrui scale». Sarà che ognuno fa le sue esperienze, saranno le diavolerie della tecnologia, ma a Parigi ci sono tanti ascensori e infinite scale mobili e poi ad esser salato è il burro, non il pane. Insomma, se la città la vivi dai sottotetti dei quartieri popolari e multietnici, quella durezza diventa generosità, solidarietà, complicità naturale, intreccio di vite che arrivano da mille angoli del pianeta, ognuna con la sua valigia di storie. Scalzone, e altri come lui, tutto questo l’hanno vissuto sempre al presente, senza nostalgie, senza rimpianti e con le radici che ormai crescevano all’insù.

Sarà forse solo una lontana parentela, ma le parole di Merlo ricordano quelle di un giornale pubblicato a Parigi con le finanze dell’Ovra, la famigerata polizia politica di Mussolini. Era rivolto alla folta comunità di emigranti italiani e s’intitolava, guarda caso, il Merlo. La sua ragion d’essere era la calunnia quotidiana dei fuoriusciti antifascisti. copj13-1Immorale è il viaggio quando si rimane stranieri, ha scritto tempo fa Claudio Magris. E stranieri i fuoriusciti non lo sono mai stati. La nostalgia è stata quella degli altri, come racconta Milan Kundera, anche lui un tempo esiliato. Nóstos e Àlgos sono parole greche che indicano «ritorno» e «sofferenza». Nostalgia è dunque la tristezza che provoca l’impossibilità di tornare. Ma in altre lingue l’etimologia è diversa e trae origine dal latino ignorare. In questo caso, la nostalgia si esprime come «sofferenza per l’ignoranza» di non sapere quel che accade lontano da noi. Ma Scalzone, in tutti questi anni, non ha avuto il tempo di rimpiangere e ignorare proprio nulla, come Ulisse nell’alcova di Calipso. Coinvolto tra mille incontri e scoperte in tutte le battaglie della nuova modernità liquida, come la chiama Zygmunt Bauman: migranti, senza tetto, giovani delle banlieues, precari, altermondialisti, scioperi come quello generale del ’95, mentre a casa sua facevano tappa musicisti, poeti, teatranti e giramondo, scappati e scampati da magistrature, eserciti e polizie di mezzo mondo, compreso qualche fascista gravemente ammalato e un democristiano ricercato. Per farsi aprire bastava esibire come passaporto un mandato di cattura. copj13I nostalgici sono rimasti in Italia, alcuni perché hanno fatto degli anni ’70 l’oggetto del loro incarognito risentimento, come Sergio Segio. Uno che si racconta avvinto da un ineluttabile destino. «Non c’è salvezza possibile per chi ha sognato di cambiare il mondo», scrive in un libro dove inanella una serie impressionante di goffe citazioni scapigliate, iscrivendosi nel «novero dei destinati alla sconfitta che non scelgono l’esilio ma di andare fino in fondo, pagando quel che bisogna pagare al sogno a lungo coltivato». Convinzione che lo porta a rivendicare una sorta di primazìa etica: l’aver prima commesso l’errore giusto ed in seguito aver ripudiato nel modo più giusto la giustezza dell’errore passato. Prova d’eccellenza assoluta, che giustificherebbe il suo irrefrenabile desiderio d’accedere allo status di persona non comune che un tempo si diceva persino comunista.

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Vittoriale

Immerso nella recita di uno stucchevole copione dannunziano, raffigura se stesso avvolto in un’atmosfera d’estetismo combattente: «anima capace di tenerezza», che sceglie «di morire non nella lenta emorragia della vita ma di fretta, senza risparmio, come candele accese dai due lati, non per malattia del corpo ma per quella della coerenza, per un’inguaribile infezione dell’anima». Poeta armato, novello Sturm und Drang, sognatore impaziente, adepto del carpe diem, declama: «i nostri attimi sono eterni e ci ripagano di tutto». Fiore appassito più che fiore del male, maledetto mancato ma redento riuscito, anche se con parole che indulgono sempre al calibro ben oliato e al rimirar la poesia del gesto, la metrica dell’intenzione che conduce ad un eroico «andar incontro alla bella morte». Quella altrui, ovviamente.
Una prosa a metà tra l’imitazione di Marinetti e quella del Vittoriale, senza risparmiarci il lieto fine hollywoodiano che condanna l’infausto protagonista a vivere finalmente ravveduto e contento, e che – per dirla con Jim Thompson in Colpo di spugnadi fronte allo specchio della propria vita non può fare a meno di sputare ogni mattino sulla faccia di quel che è stato lo scaracchio di ciò che è diventato. L’esperienza dei fuoriusciti copj13-21rappresenta da oltre vent’anni un’anticipazione del possibile, ciò che avrebbe potuto essere il futuro italiano se fosse stata varata una soluzione politica per gli anni ’70. Una smentita cocente per gli imprenditori dell’emergenza, un esempio da cancellare con ferocia e motivo d’incontenibile livore per chi tra dissociazioni e pentimenti, in cambio di laute ricompense premiali, non perde occasione di salire in cattedra e recitare l’autocritica degli altri.
A Sinistra, come a Destra, molti scimmiottano il riformismo blairiano. Ma il primo ministro inglese si è sporcato le mani con il conflitto irlandese, ha negoziato con l’Ira, ha liberato tutti i prigionieri politici, anche con reati di sangue, e stabilito tappe di un processo politico che ha condotto alla fine del conflitto. In Italia, invece, la sua tanto decantata strategia viene imitata solo per liberalizzazioni e privatizzazioni. Siamo l’unico paese in Europa in cui il ciclo politico della lotta armata è stato chiuso vent’anni fa con un atto unilaterale dei suoi militanti. Siamo gli unici ad avere ancora un centinaio di fuoriusciti e prigionieri politici ormai prossimi ai trenta anni di carcere. Siamo gli unici a selezionare le vittime: Calabresi sì, Pinelli no.
Guardare al rientro di Scalzone come all’ennesima occasione possibile per voltare pagina non sarebbe forse più utile e intelligente? Domanda superflua in un paese che ha seppellito i fatti sociali degli anni ’70 sotto la memoria penale, mentre le stragi, da quelle nazi-fasciste a quelle che hanno tentato di fermare i movimenti, rimangono impunite, senza verità, chiuse in un armadio con le ante rivolte verso il muro. In Italia i passati rivoluzionari non possono diventare Storia. Per questo l’unico futuro che riesce ad affacciarsi all’orizzonte sembra avere il colore plumbeo della colpa. Selettiva, naturalmente.

