Pour en finir avec la prison

Livre – Alain Brossat, Pour en finir avec la prison, La Fabrique Paris 2002

Paolo Persichetti

Il n’est qu’un problème philosophique qui soit vraiment sérieux, écrivait Camus : «le suicide». coverhm23piccola1De janvier 2002 à juillet 2003, on a compté 83 suicides et 25 tentatives de suicides dans les prisons italiennes, 19 détenus sont morts de causes non-éclaircies et 9 d’overdoses. Total : 136 morts. Et qui ne se suicide pas s’esquinte : au 30 juin 2003 – selon une estimation avancée par le Forum national pour la tutelle de la santé des détenus et l’application de la réforme de la médecine pénitentiaire (Manifesto, 11 mars 2005) – étaient enfermés 14 507 toxicomanes, soit près d’un tiers de la population carcérale totale. Entre lesquels 1 737 en traitement méthadonique et 887 alcoolodépendants. Les affectés par le Hiv étaient 1 473 ( 2,6% du total), 5 000 les séropositifs, 9 500 ceux touchés par une hépatite chronique et 7 500 les reclus avec troubles psychiatriques.

Les établissements de peine sont désormais d’énormes lazarets, des hospices pour abandonnés, vastes décharges où sont confinés toutes sortes de douleurs et mal-être sociaux, parmi lesquels s’amassent humiliés et offensés, vies mises au rancart, malchanceux sans espoir, immigrés et neolumpen, aliénés par la même société de consommation qui leur promet le bien-être et les en exclut. Aussi vrais que vraiment séduits par les chimères d’un capitalisme qui les a relégués aux marges. Dans le système pénitentiaire, ceux qui, par euphémisme sociologique, en viennent à être définis sous le vocable “nouvelle pauvreté” atteignent désormais 80% de la population carcérale. Que les prisons aient été un révélateur purulent de l’état de la société a été écrit, dit et répété jusqu’à la nausée. Une évidence qui résonne comme une rhétorique vide de l’indignation, inaudible pour qui se voit contraint d’y traverser des périodes chaque fois plus longues de sa propre existence. La durée de la détention a augmenté de 50% au cours des quinze dernières années, le taux de récidive de 70%. La sphère pénale a explosé au cours des années 90, la population carcérale a redoublé jusqu’à dépasser les 57 miles, auxquels vont s’ajouter ceux qui “tirent usufruit” des mesures alternatives et dont la peine est de l’ordre de la dite “prison diffuse” (arrêts domiciliaires, communautés thérapeutiques, preuves d’assiduité sociale, semi-liberté, travaux d’intérêts généraux), atteignant le nombre approximatif de 100 miles personnes, dans un contexte qui connaît une moyenne annuelle de 300 000 condamnations pénales.
Une partie de la population pénale est prédestinée à frayer avec la réclusion. L’examen de son cas est toujours le même: 30% des actuels incarcérés sont étrangers, 45% proviennent de l’Italie méridionale. Le profil classique est celui du jeune dépourvu d’instruction et à propension à la toxicomanie. Qui vient du Sud, n’a pas de diplôme, appartient aux milieux sociaux les plus bas. Qui arrive de pays d’émigration voit augmenter, beaucoup plus que par le passé, la probabilité de finir en prison. La prison renvoie à un des aspects les plus crus de la discrimination de classe et le recours à la légalité est la machine idéologique qui légitime et reproduit cette domination.

Nouvelles technologies de la peine
Contrairement à telle sanction de l’art. 27 de la Constitution, la peine ne promeut aucune fonction rééducative. Jamais auspice ne s’est révélé plus ridicule. L’ambiguë et rachitique publication normative des années fébriles de la modernisation pénitentiaire de label catho-communiste, la bien-nommée loi Gozzini, est inappliquée et éludée dans les faits. Une telle réforme était viciée dès les origines par une contradiction interne irrémédiable, puisque l’ouverture aux nouvelles politiques pénitentiaires, regardant à la réinsertion partielle et à la reconstruction sociale du sanctionné, suivit en parallèle le déploiement des politiques différentielles de l’émergence, transfigurant la prison en une sorte de comédie dantesque, où l’Enfer de la différenciation et de la spécialisation s’approfondissait en cercles spectraux, en dehors desquels demeuraient limbes, les friches, les zones de détention qui présageaient un accès possible dans les établissements de purge des peines, où la punition s’allège en laissant entrevoir l’espérance de sortir un jour prochain vers le Paradis. Une escalade vers la rédemption, possible seulement après avoir fait montre d’une active coopération à la punition même, à travers un dispositif d’intériorisation de la faute qui a intégré aux traditionnelles disciplines de surveillance et de contrôle une nouvelle technologie fondée sur l’adhésion à la peine de la part du reclus.
La politique carcérale ne s’est plus contentée d’une pointilleuse prise en charge des corps ( en latin : le verbe prehendere, donne prisio au génitif, et prisum au participe passé) mais a découvert “les vertus de l’usage médiant de la parole”. Au cours de quelques rencontres le détenu est sollicité pour “faire le point” sur la situation, sur l’évolution de la perception qu’il a de ses délits et de ses crimes, sur ses projets pour l’avenir. Ce sont les reclus possédant un capital culturel plus grand, d’une plus haute perspicacité dans l’usage de la parole et une habileté stratégique plus grande qui ont profité de ces nouvelles stratégies de traitement, qui consentent à manœuvrer avec les travailleurs sociaux (éducateurs, psychologues, assistants sociaux) et le magistrat d’application des peines/de surveillance, au détriment des autres de la masse, incapables et abandonnés à eux-mêmes, doublement discriminés par ces handicaps sociaux et culturels qui ne les ont pas aidés avant l’entrée en prison en les excluant une seconde fois, après, vers la réclusion perpétuelle, par le fait de ces politiques de traitements inapplicables.
L’involution politique qui s’ensuivit telle qu’elle intervint au cours de la décennie 90 a fait un luxe superflu celle de la critique des balbutiements du réformisme carcéral. Le surpeuplement et les nouvelles politiques répressives ont décharné la loi Gozzini, en introduisant de nouvelles et toujours plus d’exceptions articulées, en multipliant les “criminels ostensifs” ( inclus dans le 4 bis) pour lesquels les mesures alternatives, outre être obsolètes, en viennent à être rendues pratiquement impossibles. Les années de l’opium judiciaire et de la boulimie pénale ont remis en lice le principe de l’incompressibilité de la peine, une rengaine qui a bercé les nouvelles générations de juges d’application des peines. C’est ainsi que la prison en est revenue à défaire, y compris dans les discours des spécialistes de la correctionnelle, cette fonction sociale crue pour laquelle elle était née.