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La remise extraordinaire de Paolo Persichetti: un kidnapping sarkozien

La remise extraordinaire de Paolo Persichetti

Daniel BENSAÏD  et Gilles PERRAULT

Libération vendredi 19 mai 2006

La publication de Ma Cavale de Cesare Battisti, préfacé par Bernard-Henri Lévy, relance la controverse sur le sort des réfugiés italiens en France. Certains chroniqueurs se piquent à cette occasion de refaire le procès et de jouer les procureurs. Solidaires de Battisti dans son échappée, tel n’est pas notre propos. La décision d’extrader Battisti, condamné en Italie in absentia, rompt la parole donnée au nom de l’Etat français par un président et un Premier ministre en exercice. Le 20 avril 1985, François Mitterrand avait écrit à la Ligue des droits de l’homme : «J’ai dit au gouvernement italien que ces Italiens étaient à l’abri de toute sanction par voie d’extradition.» Le 4 mars 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre, confirmait cette « doctrine Mitterrand» : «Mon gouvernement n’a pas l’intention de modifier l’attitude qui a été celle de la France jusqu’à présent. C’est pourquoi il n’a fait et ne fera pas droit à aucune demande d’extradition d’un des ressortissants italiens qui sont venus chez nous à la suite d’actes de nature violente d’inspiration politique réprimés dans leur pays». Confiants dans cette parole donnée au nom de la France, plusieurs dizaines de réfugiés ont reconstruit leur vie au grand jour. C’est cette confiance qui est aujourd’hui bafouée, fragilisant plusieurs dizaines de personnes contre lesquelles, depuis leur arrivée dans ce pays, aucun grief n’a été établi.

On a pu lire dans la presse, à l’occasion de la parution du livre de Battisti, que l’engagement pris par François Mitterrand avait été respecté jusqu’à l’arrestation de l’écrivain en 2004. C’est avoir la mémoire bien courte. Il existe en effet un scandaleux précédent. Le 22 août 2002, à la faveur de la distraction estivale, Paolo Persichetti fut lâchement enlevé et livré dans la nuit même aux autorités italiennes sous le tunnel du Mont-Blanc, «métaphore, écrit l’extradé avec un humour grinçant, d’un accord souterrain, signé sans aucune transparence dans les chambres obscures du pouvoir et accompli dans le centre de la terre après une course folle au bout de la nuit». Ce kidnapping sarkozien n’a hélas pas bénéficié du même émoi dans le milieu littéraire que l’envol de Battisti. Or, si Cesare Battisti est en cavale, Paolo Persichetti, condamné sans appel sur le seul témoignage d’un repenti à vingt-deux ans de détention, est enfermé depuis quatre ans déjà à la prison de Viterbo. Son livre Exil et châtiment : coulisses d’une extradition, (Textuel 2005), est un démontage méticuleux de la théorie italienne du complot, du mécanisme de collaboration policière, des incohérences de l’instruction. A quelques exceptions près, les médias français ont gardé sur cet impitoyable réquisitoire un assourdissant silence.

Le cas Persichetti est pourtant exemplaire de ce qui est aujourd’hui en jeu. Arrêté en 1987 pour «organisation de bande armée» dans le cadre de l’enquête sur les Brigades rouges, il fit l’objet d’une seconde inculpation pour participation à l’attentat mortel du 20 mars 1987 contre le général Licio Gorigieri. Lavé de cette accusation en décembre 1989 par la cour d’assises, il fut condamné à cinq ans pour organisation de bande armée et remis aussitôt en liberté pour avoir accompli plus d’un an de préventive. En 1991, il fut condamné en appel à vingt-deux ans sur le seul témoignage d’un repenti. La sentence n’étant pas immédiatement applicable en vertu d’un recours en cassation, il s’est alors exilé en France. En novembre 1993, il fut arrêté dans les locaux de la préfecture de police où il s’était présenté volontairement pour renouveler son permis de séjour. En 1994, Edouard Balladur signait son décret d’extradition. Le président Mitterrand étant intervenu en faveur de sa remise en liberté, il fut libéré en janvier 1995. Il vivait depuis en pleine légalité, avait terminé ses études de sciences politiques, et enseignait à Paris-VIII.