Le “sentiment d’insécurité “
la prison ne rachète pas, la prison ne corrige pas, elle sert seulement à confiner derrière d’épaisses murailles d’enceinte, problèmes et contradictions, que l’hypocrisie collective préfère déranger. L’économie du châtiment/punition est désormais devenue une ” technique d’invisibilisation des problèmes sociaux”. Nous nous trouvons de nouveau face à ce postulat initial, durement combattu dans les années 60 : la modernité n’a pas su penser d’autres réponses au délit, alternatives à l’internement. La prison est apparue, bon an, mal an, comme la solution la plus simple et plus économique au désordre social diffus.
L’idéologie pénitentiaire est ainsi devenue un des piliers de la culture politique contemporaine qui, en ne parvenant plus à faire vivre l’espérance, a fait de la peur et de l’angoisse un de ses répertoires les plus fructueux, en nourrissant la psychologie sociale avec les impulsions les plus troubles de l’âme humaine, devenue otage du ressentiment et de la vengeance. Ce courant est décrit par Loïc Wacquant (Punir les pauvres. Le nouveau gouvernement de l’insécurité, Agone, Paris 2004), comme un enchevêtrement confus de sentiments qui mêlent la peur de l’avenir, l’obsession pour le déclin social et l’angoisse de ne pas pouvoir transmettre son propre statut social aux fil(le)s, à cause d’une compétition pour les titres et les postes toujours plus incertaine et effrenée.
Cette insécurité sociale et mentale, diffuse et multiforme, frappe directement les familles des classes populaires pourvues du capital culturel requis pour accéder aux secteurs protégés du marché du travail; celle-ci investit aussi de larges secteurs des classes moyennes, et les nouveaux discours martiaux des politiques et des médias sur la délinquance la captent et la fixent sur la seule question de l’insécurité physique ou de la menace criminelle, et en effet supplémentaire de l’insécurité, domine le “sentiment d’insécurité”, ou bien l’état d’âme, la perception sociale du malaise, devenu un des indicateurs statistiques de grande fiabilité, capable de décider de la carrière d’un ministre de l’Intérieur ou de la Justice, ou de sommets des forces de l’Ordre.
En s’essayant à une perception sociale, ou peut-être à un sentiment, advient qu’elle soit spécifiquement dépourvue de consistance réelle, mais issu du fruit de courants irrationnels, de pulsions orientées, sollicitées par qui contrôle les médias et les sources de la communication. Domine alors l’interprétation publique la plus forte, le sentiment d’insécurité le plus conforme aux groupes sociaux qui voient leur propre point de vue mieux représenté et véhiculé. La perte des postes de travail , les licenciements, le chômage et la précarisation de l’emploi, avec les drames et les malaises sociaux et existentiels qui atteignent des familles entières, ne sont pas perçus et pris en charge comme aspect d’un sentiment d’insécurité collective, mais viennent relégués aux états d’âme de sphères sociales précises, coupables de réfuter les conditions de travail, qui autrement permettraient de soutenir la concurrence et assurer stabilité sociale et croissance économique . Il ne s’agit donc pas d’une incertitude quant au furur dérivant d’une nouvelle condition de précarisation sociale, d’un modèle darwiniste de société qui se répand, mais d’une volonté injustifiée de conserver les privilèges et les avantages.
De telle sorte que cette insécurité s’avilit en sentiment illégitime, privé de cette dignité scientifique qui lui concèderait bien d’être repris par les indicateurs statistiques, en introduisant un objectif nouveau dans l’agenda politique. D’autres phénomènes suscitent l’alarme, comme les pillages sauvages dans les villes pavillonnaires du Nord-Est, les attaques de bijouteries ou de stations d’essence avec des revolvers en plastique, les hold-up de banques à la cisaille. Il arrive ainsi que le sentiment d’insécurité, mesuré uniquement sur les paramètres de cette nature, ressorte plus élevé dans les zones urbaines aisées, où les infractions sont quasi inexistantes. C’est précisément pourquoi il s’agit de sentiment, et non pas d’insécurité vraiment. Mais une fois propagé par les médias, cela parvient à produire une paradoxale augmentation de l’indice d’inquiétude jusque dans les foules des quartiers populaires, non plus préoccupées de revenir du marché le cabas decourses vide, mais de subir d’hypothètiques assauts dans les cuisines de leurs habitats populaires.

D’un régime de sensibilité à l’autre
Est sensible la perte d’une pensée forte qui sache de nouveau rompre une telle spirale, qui soumette à une critique explicite l’idéologie pénale et relanceun nouveau projet politique capable d’affirmer un type de société où l’idée de la pénalisation ne trouve plus place. “La question n’et pas de savoir quoi faire de la prison, comment l’améliorer, ou peut-être comment adapter l’ordre pénitentiaire aux normes générales de l’État de Droit, il s’agit au contraire de se demander comment s’en débarrasser et ce, au plus vite, parce qu’et évident que nous serons sans doute considéré avec répulsion et mépris par les générations futures”, c’est autant que nous invite à le faire le philosophe Alain Brossat dans son livre concis, Pour en finir avec la prison, 2002. L’invite à remettre en discussion hérédité de la pensée, habitudes philosophiques que nous pensions intouchables, soulève des questions inconfortables et épineuses, mais peut-être c’est précisément d’un regard différent sur les/des fondamentaux qu’il convient de repartir. En reparcourant la généalogie du pénal, Brossat présente une lecture désenchantée de l’Illuminisme qui, dans le domaine du système des peines s’avance dans un moment décisif de passage d’un régime de sensibilité à l’autre. En réélaborant la thèse de Norbert Elias sur la domestication de la violence, il y note l’émergence d’une hyperesthèsie sociale, ou encore l’apparition d’un “sujet hypersensible de notre modernité” qui ne supporte pas, pour commencer, la souffrance même face au spectacle de la brutalité extrême et de la cruauté. Ce qui expliquerait bien l’avènement d’une sensibilité humaine égocentrique plus qu’altruiste.
Analyses qui nous offrent de nouveaux outils pour mieux comprendre, par exemple, cette cosmétique linguistique qui a camouflé l’essence de quelques-uns des conflits guerriers des dernières années. La “guerre éthique” de Tony Blair, les ingérences humanitaires armées, les opérations de police internationales, les occupations militaires déguisées sous la formule de “peace making” et “peace keeping”, les “bombes intelligentes”, les bombardements “chirurgicaux”, les “effets colatéraux”, le mythe de la “guerre propre au coût zéro”, font partie d’un dictionnaire novateur qui intercepte l’ineffroyable sensibilité occidentale. Le paradoxe de cette moderne impressionabilité réside dans la présence d’un sentiment d’horreur qui ne vient pas à bout de la violence, pour ne se contenter que de la rendre invisible, et cela n’est pas seulement valable pour les actes commis, mais a fortiori pour la pensée. S’est imposée en somme une sélective indignation paradoxale qui, en matière pénale, en montrant de l’aversion pour la violence explicite des supplices, entraîne la révolte devant l’internement des corps soustraits à la vue, de cette façon vouée à l’oubli et “vite privés de la pitié”.

La mise en scène du supplice

Plus que célébrer une “litanie du Progrès”, Michel Foucault, en retraçant les divers degrés de châtiments et des peines, des supplices et des prisons, visait à démontrer comment une “fonction sociale complexe” était inhérente aux punitions, qui outrepassait le simple rôle répressif. problème non seulement juridique, donc, conséquence de l’application du Droit, mais aussi fait pleinement politique. L’économie du châtiment, selon l’auteur de Surveiller et punir, appartient à ce vaste champ dans lequel interviennent les procédures de pouvoir. Les supplices de l’Ancien régime, plus que rétablir la justice, réparer un dommage, avaient pour fonction de réactiver le pouvoir en offrant au peuple le spectacle de la souffrance. Le supplice de Damiens, “le Régicide” est un des exemples historiques dont nous est parvenu une trace. Ainsi décrit-il cette affaire, Monsieur Alexandre André le Breton, greffier criminel du Parlement, soit aussi, Chancellier pénal de la Cour suprême de Justice, dans le “Précis historique” annexe aux quatre volumes des “pièces originales et procédures du procès fait à Robert-François Damiens” : en cette année 1757, Paris était traversé par une des habituelles vengeances du pouvoir royal à l’endroit des sommets du pouvoir des toques à hermine. Le Mercredi 5 janvier, à la nuit tombée, quelqu’un a, “en haut des escaliers, près de la voûte”, blessé le roi à la cinquième côte, avec un couteau; le dommage est minime, comparable à une tête d’épingle, mais cela devient une offense énorme faite au sacro-saint corps du souverain. L’auteur de l’attentat est Robert-François Damiens, chômeur, auparavant domestique en diverses maisons, muni de références discrètes et quelque anomalie comportementale. Les précédents signalent un frénétique taciturne, curieux “frondeur” élucubrateur, qui soliloque ; conscient “de l’effervescence de son propre sang”, il cherchait dans un soulèvement qu’on répandit le sang en abondance. En évoquant l’accusé, Le Breton conjugue les verbes à l’imparfait parce que “le scélérat” n’appartient déjà plus à ce monde. Il a rendu l’âme à Dieu , le Lundi 28 mars, en “Place de Grève” (l’actuelle Place de l’Hôtel de Ville), après très long supplice techniquement défectueux, ainsi qu’il en arrive de même à ces patients condamnés à la “peine d’être tirés par quatre chevaux”.
La traction des quatre chevaux n’ayant pas suffi à l’écarteler, ils y seraient arrivés si, après conseil à propos pris auprès du médecin, l’équipe d’exécuteurs des basses œuvres n’avaient empoigné les couteaux et tranché quelques tendons. “Puisqu’il arrive d’ordinaire que les tendons et les ligaments résistent et ne cèdent pas tout à fait, malgré les efforts des quatre chevaux, et même si on en rajoute, il convient à la fin de sectionner les ligaments à la jointure des os” ; alors seulement “les chevaux parviennent à arracher chacun un membre”. Le supplice dure à peine “deux heures, lui vivant”. La lame employée dans l’agression n’était pas propre à procurer des blessures mortelles. Franco Cordero, dont nous avons extrait les citations qui suivent de son manuel de Procédure pénale : “Parmi les fainéants qui fréquentaient les couloirs et les salles judiciaires du Palais”, Damiens était devenu un admirateur des seigneurs en toge, champions de la dite “liberté gallicane”, piégée par la politique ministérielle ; “on ne lui connaît pas de complices, ni de mandataires, mais les Messieurs (en ce contexte, en de telles occasions, cela comprend les Princes de sang et les hauts dignitaires), indirectement mis en cause, châtient les suspects en prononçant une sentence mémorable”.

L’escamotage de la peine et le spectacle du procès
À partir du XVIII° siècle, la religion de la confession a cédé la place à la confiance en la preuve, la réclusion se substitue à la torture, aux mutilations, aux supplices exemplaires. La justice désacralisée, la procédure pénale désenchantée, les délits imaginaires disparus, redresser et corriger, avant même encore de punir, deviennent les paroles d’ordre de l’Illuminisme pénal et du réformisme judiciaire. Les théories du Contrat social ne conçoivent plus le crime comme un attentat au corps mystique du souverain, mais comme une rupture du pacte social. L’entité de la punition doit apparaître alors graduée à l’infraction commise et surtout être sûre, parce qu’elle pourrait exercer un effet dissuasif.
Cette transformation conduit à l’escamotage de la punition, à la proscription du spectacle punitif. Le cérémonial de la peine entre dans l’ombre, pour devenir une obscure pratique administrative, substituée par la publicité en dents de scie du procès et de la sentence, moments en priorité secrets. Le volte-face est radical. Procès et condamnation, plus même que la peine, deviennent le stigmate négatif qui doit marquer le délinquant. L’exécution de la sanction paraît ainsi une ignominie supplémentaire dont la Justice a honte de la montrer. On s’en tient à distance. La peine échappe au champ des perceptions quotidiennes pour entrer en une dimension abstraite, méconnue, imaginée, non visible. L’efficacité est dévolue à son inéluctable fatalité, et non plus à son intensité perceptible. La certitude d’être puni et non plus l’abominable théâtre, la scène dégoûtante, en viennent à en représenter l’avertissement. Le corps n’est plus exposé, mais interminablement reclus. “L’impressionabilité n’est plus liée à l’éphémère intensité du supplice, à son exemplarité illusoire, mais fondée sur la durée”. Ce qui consent à la Justice de n’avoir plus à s’occuper d’assumer publiquement la part de violence qui est intrinsèque à son exercice. La punition n’apparaît plus comme telle parce que les nouvelles techniques visent à remettre le déviant dans le rang. Mais derrière le propos de “guérir “, se profile en réalité l’aspect plus concret de l’expiation, à savoir le châtiment.