Son extradition, sept ans plus tard, sur ordre du tandem Sarkozy-Perben, constituait une violation flagrante de l’article 14 de la Convention européenne d’extradition du 13 septembre 1957. Il est en effet avéré qu’elle répondait à la demande des autorités judiciaires italiennes, en quête de coupable pour l’assassinat, au printemps 2002, d’un conseiller du gouvernement Berlusconi, Marco Biagi. A peine incarcéré à Ascoli, Persichetti fit en effet l’objet d’une nouvelle instruction de la part des juges de Bologne. Or, la Convention européenne stipule que «l’individu qui aura été livré ne sera ni poursuivi ni jugé pour un fait autre que celui ayant motivé l’extradition». Au terme de deux ans d’enquête sinistrement grotesque, le juge des enquêtes préliminaires dut prononcer, le 5 novembre 2004, un non-lieu définitif en faveur de Persichetti, car «le bien-fondé de l’hypothèse d’accusation doit être considéré exclu», étant donné que les recherches n’ont fait émerger «aucun élément impliquant la personne soumise à enquête».

Il n’en demeure pas moins que Persichetti est toujours en prison et que toutes ses demandes d’assouplissement des conditions de détention ont à ce jour été rejetées. Comme l’écrivait Erri De Luca dans sa préface à Exil et châtiment, «la cellule refermée sur Paolo Persichetti est soudée à la flamme froide de la rancune». Si l’on doit se réjouir de l’émoi suscité par le cas Battisti, il ne faudrait pas qu’une infamie puisse en effacer une autre. Puisse la mobilisation autour de Cesare Battisti tirer des oubliettes le cas Persichetti, otage de deux déraisons d’Etat ! Puisse aussi, l’arrivée d’une coalition de centre gauche en Italie ouvrir enfin le débat sur l’amnistie!

N’est-il pas grand temps de tourner la page de ce passé qui ne passe pas, comme en témoigne encore l’acharnement judiciaire contre Adriano Sofri? Pourquoi l’amnistie semble-t-elle inconcevable en Italie ? Pourquoi la droite et la gauche italiennes, à de rares exceptions près, semblent-elles partager la même crispation tétanisée à ce sujet ? Et pourquoi entretenir la légende d’une fausse symétrie entre « deux démons », alors que la balance est aussi inégale entre un terrorisme d’Etat où se croisent les réseaux d’extrême droite, la loge P2, la mafia, des experts en guerre froide de l’Otan, et une poignée de militants qui se sont clairement expliqués sans se renier sur leur passé (voir la Révolution et l’Etat, d’Oreste Scalzone et Paolo Persichetti, Dagorno, 2000). En Argentine même, à l’occasion du trentième anniversaire de l’instauration de la dictature militaire, le président Kirchner vient de renoncer officiellement, au soulagement d’une partie des Mères de la place de Mai, à ce mythe d’une responsabilité équivalente de l’Etat et de ses victimes. Romano Prodi et sa majorité seront-ils capables d’un geste analogue ?
Mais comme l’écrit encore Erri De Luca : «Je suis dans un pays qui ne considère jamais la condamnation comme purgée. L’ennemi que nous avons été est encore inavouable pour notre pays» qui a « la rancune intacte » et conserve le temps passé «dans une icône de haine». L’extradition de Battisti après la livraison de Persichetti ne serait qu’un sacrifice supplémentaire consenti à cette icône, «au nom du peuple français» !

Lotta armata e teorie del complotto

Libri – Alberto Franceschini, a cura di Giovanni Fasanella, Che cosa sono le Br, Bur 2004 (Brigades rouges. L’histoire secrète des BR racontée par leur fondateur, Éditions du Panama 2005)

Libri – Guillaume Perrault, Génération Battisti, Plon, Paris 2005

Paolo Persichetti
23 gennaio 2006

Due libri pubblicati negli ultimi tempi in Francia hanno rilanciato in termini estremamente polemici la tesi secondo cui copj13asple insorgenze armate apparse nell’Italia degli anni 70 avrebbero trovato una complicità culturale, se non aperto sostegno, nelle autorità di Parigi. È significativo dei tempi che corrono questo capovolgimento di prospettiva storica. Quella somma di fattori che presero forma nel dopoguerra, congelando per lungo tempo il sistema politico italiano, fino a renderlo privo d’alternanza per 49 anni, una fissità di sistema che secondo la storiografia più avvertita non poteva che facilitare l’apparizione di spinte rivoluzionarie in presenza di una potente tradizione sovversiva, contesto riassunto nella formula dell’«anomalia italiana», si capovolge nel suo contrario: l’«eccezione francese». Il problema non verrebbe più dalle carenze storiche di un paese che resta tuttora incapace di chiudere con un’amnistia stagioni da lungo tempo concluse, ma dalla sua vicina d’Oltralpe. Nell’intervista che Giovanni Fasanella ha fatto a Alberto Franceschini, la Francia viene dipinta come un «santuario del terrorismo», una centrale che avrebbe sistematicamente promosso la destabilizzazione della democrazia italiana. Siamo nel pieno di una narrazione storica che ripropone alcuni vieti cliché della retorica del complotto e della visione poliziesca della storia. L’obiettivo preso di mira è la cosiddetta «dottrina Mitterrand». Nel corso della sua grottesca testimonianza, un Franceschini ossessionato dalla cultura del sospetto racconta di come il padre, militante comunista ancora impregnato della mentalità staliniana, avuto sentore delle intenzioni bellicose del figlio, l’avesse messo sull’avviso: «ricordati che fuori dal partito c’è soltanto la Cia». Ancora prima della caduta del muro di Berlino, Parigi sarebbe stata dunque un vero incrocio d’intrighi internazionali, sostituendosi a Washington e Mosca nel ruolo di piattaforma destabilizzante dell’Italia. Così si arriva a sostenere che un asse socialdemocratico, guidato da Mitterrand, avrebbe tentato di giocare la terza forza tra le due maggiori potenze, destabilizzando volutamente la penisola grazie alla protezione offerta ai militanti della lotta armata. Quando la storia si trasforma in noir, il racconto può avvalersi di facili licenze narrative e trascurare il rigore cronologico degli eventi, fino a dimenticare che negli anni 70 la Francia era sotto la presidenza di Giscard D’Estaing.
Durante la guerra d’Algeria, l’Italia aveva sempre rifiutato di estradare i militanti dell’Oas e dell’Fln. Jean-Jacques Susini, coinvolto nell’attentato del Petit Clamart contro De Gaulle, rimase per molti anni sotto la protezione della polizia italiana. Non per questo il nostro paese venne accusato di essere una base antifrancese. Negli anni 80, Mitterrand ripagò l’Italia con la stessa moneta. Di fronte al flusso di rifugiati politici che traversavano le Alpi, fece del suolo francese una sorta di camera di decompressione del conflitto che dilagava in Italia, rifiutando le estradizioni nell’attesa di un’amnistia. «Al di la della risposta giudiziaria – ha spiegato una volta Louis Joinet, vero architetto di questa politica d’asilo (Libération del 23 settembre 2002) – si trattava di facilitare il cammino di chi tentava di uscire dalla lotta armata per andare verso una soluzione politica. L’importante era di non marginalizzare quelli che avevano una riflessione politica».
Per il giudice Rosario Priore, autore della postfazione, le cose non stanno affatto così. Deciso a seguire le tracce de l’abbé Augustin Barruel, afferma: «Con ogni probabilità il cervello parigino è esistito, agendo in perfetta intesa con le autorità di quel paese, come hanno provato le inchieste romane». L’istituto di lingue Hyperion avrebbe rimpiazzato la loggia degli Illuminati di Baviera. Ragione che lo spinse a sospettare dell’abbé Pierre, una delle personalità francesi più note, mentre il suo collega Ferdinando Imposimato voleva spiccare un mandato di cattura contro lo stesso Joinet, consigliere giuridico di Mitterrand. 9782755700206
Nel pamphlet scritto per denunciare la campagna di sostegno condotta dalla sinistra e da una parte degli intellettuali francesi contro l’estradizione di Cesare Battisti, chiesta dall’Italia nel febbraio 2004, Guillaume Perrault, convinto che «mai democrazia sia stata così liberale nell’affrontare il terrorismo», si dilunga nel descrivere un’Italia paradisiaca, vero giardino di giustizia e di diritto, rappresentazione che non coincide affatto con l’opinione della destra italiana a cui il suo quotidiano fa riferimento. Preso dall’entusiasmo del neofita, per giustificare il fondamento delle estradizioni richieste contro i fuoriusciti, spiega le meraviglie del rito semi-accusatorio, introdotto nel processo penale italiano con la riforma del 1989 e più volte ritoccato. Dimentica però di precisare che tutti i maxi processi per «terrorismo» sono stati condotti col vecchio rito istruttorio e che l’Italia è il paese più sanzionato dalla corte di giustizia di Strasburgo. Crede – per averlo letto da magistrati come Bruti Liberati – che si possa parlare di giustizia d’emergenza solo in presenza di corti speciali, che l’Italia non ha introdotto, e non sa che l’emergenza può darsi anche attraverso la produzione di una legislazione speciale, che mai abolita trasforma l’eccezione in regola. Come è accaduto fin dalla fine degli anni 70 e come la Corte costituzionale ha riconosciuto, giustificando l’adozione da parte del governo e del parlamento di una legislazione d’eccezione mai emendata. Ripercorre, quindi, la selva di prese di posizione sulla vicenda che gli intellettuali della rive gauche, e molti esponenti della letteratura noir, hanno preso – in realtà – a danno di Battisti stesso e degli altri rifugiati, un po’ come la medicina che uccide il malato. Perrault ha facile gioco nel ridicolizzare l’improvvisata ricostruzione storica degli anni 70 proposta da questi intellettuali. Emergono toni che trasudano risentimento, stucchevoli accenti da letteratura termidoriana, commenti codini e farisei, grottesche uscite scandalizzate che ricordano i gridolini d’orrore di madame la marquise, e argomenti che ricordano le accuse del Merlo, una gazzetta che l’Ovra (la polizia segreta fascista) pubblicava a Parigi per calunniare e denigrare i rifugiati antifascisti. Tratti di un generone cialtronesco che straparla senza pensare. Non sfugge al giornalista una recensione, apparsa su Libération dell’8 ottobre 1998 che, recensendo un libro di Battisti, presenta l’insurrezione sociale degli anni 70 come: «l’epopea di una generazione d’Italiani in secessione armata contro una società che non riconoscono più come la loro, raccontata sullo sfondo di un susseguirsi di rapine, alcool e donne[…] Il protagonista va alla guerra come all’amore, quasi fosse un solitario Don Giovanni».