L’apologétique carcérale
C’est ainsi que naît un genre nouveau: l’apologétique carcérale, un projet édifiant voué à la réinsertion d’une partie déviante de la société. Avec Beccaria et Bentham se déploie un processus de rationalisation des doctrines ainsi que de l’architecture punitive, non plus fondé sur la dégradation des corps, mais sur la corrections des mentalités. “Non pas le terrible mais passager spectacle de la mort d’un scélérat, mais le long et ostensible exemple d’un homme privé de liberté, qui devenu bête de servage, récompense la société qu’il a offensée par ses corvées, ce qui est le frein le plus fort contre les tentations délictueuses” : c’est la citation d’un passage tiré de Des délits et des peines, que Brossat propose, en notant au passage comment la philosophie pénale illuministe invente avec la prison une nouvelle fabrique de l’inhumain, qui en vient à se substituer aux abattoirs du tourment, en définissant le passage du régime du supplice sur les corps à celui de leur abandon, de la cruauté à l’insensibilité. Mais déjà, Benjamin Constant, en vieux père du libéralisme moderne, mettait en garde contre l’illusion humanitaire : “les punitions que l’on a voulu substituer à la peine de mort ne sont que cette même peine infligée avec minutie, presque toujours de façon plus lente et douloureuse.” Le bourreau disparaît mais les geôliers augmentent. Finalement, les détenus n’éprouvent plus la faim et les privations dans les prisons de l’Occident moderne et opulent; ils dépriment au contraire, pourrissent, se vident, se misérabilisent, se suicident justement. Ils font de la vie même une maladie. L’institution pénitentiaire ne tue presque plus de sa propre main, elle les laisse se tuer eux-mêmes, pendant la propagation du libéralisme économique, après la décennie 80, le nombre des incarcérés a commencé à augmenter démesurément, et les peines à gonfler sans frein. Le nombre des criminels a crû parce que s’est élargie la palette des comportements sanctionnés. La prison s’est reproposée en institution criminogène, en fabrique de la déviance qui soustend l’idée paranoïaque d’une société en liberté conditionnelle.

Le paradigme victimaire
À ce propos, Brossat signale une configuration ultérieure de la sensibilité, investie du surcroît du paradigme victimaire. Un procès de neutralisation substantielle et de dépolitisation de la figure de la victime qui, devenue une icône de la martyrologie étatique, annule “les perdants et vaincus de l’Histoire”. Derrière lequel émerge une opinion humanitaire nouvelle qui, retournant les présupposés de la critique illuministe (circulation libre des idées en un espace public autonome de la sphère étatique et religieuse), se conçoit comme un rempart avancé de la loi et de l’ordre en invoquant une nouvelle forme d’intolérance. Ce qui revient, sans plus de remords ni hypocrisie, à affirmer l’objectif uniquement afflictif de la peine. Ainsi que le reconnaissait voici plus d’un siècle le sociologue Émile Durkheim: “la peine est restée une œuvre de vengeance. On dit que l’on ne fait pas souffrir le coupable pour la seule raison de le faire souffrir. Il n’en est pas moins vrai toutefois que nous trouvons juste qu’il souffre”, et pour ça, il n’oubliait pas de recommander que “la condition pénitentiaire doit être plus draconienne que celle de l’homme libre le plus indigent”.

La rétribution symbolique
La prison ne change pas. Elle reste le lieu dans lequel l’État régule avec froideur ses comptes avec les classes dangereuses, ce en quoi il montre sans émotions ni faiblesses qui commande, en rappelant aux vaincus combien il en coûte de continuer à prétendre ignorer les règles du jeu. Cette essence politique qui est la sienne suggère donc de changer notre vision de l’ “opinion humanitaire”, sur la base d’une approche compassionnelle qui déverse sa critique uniquement sur la souffrance du détenu, mais en observant la prison comme manifestation de la violence d’État, lieu de l’exception souveraine. Cela développe une fonction politique décisive puisqu’elle réunit la communauté contre celui qui a enfreint les règles. La réclusion renforce donc le lien social, prépare la sécurisation future. Toute peine infligée orchestre une rétribution, une restauration, en réinvestissant d’une fonction lénifiante pour la conscience collective frappée par les crimes. Il n’est aucun réformisme pénitentiaire qui ait réellement insinué une telle philosophie. Aujourd’hui face à l’abyssale faillite de l’humanisme pénal, Brossat invite à rejeter définitivement la duperie fondatrice de la prison. La prison ne sert à rien et l’espérance que le Droit y fasse une entrée pleine et sereine – conclut-il – ne nous conduira pas pour autant à l’ère de “l’après prison”, mais seulement à celle d’un Droit emprisonné. Pour ce propos, ce n’est pas l’État de droit qui s’étend dans les prisons, mais le modèle carcéral qui gagne du terrain dans la société, ainsi que le démontrent les centres de permanence temporaire et les nouvelles structures de détention atténuée.

Emprisonner le Droit ou abolir la prison ?
Penser que “pour éliminer le scandale des prisons il soit suffisant de rendre adéquats leur régime interne aux normes générales de l’État de Droit”, penser qu’il soit suffisant de garantir le niveau minimum d’intégrité fondamental et l’immunité de la personne détenue, pour faire de la prison un espace définitivement “humanisé” et juridiquement correct, outre que cela renvoie à une conception purement passive des droits, compris uniquement comme tutelle pure de la personne, à l’égal d’un tuteur d’organisme végétal, muet et dépourvu de pensée propre (comme la flore sollicitée par les ambientalistes), montre l’incompréhension absolue des effets de l’internement. L’entrée en prison provoque une dégradation juridico-politique de l’interné, réduit à un simple corps ? “La détention est la preuve la plus radicale qui soit de non-appartenance à la communauté civile”. Le détenu est privé de “droits en tant que sujet”, et peut réagir avec une morgue impudente, et ainsi qu’avec autant de tampons de l’administration en bas de chaque page de son dossier, un vice-directeur d’un institut de peines répondre à un détenu qui lui demande sur quels fondements juridiques s’appuie le traitement pénitentiaire qui lui est réservé. Une condition qui renvoie à celle de l’ostracisé, du bandit, de l’exilé intérieur. Il est impensable imaginer l’exercice des libertés politiques à l’intérieur d’un système disciplinaire qui considère la sanction consubstantielle, non seulement à la privation de la liberté physique, à la réduction brutale des possibilités de mouvement, au “disciplinage” des corps, au contrôle des sentiments, des émotions, des affects, à la privation de quelques fonctions essentielles de la vie humaine, mais aussi au droit de réunion et de discussion.
Lieu concentrationnaire par excellence, la prison ne prévoit pas l’existence d’un “espace public” interne aux murs d’enceinte. Les sections sont strictement séparées les unes des autres, les cellules demeurent fermées tout le jour durant, exception faite de quelques instituts de peine. Il n’y a aucune liberté de circulation, les seuls lieux de rencontre demeurent les promenades durant les heures de sorties à l’air libre, les salles de sport (dans les centres qui en sont pourvus), les éventuels activités liées à la réinsertion, les lieux de culte. La communication emprunte alors des courants souterrains, suit des trajectoires tortueuses, s’enfonce dans de longs parcours discrets et réservés cherchant à éviter les yeux omniprésents de l’administration, en se servant de l’ancien savoir-faire des esclaves. En substance, l’hypothèse d’une “vie active”, pour emprunter une expression d’Hannah Arendt, ou en d’autres termes, l’exercice de la citadinité, à l’intérieur de laquelle l’individu détenu se trouve être envisagé aussi comme être pensant, capable de produire de l’activité relationnelle de type sociale, politique et culturelle, n’étant à aucun moment pris en considération, et même entravé autant qu’il est possible. Si la communication entre détenus n’est pas formellement interdite, sauf explicites précautions/garanties de l’autorité judiciaire, l’entière machinerie pénitentiaire est construite pour l’empêcher, l’intercepter, la supprimer.