Per spiegare la folgorazione della sinistra francese più snob verso questa caricatura culturale e politica degli anni 70, l’ex ambasciatore Martinet (autore della prefazione) evoca il «complesso del Marrano». Alla stregua di quegli ebrei spagnoli che per sfuggire alle persecuzioni si convertirono al cattolicesimo, rimanendo tuttavia intimamente fedeli alla vecchia religione, la sinistra francese orfana della rivoluzione cercherebbe ancora dei simboli capaci di rinfocolare i vecchi ideali di gioventù. Per Martinet si tratta ovviamente di un abbaglio sconcertante, che testimonierebbe della persistenza di un arcaismo politico novecentesco dentro la sinistra francese, causa di un clamoroso malinteso che l’avrebbe condotta a prendere lucciole per lanterne e chiamare «rivoluzionari» dei semplici «criminali». La controprova sarebbe venuta dalla reazione indignata della sinistra italiana, ai suoi occhi ben più moderna, riformista e liberale. L’ex ambasciatore di Palazzo Farnese guarda senza dubbio con favore al modello social-liberale blairiano, è singolare dunque che non si accorga di come il primo ministro inglese non abbia esitato a sporcarsi le mani con il conflitto irlandese, negoziando con l’Ira, liberando tutti i prigionieri politici, anche quelli con reati di sangue (e l’Ira, come gli altri gruppi irridentisti cattolici o protestanti, metteva le bombe), e stabilito le tappe di un processo politico che ha condotto alla fine del conflitto. In Italia, invece, il tanto decantato Blair viene guardato dai liberali e social-liberali di sinistra come di destra soltanto per le sue politiche di liberalizzazione e privatizzazione economica e sociale. resizephp2
Martinet compie anche altre omissioni, dimentica così di spiegare come dietro i rimproveri stizziti piovuti dai cugini d’Oltralpe, ci fosse una sindrome altrettanto curiosa: quella dell’«album di famiglia». Per fare fronte alla perenne carenza di legittimazione istituzionale, la sinistra italiana è posta di fronte alla continua necessità di far dimenticare il proprio passato. Le polemiche seguite all’apparizione del volume di Mirella Serri, I Redenti, hanno ricordato come una buona parte dell’intellighenzia ex comunista abbia vissuto diverse vite, passando il proprio tempo a cancellare le precedenti: dal fascismo della gioventù, al comunismo della maturità, al post o all’anticomunismo della senescenza. In un simile contesto culturale, appare chiaro allora perché i prigionieri e i rifugiati degli anni 70 debbano continuare ad essere relegati nel ruolo di capri espiatori, inchiodati ad una funzione cristica: pagare per tutti «la tragedia del Novecento», rispettando alla lettera il rito della esportazione della colpa.
Racconta ancora Perrault che nel pieno delle feroci polemiche che la stampa italiana aveva lanciato contro la sinistra francese, il sindaco di Roma Walter Veltroni si sarebbe precipitato a telefonare al suo omologo parigino, Bertrand Delanoë, per dissuaderlo dall’appoggiare Battisti. Un’ammirevole sensibilità etica che gli era mancata quando, direttore dell’Unità, fece campagna per la liberazione di alcuni neofascisti rei confessi di una decina di omicidi (e formalmente condannati anche per la strage di Bologna – che Perrault mette sul conto dei gruppi armati di sinistra). La clemenza, sembra dire Veltroni col suo gesto, vale per gli avversari della sponda avversa, non per quelli alla propria sinistra. Ma il doppio linguaggio venuto dall’Italia nei mesi di astiose polemiche sul caso Battisti non termina certo qui. Tra i giustizialisti della sinistra favorevoli alle estradizioni, viene citato anche Antonio Tabucchi, sublime personaggio che eccelle nell’arte di selezionare i pentiti: cattivi quelli che accusano i propri amici (Sofri); buoni quelli che chiamano in causa i nemici (Andreotti o Battisti). Dalle fila della magistratura non sono venuti discorsi migliori: mentre il segretario dell’Anm denunciava «i progetti di fascistizzazione dell’ordinamento giudiziario», fuori d’Italia ci si indignava con gli esponenti della rive gauche che ripetevano ingenuamente quanto letto sulla stampa della sinistra italiana. La destra non era da meno, in casa accusava la magistratura di totalitarismo, ma all’estero pretendeva che le sue sentenze fossero venerate, salvo evidentemente quando queste riguardavano Berlusconi.
Sembra finita qui, e invece ecco emergere un retroscena ancora più inquietante: il 13 giugno 2003, il magistrato della procura antiterrorismo di Parigi, Gilbert Thiel, aveva organizzato insieme alla Direzione nazionale antiterrorismo una retata che sarebbe dovuta scattare il successivo lunedì 23. L’obiettivo era quello di arrestare tre fuoriusciti, tra cui Battisti, insieme ad altri due italiani non latitanti, Maj e Czeppel, i soli che di fatto poi vennero catturati. Un’operazione concordata con i vertici del Viminale e la collaborazione della procura bolognese. L’intera operazione era finalizzata a propagandare un legame diretto con l’arresto, avvenuto nel marzo precedente, di una militante del gruppo autore degli attentati D’Antona e Biagi e validare così la leggenda della «centrale francese», proprio mentre questa era clamorosamente smentita dalle indagini. L’intervento di Chirac che, dopo l’estradizione lampo organizzata dal suo rivale Sarkozy, nell’agosto 2002, aveva accentrato i fascicoli sui rifugiati italiani sotto il controllo dei suoi uffici, fece saltare tutto. Il presidente della repubblica francese, infatti, temeva che la retata venisse interpretata come un regalo a Berlusconi che il primo luglio avrebbe assunto, tra i clamori mediatici della grande operazione antiterrorismo, la presidenza della Ue.