Quelle peut alors être l’issue d’évasion de l’idéologie pénitentiaire ? Désincarcérer la société voudrions-nous entendre répondre. Mais combien sont prêts à scier les barreaux qui emprisonnent leur propre conscience ?

Traduit de l’italien par Sedira Boudjemaa

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Paolo Persichetti
23 maggio 2005

Con uno stile che a tratti cerca di imitare la moda gauchiste del noir, Segio copertina-miccia-corta1 narra in forma d’epopea l’evasione organizzata, il 3 gennaio 1982, dal carcere di Rovigo. In realtà il testo è un pastiche di generi diversi: si apre con una lunga introduzione “precauzionale” (non sia mai che il magistrato di sorveglianza si arrabbi), nella quale si avverte il lettore che i fatti raccontati non implicano il tragitto successivo del protagonista, ravvedutosi ampiamente delle sue gesta precedenti. Dopo aver recitato la penitenza l’autore finalmente si avventura nel racconto dell’assalto portato alle mura del carcere. Episodio narrato, almeno nelle intenzioni iniziali, col punto di vista di chi vorrebbe riprodurre parole, sentimenti, emozioni dell’epoca; quelle integrali e genuine, non quelle filtrate e deformate dalla memoria. In realtà, l’artificio letterario ricercato non riesce. La sequenza della giornata è intercalata da lunghi e noiosi intermezzi che diventano veri e propri excursus sulla nascita e la storia di Prima Linea, proposti dall’io narrante insieme ad altre riflessioni e considerazioni che svariano nel tempo, celando malamente il senno (?!) del poi spacciato per l’avvedutezza del prima. Ove mai nel frattempo qualcuno avesse frainteso le intenzioni di un racconto fin troppo compiaciuto sull’evasione, o l’incedere minuzioso di lunghi passaggi sull’armamento, i vari calibri ben oliati, le loro caratteristiche, gli usi possibili e consigliabili, nonché i riferimenti alle marche di champagne e ristoranti alla moda che sembrano anticipare gli anni della Milano de bere, il volume si conclude con un apparato di lettere e articoli che descrivono il percorso politico successivo alla cattura, per ricordare l’esperienza carceraria che condusse alla creazione delle «aree omogenee», al mutato giudizio sul passato, a quell’autocritica degli altri che prese il nome di «dissociazione della lotta armata». Nonostante, in quel 1982, Segio avesse maturato la convinzione del fallimento della lotta armata, egli si racconta avvinto da un ineluttabile destino: «non c’è salvezza possibile per chi ha sognato di cambiare il mondo». Inanellando una serie impressionate di goffe citazioni scapigliate, fa torto a quella generazione che gli fu accanto nel lottare e che trascina nel «novero dei destinati alla sconfitta, che non scelgono l’esilio ma di andare sino in fondo, pagando quel che bisogna pagare al sogno a lungo coltivato». Come immerso nella recita di un consunto copione dannunziano, raffigura se stesso e i suoi compagni avvolti in un’atmosfera d’estetismo combattente, «anime capaci di tenerezza» che sceglievano «di morire non nella lenta emorragia della vita ma di fretta, senza risparmio, come candele accese dai due lati[…] non per malattia del corpo ma per quella della coerenza, per un’inguaribile infezione dell’anima». Poeti armati, esercito scapigliato, tribù del “mucchio selvaggio”, novelli sturm und drang del settantasette nostrano, sognatori impazienti, adepti del carpe diem. «I nostri attimi sono eterni e ci ripagano di tutto», quelli del nonostante tutto, fiori appassiti più che fiori del male, maledetti mancati ma redenti riusciti. Le parole incedono al rimirar la poesia del gesto, la metrica dell’intenzione che conduceva ad un eroico «andar incontro alla bella morte» di saloina memoria. A metà tra l’imitazione di Marinetti e quella del Vittoriale, non manca persino il lieto fine holliwoodiano che condanna i protagonisti a vivere finalmente ravveduti e contenti. Al di là di tutto, il libro una sua utilità la conserva comunque, poiché consente di comprendere meglio l’intimità corrotta della dissociazione e dei suoi personaggi di maggiore spicco, i suoi aspetti reconditi, un certo malanimo, la molta falsa coscienza. Esemplare il risentimento schiumoso verso quei militanti che hanno sempre criticato il modello dissociativo. Forse è la prima volta che uno dei maggiori esponenti di quel movimento-istituzione, che fu appunto la dissociazione della lotta armata, affronta apertamente un tentativo di ricostruzione di quel percorso. Il tentativo c’è stato. La ricostruzione un po’ meno. La storia può attendere.

Link
I Ravveduti
Segio: “La mia rivoluzione era un pranzo di gala”
La Prima linea, il film che vorrebbe seppellire gli anni 70 sotto il peso del senso di colpa
L’esportazione della colpa
Sergio Segio: “Scalzone e i parigini condannino la lotta armata”
Segio ha dimostrato solo di avere ancora molte cambiali da pagare per la sua libertà”
“Monsieur de la calomnie”
Scalzone: “Caro Segio, non c’ è nulla da cui mi devo dissociare”
Sergio Segio, il narcisismo del senso di colpa
Segio e l’ideologia del ravvedimento
Il Merlo il dissociato e il fuoriuscito


24 agosto 2002: storia di una “consegna straordinaria”