Link
Italie, le thème du complot dans l’historiographie contemporaine – Paolo Persichetti
Ci chiameremo la Brigata rossa
Spazzatura, Sol dell’avvenir il film sulle Brigate rosse e i complotti di Giovanni Fasanella
I marziani a Reggio Emilia
Caso Moro, l’ossessione cospirativa e il pregiudizio storiografico
Il caso Moro
Storia della dottrina Mitterrand

L’ex brigatista tra esilio e castigo

Recensione – Esilio e castigo, Paolo Persichetti, La Città del Sole, 2005 pagine

Vincenzo Tessandori
La Stampa
31 dicembre 2005

Solo lo stupido non cambia idea. Lo sostengono in molti, e nel loro personalissimo vocabolario manca il termine «coerenza». Alcuni di noi cercano di non tradirla la coerenza, ed è proprio quella personale e quella politica la cosa a cui sembra più tenere Paolo Persichetti, un protagonista del nostro tempo. Uno che non rinnega il passato, e per questo l’aggettivo che gli viene imposto è irriducibile. Ma irriducibile su che cosa? Su quell’utopia tragica chiamata rivoluzione? Sull’idea forse folle, detta libertà? Le carte giudiziarie ci dicono che militava nelle Brigate rosse, colonna romana; che in qualche modo ha avuto mano nell’assassinio del generale Licio Giorgieri, 20 marzo di un quarto di secolo fa; che viveva a Parigi, in quella colonia di fuoriusciti sospettata dal ministro degli interni italiano di formare, in parte, la «centrale francese», lo zoccolo duro del terrore. Queste carte, e più ancora Esilio e castigo, scritto con collera lucida e amara dall’ex brigatista, ci raccontano anche come un ingranaggio giudiziario possa finire per soffocarti.
È un racconto dal ritmo incalzante e di disincantata ironia ma privo del compiacimento, così irritante, per un passato che pare impossibile declinare al tempo remoto. Al protagonista, un quarantenne intellettuale, sembra non si voglia perdonare di aver avuto vent’anni con il loro corollario di idee, sogni, utopie e pure incubi. La militanza nella sinistra più radicale, l’accusa di terrorismo, l’arresto, il processo, il passaggio in Francia, l’università, l’insegnamento. L’illusione che tutto sia finito dura poco, la condanna è come una spada di Damocle anche per questo signor nessuno, cattivo maestro senza discepoli, «personaggio sconosciuto fino a quel momento, uno dei tanti delle generazioni insorte e inventato mediaticamente in quel frangente».
Il ricercato Persichetti Paolo, che tiene lezioni all’università Parigi 8, che non si nasconde, che conduce un’esistenza visibile e, a detta di tutti, non ne conduce una invisibile, dopo anni di indifferenza viene ammanettato e spedito in Italia. La Francia non era mai stata propensa a concedere estradizioni, con Persichetti decide altrimenti. E l’estradizione sembra trasformarlo in un uomo per ogni stagione e per ogni accusa. Anche quella di aver organizzato l’omicidio di Marco Biagi, 19 marzo 2002. Riconosciuto dallo zainetto. Seguono giorni, settimane di terrore vero, intimo. Finquando l’accusa viene riposta in un cassetto. Ma lui rimane un «nemico», trattato come un nemico, fra i più pericolosi, ci ricorda. Perché? Perché, in fondo, solo lo stupido non cambia idea.

24 agosto 2002: storia di una “consegna straordinaria”

Retroscena di una estradizione

Paolo Persichetti
Liberazione
venerdì 15 aprile 2005

Era una calda sera d’estate quella del 24 agosto 2002 e l’Italia aveva urgente bisogno di recuperare uno di quei giovani maledetti degli anni ribelli per offrirlo in pasto all’opinione pubblica. Una grossolana impostura, escogitata con l’intento di fornire l’immagine truccata di un brillante successo operativo dopo l’attentato mortale contro Marco Biagi, ucciso pochi mesi prima da un piccolo gruppo che aveva riesumato dal museo della storia una delle ultime sigle della lotta armata. Un paese distratto e annoiato, persino futile, conquistato dall’avidità dell’oblio, impaurito dalla possibilità di sapere, era stato scosso dal frastuono di quegli spari improvvisi. Irritato dal brusco risveglio, aveva rovistato furiosamente in un passato ormai sconosciuto. Cercava in spazi e tempi lontani i responsabili di quei colpi senza radici. Attribuiva al passato quella che era una surreale imitazione figlia del presente. Cercava nelle figure di ieri dei colpevoli per l’oggi. estradizioneFu così che all’alba del giorno seguente venni scambiato nel tunnel del Monte Bianco. Metafora di un accordo sotterraneo, siglato al di fuori di ogni trasparenza, concluso nel ventre della terra, lontano dalla luce del sole, distante dal chiarore del giorno, dopo una folle corsa nella notte. Quella furtiva consegna celava una flagrante violazione della legalità internazionale: una persona non può essere estradata per dei fatti posteriori a quelli indicati nel decreto, in assenza di una nuova richiesta e previa verifica del suo fondamento. Pur di avallare il teorema della centrale francese le autorità hanno agito aggirando tutti gli obblighi previsti dalla convenzione europea sulle estradizioni.
I passati rivoluzionari faticano a diventare storia, adagiati nel limbo della rimozione, periodicamente vedono schiudersi le porte dell’inferno che risucchia brandelli di vita, trascina esistenze sospese. Lasciti, residui d’epoche finite che rimangono ostaggio dell’uso politico della memoria. Non un passato che torna ma un futuro che manca. La concomitanza con l’anniversario dell’11 settembre ricordava quanto la musica nel mondo fosse cambiata. Era tempo ormai per un forte richiamo all’ordine, alla riaffermazione dell’autorità, al rispetto assoluto della legge, al ripristino della certezza della pena. In un fondo di Barbara Spinelli, intitolato «Gli assassini tornano di moda», venivo seriamente redarguito perché i prigionieri e i rifugiati non avevano mai fatto atto di pubblico pentimento. Poche settimane più tardi, nel silenzio cimiteriale di una cella d’isolamento, una lettera anonima riprendeva l’argomento consigliandomi di collaborare con la giustizia, se volevo uscire da quella sentina della terra. Una richiesta surreale che undici anni dopo cercava ancora le prove del verdetto emesso in corte d’appello.
Alla fine di una lunga trafila burocratica, anche il magistrato di sorveglianza non ha autorizzato i permessi d’uscita perché: «non risulta che abbia pubblicamente assunto posizioni di dissociazione della lotta armata, tanto più necessaria alla luce della grave recrudescenza del fenomeno terroristico dichiaratamente ispirato all’ideologia delle Brigate rosse». Una richiesta irricevibile poiché costituirebbe una resa di fronte a trattamenti differenziali e premiali che hanno incrinato il principio di eguaglianza di fronte alla legge e trasformato l’inchiesta, il processo e il carcere, da sedi di verifica e ricerca della prova o svolgimento della pena, in mercati delle indulgenze, fiere dello scambio politico, luoghi dove si riceve un po’ di futuro in cambio del proprio passato. Diceva a tale proposito Jeremy Bentham che «la sfera della ricompensa è l’ultimo asilo dove si trincera il potere arbitrario».
Le diverse formazioni in cui erano divise le Brigate rosse degli anni 80 si sono estinte alla fine di quel decennio. Una netta discontinuità politica fu sancita dai militanti dell’epoca. Lo striminzito gruppo apparso solo più tardi, negli anni 90, sotto la sigla Ncc, è sorto con un evidente intento polemico nei confronti dei fuoriusciti e dei prigionieri che durante gli ultimi grandi processi dell’87-89 avevano decretato la chiusura del ciclo politico della lotta armata. Ogni confusione con le epoche precedenti è dunque ingiustificata e strumentale. Non ci sono ambiguità intrattenute. Chi sostiene il contrario nel ceto politico, nel governo o tra gli apparati investigativi e giudiziari, offre solo la prova di una sorprendente osmosi culturale, una micidiale simmetria d’atteggiamento con gli autori degli attentati D’Antona e Biagi. I quali hanno tutto l’interesse a rimuovere i percorsi politici condotti dagli ex militanti della lotta armata nel decennio 90.
La dissociazione è l’esatto contrario di una disposizione dell’animo, un afflato della coscienza, un soprassalto dello spirito che sosterrebbe nobili percorsi di distacco interiore, assolutamente liberi e disinteressati, ma un tipico modello di autocritica degli altri, che ricava vantaggi giudiziari e penitenziari dall’esportazione delle proprie responsabilità. Paradossalmente il protrarsi della lotta armata, da cui essa pretende un cinico distacco, è il presupposto della sua forza contrattuale. Qualcosa d’assolutamente opposto al divenire politico del fenomeno stesso, al suo approdare altrove, al suo oltrepassarsi attraverso un tragitto assolutamente autonomo, sottratto a qualsiasi forma di connivenza o compiacenza col potere, come è avvenuto alla fine degli anni 80.