Retroscena di una estradizione

Paolo Persichetti
Liberazione
venerdì 15 aprile 2005

Era una calda sera d’estate quella del 24 agosto 2002 e l’Italia aveva urgente bisogno di recuperare uno di quei giovani maledetti degli anni ribelli per offrirlo in pasto all’opinione pubblica. Una grossolana impostura, escogitata con l’intento di fornire l’immagine truccata di un brillante successo operativo dopo l’attentato mortale contro Marco Biagi, ucciso pochi mesi prima da un piccolo gruppo che aveva riesumato dal museo della storia una delle ultime sigle della lotta armata. Un paese distratto e annoiato, persino futile, conquistato dall’avidità dell’oblio, impaurito dalla possibilità di sapere, era stato scosso dal frastuono di quegli spari improvvisi. Irritato dal brusco risveglio, aveva rovistato furiosamente in un passato ormai sconosciuto. Cercava in spazi e tempi lontani i responsabili di quei colpi senza radici. Attribuiva al passato quella che era una surreale imitazione figlia del presente. Cercava nelle figure di ieri dei colpevoli per l’oggi. estradizioneFu così che all’alba del giorno seguente venni scambiato nel tunnel del Monte Bianco. Metafora di un accordo sotterraneo, siglato al di fuori di ogni trasparenza, concluso nel ventre della terra, lontano dalla luce del sole, distante dal chiarore del giorno, dopo una folle corsa nella notte. Quella furtiva consegna celava una flagrante violazione della legalità internazionale: una persona non può essere estradata per dei fatti posteriori a quelli indicati nel decreto, in assenza di una nuova richiesta e previa verifica del suo fondamento. Pur di avallare il teorema della centrale francese le autorità hanno agito aggirando tutti gli obblighi previsti dalla convenzione europea sulle estradizioni.
I passati rivoluzionari faticano a diventare storia, adagiati nel limbo della rimozione, periodicamente vedono schiudersi le porte dell’inferno che risucchia brandelli di vita, trascina esistenze sospese. Lasciti, residui d’epoche finite che rimangono ostaggio dell’uso politico della memoria. Non un passato che torna ma un futuro che manca. La concomitanza con l’anniversario dell’11 settembre ricordava quanto la musica nel mondo fosse cambiata. Era tempo ormai per un forte richiamo all’ordine, alla riaffermazione dell’autorità, al rispetto assoluto della legge, al ripristino della certezza della pena. In un fondo di Barbara Spinelli, intitolato «Gli assassini tornano di moda», venivo seriamente redarguito perché i prigionieri e i rifugiati non avevano mai fatto atto di pubblico pentimento. Poche settimane più tardi, nel silenzio cimiteriale di una cella d’isolamento, una lettera anonima riprendeva l’argomento consigliandomi di collaborare con la giustizia, se volevo uscire da quella sentina della terra. Una richiesta surreale che undici anni dopo cercava ancora le prove del verdetto emesso in corte d’appello.
Alla fine di una lunga trafila burocratica, anche il magistrato di sorveglianza non ha autorizzato i permessi d’uscita perché: «non risulta che abbia pubblicamente assunto posizioni di dissociazione della lotta armata, tanto più necessaria alla luce della grave recrudescenza del fenomeno terroristico dichiaratamente ispirato all’ideologia delle Brigate rosse». Una richiesta irricevibile poiché costituirebbe una resa di fronte a trattamenti differenziali e premiali che hanno incrinato il principio di eguaglianza di fronte alla legge e trasformato l’inchiesta, il processo e il carcere, da sedi di verifica e ricerca della prova o svolgimento della pena, in mercati delle indulgenze, fiere dello scambio politico, luoghi dove si riceve un po’ di futuro in cambio del proprio passato. Diceva a tale proposito Jeremy Bentham che «la sfera della ricompensa è l’ultimo asilo dove si trincera il potere arbitrario».
Le diverse formazioni in cui erano divise le Brigate rosse degli anni 80 si sono estinte alla fine di quel decennio. Una netta discontinuità politica fu sancita dai militanti dell’epoca. Lo striminzito gruppo apparso solo più tardi, negli anni 90, sotto la sigla Ncc, è sorto con un evidente intento polemico nei confronti dei fuoriusciti e dei prigionieri che durante gli ultimi grandi processi dell’87-89 avevano decretato la chiusura del ciclo politico della lotta armata. Ogni confusione con le epoche precedenti è dunque ingiustificata e strumentale. Non ci sono ambiguità intrattenute. Chi sostiene il contrario nel ceto politico, nel governo o tra gli apparati investigativi e giudiziari, offre solo la prova di una sorprendente osmosi culturale, una micidiale simmetria d’atteggiamento con gli autori degli attentati D’Antona e Biagi. I quali hanno tutto l’interesse a rimuovere i percorsi politici condotti dagli ex militanti della lotta armata nel decennio 90.
La dissociazione è l’esatto contrario di una disposizione dell’animo, un afflato della coscienza, un soprassalto dello spirito che sosterrebbe nobili percorsi di distacco interiore, assolutamente liberi e disinteressati, ma un tipico modello di autocritica degli altri, che ricava vantaggi giudiziari e penitenziari dall’esportazione delle proprie responsabilità. Paradossalmente il protrarsi della lotta armata, da cui essa pretende un cinico distacco, è il presupposto della sua forza contrattuale. Qualcosa d’assolutamente opposto al divenire politico del fenomeno stesso, al suo approdare altrove, al suo oltrepassarsi attraverso un tragitto assolutamente autonomo, sottratto a qualsiasi forma di connivenza o compiacenza col potere, come è avvenuto alla fine degli anni 80.