La riesumazione di questo vecchio arnese dell’emergenza riporta strumentalmente in dietro di decenni i percorsi politici realizzati. Una caricatura archeologica che si spiega con la maligna intenzione di costruire un nesso morale, in assenza di quello materiale, tra i militanti degli anni 70-80 e gli episodi del 1999 e del 2002. La responsabilità viene così ad assumere una singolare dimensione transitiva, utile per ricacciare indietro il timore di dover riconoscere che quei nuovi colpi d’arma da fuoco siano anche responsabilità di chi ha cullato il paese nella rimozione, di chi quell’oblio ha teorizzato e incensato, di chi in questo modo ha evitato imbarazzanti domande. Il rifiuto ostinato dell’amnistia, mantenendo gli insorti simbolicamente emarginati nei recinti carcerari o nei limbi disciplinari d’esistenze semipenitenziarie, ha congelato il tempo, cristallizzato le epoche, e tentato d’impedire a quel sapere incarcerato, a quelle esperienze sotto chiave o esiliate, di far valere le ragioni dell’irriproducibilità dei modelli di lotta armata trascorsi. Non anatemi morali ma autonome valutazioni politiche udibili dalle componenti sociali antisistema. Tutto questo è mancato. L’Italia è rimasta fedelmente ancorata alle politiche dell’urgenza, allo stato d’eccezione, ai modelli dell’abiura che hanno facilitato il reistallarsi della coazione a ripetere. L’esilio e il carcere hanno alterato la coscienza del tempo, rafforzando nella società la tentazione di considerare immutabile il rimosso.
Negli anni passati, prigionieri e fuoriusciti, se non altro per quella saggezza che fuoriesce dal disagio di chi deve confrontarsi con circostanze sfavorevoli, hanno dovuto misurarsi con la sconfitta esplorandone gli aspetti più reconditi, vivendola sui propri tragitti esistenziali, tra esili senza asilo e castighi. All’anatema hanno opposto la riflessione. Avrebbero potuto barricarsi nelle torri in cemento blindato delle carceri, trovare conforto nell’isolamento penitenziario che gli era destinato, arroccarsi nel dolore per le vittime della propria parte, sentirsi l’emblema sacrificale di un martirio metastorico, vivere di una mortifera nostalgia che come scrive Milan Kundera, «non intensifica l’attività della memoria, non risveglia ricordi, basta a se stessa, alla propria emozione, assorbita com’è dalla sofferenza». Invece hanno rifiutato tutto questo. Non si sono sottratti alla realtà mutata che rendeva obsolete le loro scelte passate. Hanno cercato, nonostante i muri e le sbarre, di andare oltre. Sono evasi dalla loro pena, sono fuggiti ai carcerieri rimasti a sorvegliare solo i fantasmi di una società attardata, ancora madida di rancore contro le immagini vuote d’icone da odiare.
I «vincitori», o quel che ne è rimasto, cosa hanno fatto? Adagiati sopra e poi travolti dagli stessi dispositivi concepiti per sconfiggere gli insorti non hanno saputo condurre a termine la benché minima elaborazione collettiva del lutto. Si rimproverano dei singoli per aver eluso un discutibile senso di colpa, mentre la società italiana è stata interamente conquistata dalla rimozione. Ciò che per i prigionieri e i rifugiati, ma anche per settori della società civile, è oramai storia, materia d’indagine e inchieste serrate da discutere con le tecniche fredde delle scienze sociali, per la quasi totalità del ceto politico e della magistratura resta una ferita aperta, strumentalmente intrattenuta come una piaga viva che non può e non deve cicatrizzarsi. Allo scandaglio del lavoro storico si contrappone la venerazione di una memoria trasfigurata nel culto di un dolore non riassorbibile. Al lavoro d’incorporazione del passato, doloroso e conflittuale, si sostituisce un atteggiamento di rifiuto che fa di esso una trincea su cui attestarsi. L’elaborazione del lutto diventa in questo modo, secondo una consolidata tradizione inquisitoriale, uno strumento di bonifica delle coscienze che aggiunge alla sanzione sui corpi anche la correzione delle menti. Si afferma in questo modo una narrazione penitenziale della storia contrassegnata da totem e tabù, miti fondatori e comportamenti demonizzati. La complessità sociale degli eventi si riduce ad una rozza contrapposizione tra bene e male, il decennio dei movimenti e dei conflitti diventa storia di delitti. I fatti perdono ogni loro dimensione sociale per acquistare unicamente rilevanza penale mentre la militanza si confonde con la devianza. Come in un perfetto esorcismo, gli anni 70 diventano il capro espiatorio del Novecento italiano, il capitolo che manca al livre noir du communisme.
A conti fatti, riflettere su questo passato che non passa, cercando di non farlo restare un’àncora, un peso, una zavorra, ma di scioglierlo nel presente, si è dimostrato una inutile fatica di Sisifo. Uno sforzo vano e inviso, causa di pregiudizio e di sospetto perché non recuperabile e integrabile attraverso logiche premiali e dissociative, ma quel che è peggio, oggetto di un vero e proprio misconoscimento, fatto nullo e non avvenuto, circostanza azzerata, pagina sbiancata.