La riesumazione di questo vecchio arnese dell’emergenza riporta strumentalmente in dietro di decenni i percorsi politici realizzati. Una caricatura archeologica che si spiega con la maligna intenzione di costruire un nesso morale, in assenza di quello materiale, tra i militanti degli anni 70-80 e gli episodi del 1999 e del 2002. La responsabilità viene così ad assumere una singolare dimensione transitiva, utile per ricacciare indietro il timore di dover riconoscere che quei nuovi colpi d’arma da fuoco siano anche responsabilità di chi ha cullato il paese nella rimozione, di chi quell’oblio ha teorizzato e incensato, di chi in questo modo ha evitato imbarazzanti domande. Il rifiuto ostinato dell’amnistia, mantenendo gli insorti simbolicamente emarginati nei recinti carcerari o nei limbi disciplinari d’esistenze semipenitenziarie, ha congelato il tempo, cristallizzato le epoche, e tentato d’impedire a quel sapere incarcerato, a quelle esperienze sotto chiave o esiliate, di far valere le ragioni dell’irriproducibilità dei modelli di lotta armata trascorsi. Non anatemi morali ma autonome valutazioni politiche udibili dalle componenti sociali antisistema. Tutto questo è mancato. L’Italia è rimasta fedelmente ancorata alle politiche dell’urgenza, allo stato d’eccezione, ai modelli dell’abiura che hanno facilitato il reistallarsi della coazione a ripetere. L’esilio e il carcere hanno alterato la coscienza del tempo, rafforzando nella società la tentazione di considerare immutabile il rimosso.
Negli anni passati, prigionieri e fuoriusciti, se non altro per quella saggezza che fuoriesce dal disagio di chi deve confrontarsi con circostanze sfavorevoli, hanno dovuto misurarsi con la sconfitta esplorandone gli aspetti più reconditi, vivendola sui propri tragitti esistenziali, tra esili senza asilo e castighi. All’anatema hanno opposto la riflessione. Avrebbero potuto barricarsi nelle torri in cemento blindato delle carceri, trovare conforto nell’isolamento penitenziario che gli era destinato, arroccarsi nel dolore per le vittime della propria parte, sentirsi l’emblema sacrificale di un martirio metastorico, vivere di una mortifera nostalgia che come scrive Milan Kundera, «non intensifica l’attività della memoria, non risveglia ricordi, basta a se stessa, alla propria emozione, assorbita com’è dalla sofferenza». Invece hanno rifiutato tutto questo. Non si sono sottratti alla realtà mutata che rendeva obsolete le loro scelte passate. Hanno cercato, nonostante i muri e le sbarre, di andare oltre. Sono evasi dalla loro pena, sono fuggiti ai carcerieri rimasti a sorvegliare solo i fantasmi di una società attardata, ancora madida di rancore contro le immagini vuote d’icone da odiare.
I «vincitori», o quel che ne è rimasto, cosa hanno fatto? Adagiati sopra e poi travolti dagli stessi dispositivi concepiti per sconfiggere gli insorti non hanno saputo condurre a termine la benché minima elaborazione collettiva del lutto. Si rimproverano dei singoli per aver eluso un discutibile senso di colpa, mentre la società italiana è stata interamente conquistata dalla rimozione. Ciò che per i prigionieri e i rifugiati, ma anche per settori della società civile, è oramai storia, materia d’indagine e inchieste serrate da discutere con le tecniche fredde delle scienze sociali, per la quasi totalità del ceto politico e della magistratura resta una ferita aperta, strumentalmente intrattenuta come una piaga viva che non può e non deve cicatrizzarsi. Allo scandaglio del lavoro storico si contrappone la venerazione di una memoria trasfigurata nel culto di un dolore non riassorbibile. Al lavoro d’incorporazione del passato, doloroso e conflittuale, si sostituisce un atteggiamento di rifiuto che fa di esso una trincea su cui attestarsi. L’elaborazione del lutto diventa in questo modo, secondo una consolidata tradizione inquisitoriale, uno strumento di bonifica delle coscienze che aggiunge alla sanzione sui corpi anche la correzione delle menti. Si afferma in questo modo una narrazione penitenziale della storia contrassegnata da totem e tabù, miti fondatori e comportamenti demonizzati. La complessità sociale degli eventi si riduce ad una rozza contrapposizione tra bene e male, il decennio dei movimenti e dei conflitti diventa storia di delitti. I fatti perdono ogni loro dimensione sociale per acquistare unicamente rilevanza penale mentre la militanza si confonde con la devianza. Come in un perfetto esorcismo, gli anni 70 diventano il capro espiatorio del Novecento italiano, il capitolo che manca al livre noir du communisme.
A conti fatti, riflettere su questo passato che non passa, cercando di non farlo restare un’àncora, un peso, una zavorra, ma di scioglierlo nel presente, si è dimostrato una inutile fatica di Sisifo. Uno sforzo vano e inviso, causa di pregiudizio e di sospetto perché non recuperabile e integrabile attraverso logiche premiali e dissociative, ma quel che è peggio, oggetto di un vero e proprio misconoscimento, fatto nullo e non avvenuto, circostanza azzerata, pagina sbiancata.

Quell’abbandono dell’amnistia che ha portato la sinistra all’abbraccio mortale con legalitarismo e giustizierismo

Libri – Stéphan Gacon, L’Amnistie, Seuil, Paris 2002

Amnistia e sinistra sembrano così aver definitivamente divorziato. La mutazione genetica è profonda. A cavallo tra il 1980 e il 1990, il Pci e i suoi eredi fanno del suo rigetto un elemento distintivo della loro legittimità istituzionale. Male, colpa e vittima, assunte a nuove categorie di una visione morale del mondo relegano la politica in luoghi reconditi e infimi. Fatti sociali ritmati da una periodicità storica, che consentiva la possibilità di un loro riassorbimento, vengono inclusi in una metafisica e immutabile nozione di male, categoria suprema che destoricizza e desocializza gli eventi, sacralizzandoli

Paolo Persichetti
Liberazione
mercoledì 2 marzo 2005

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Foto di Valentina Perniciaro

«Secondo me, amnistia è la parola più bella del linguaggio umano». Così si esprimeva Gauvin, il personaggio che in Quattre-vingt-treize Victor Hugo oppone al giacobino Cimourdain e al vandeano Lantenac, riconoscibili per la loro marcata propensione alla rappresaglia che aveva trasformato la spirale rivoluzione-controrivoluzione in una vendetta infinita. Dopo i massacri e la repressione seguita ai moti del 1848 ed ancora di più sulle ceneri della Comune, radicali, socialisti e blanquisti, cioè l’ala più progressista della borghesia e le prime organizzazioni politiche del movimento operaio, si riorganizzano attorno alla parola d’ordine dell’amnistia, sulla quale fondano o rifondano la propria esistenza fino a farne una leva di liberazione più generale, come ricorda il libro di Stéphane Gacon, L’Amnistie, Seuil 2002. La sinistra politica e sociale ricostruisce la propria legittimità grazie alla battaglia per l’amnistia che diverrà per buona parte del Novecento uno dei repertori più utilizzati, un vero e proprio segno identitario anteposto alle politiche repressive dello Stato, all’azione della magistratura e delle forze di polizia.
Dopo un lungo secolo segnato da traumatici cicli di rivoluzione e restaurazione, proscrizioni e repressioni, l’amnistia irrompe nell’universo politico e mentale della corrente repubblicana di fine ottocento. Essa diventa una delle «pietre miliari» – come dirà lo stesso Léon Gambetta – sulla quale viene edificata la terza Repubblica francese. Facendovi ricorso, i repubblicani d’osservanza moderata mirano a dare un compimento definitivo alla rivoluzione borghese, trasformandola da perpetua insurrezione costituente in potere finalmente costituito. L’amnistia contribuisce a creare un legame fondamentale tra passato, presente e futuro. La nazione repubblicana non può, infatti, concepirsi senza un passato condiviso. Questa illusione originaria è il fondamento del mito repubblicano costruito sull’unità della nazione e sulla partecipazione di tutti i cittadini alla vita pubblica.
Anche la sinistra parlamentare ritiene l’amnistia il primo gesto simbolico da realizzare per avviare quella «repubblica sociale» dove possano coabitare tutte le correnti di pensiero.
6944031 I nemici dell’amnistia sembrano invece rimasti uguali nel tempo. I loro discorsi e le loro rappresentazioni appaiono immutate. Tratteggiano trame ordite da agenti di un complotto straniero che dopo la Comune chiamava in causa l’attività dell’Internazionale, mentre per i nostri anni Settanta guardano al Kgb o alla Cia, e più recentemente alla Dgse francese, secondo le diverse scuole di pensiero e parrocchie politiche. Anche solo evocare un’ipotesi d’amnistia indigna profondamente. La giustizia deve sempre seguire il suo corso fino in fondo, sfoggiando pene esemplari. Allora come oggi, l’appello alla severità accomuna ambienti della destra e della sinistra. All’epoca la riprovazione maggiore si rivolse contro le pétroleuses, queste nuove streghe dell’Ottocento accusate di aver appiccato incendi con le lampade a petrolio. Molte di loro furono fucilate senza processo. I parigini insorti vennero descritti come un «pugno di scellerati dagli ideali sanguinari e rapaci» (Journal officiel del 22 marzo 1871). La stampa si adoperò per presentare la Comune come una grande impresa di brigantaggio, trasformandola in un informe coacervo di crimini di diritto comune. La spoliticizzazione degli eventi resta il grande fondamento di ogni diniego d’amnistia.
«La guerra civile è una specie di reato universale», rispose Victor Hugo, ma la vendetta fu sorda e inesorabile e si annunciò col discorso sulla fermezza delle genti oneste pronunciato da Auguste Thiers il 22 maggio 1871, all’inizio della settimana di sangue: «Noi siamo le genti oneste; giustizia sarà fatta con metodi regolari. Solo la legge interverrà, ma sarà eseguita col massimo del rigore[…] l’espiazione sarà completa, ma sarà, lo ripeto, l’espiazione che le genti oneste devono infliggere quando la legge lo esige, l’espiazione in nome della legge e attraverso la legge». Le oneste truppe delle genti oneste realizzarono decine di migliaia di esecuzioni sommarie nelle strade e più di 43 mila arresti. Circa 50 mila saranno le decisioni di giustizia, più di 80 le condanne a morte emesse dalle corti militari. Diecimila i proscritti e migliaia i deportati. Le corti speciali agirono convinte di avere una missione religiosa da riempire, un ideale etico, un ruolo combattente: estirpare il male dalla società, offrire un esempio per l’avvenire, una prova di purificazione redentrice.
I salvati della Comune non dimenticarono i sommersi e così la sinistra sociale si riorganizzò attorno alle «elezioni incostituzionali», presentando ripetutamente Auguste Blanqui come il candidato dell’amnistia. A Bordeaux, nel 1879, questi vinse addirittura su un repubblicano moderato. Nei lunghi decenni successivi, oltre ad essere lo strumento col quale il movimento operaio cercherà di tutelare dalle repressioni giudiziarie i propri cicli di lotta, l’amnistia diventa una solare parola di libertà e speranza, legata a una visione del mondo nutrita di tolleranza, fraternità e solidarietà.
Ma alla fine del XX° secolo, l’amnistia perde quella legittimazione che ne aveva fatto un mezzo necessario ed efficace per sottrarre il conflitto alla violenza e ricondurlo sui binari del confronto politico. Male, colpa e vittima, assunte a nuove categorie di una visione morale del mondo relegano la politica in luoghi reconditi e infimi. Fatti sociali ritmati da una periodicità storica, che consentiva la possibilità di un loro riassorbimento, vengono inclusi in una metafisica e immutabile nozione di male, categoria suprema che destoricizza e desocializza gli eventi, sacralizzandoli.
Amnistia e sinistra sembrano così aver definitivamente divorziato. La mutazione genetica è profonda. A cavallo tra il 1980 e il 1990, il Pci e i suoi eredi fanno del suo rigetto un elemento distintivo della loro legittimità istituzionale. Essa è ormai presentata come un diniego di giustizia nei confronti d’episodi che volutamente non vengono più riconosciuti come politici, benché siano stati repressi con l’ausilio di strumenti giuridici che perseguono il delitto politico per eccellenza. Nell’affrontare gli anni Settanta, la letteratura di partito si colora d’accenti che ricordano i toni foschi delle pagine versagliesi o le paranoie complottiste della destra legittimista. Allo scandaglio del lavoro storico si contrappone volentieri la venerazione della memoria trasformata nel culto di un dolore che non cicatrizza ma cristallizza il passato, tiene aperte le ferite trasformandole in piaghe. La democrazia concepita come stadio finale della storia depoliticizza il conflitto e criminalizza il nemico interno, diventando l’alibi supremo contro ogni possibile ricorso a soluzioni amnistiali. La finzione che presuppone il gioco democratico moderno, ovvero quel volersi proporre come il compimento stesso della politica, il grado più elevato della sua capacità inclusiva, si trasforma in una gabbia totalitaria, incapace di concepire l’altro da se. Evocare l’amnistia equivarrebbe a voler riconoscere la persistenza di conflitti di fondo, la presenza di una disarmonia politica. Abbandonare quest’ipocrisia, accettare l’idea del conflitto, è forse l’unica residua possibilità capace di calare di nuovo l’idea di democrazia tra le rughe della storia, consentendo di recuperare quei necessari strumenti di ripoliticizzazione delle controversie, dopo aver affrontato traumatiche fasi di divisione e scontro. Altrimenti le democrazie si vedrebbero condannate ad un insanabile paradosso: ribadire la figura del nemico irriconciliabile nel momento in cui vorrebbero affermarsi come un modello di superamento dell’inimicizia politica.

Per saperne di più
Amnistia per gli anni 70
L’amnistia Togliatti
La fine dell’asilo politico
Una storia politica dell’amnistia
Politici e Amnistia, Tecniche di rinuncia alla pena per i reati politici dall’Unità d’Italia ad oggi

Esilio e castigo, retroscena di una estradizione /1

Estratti dal libro Esilio e castigo, Paolo Persichetti, La città del sole edizioni 2005

Retroscena dell’inchiesta e delle manipolazioni attorno alle indagini condotte dal “gruppo di lavoro sull’omicidio di Marco Biagi” e dalla procura di Bologna

Capitolo VII – “Blu come un camoscio” /Prima parte

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Perché non fu il pm Paolo Giovagnoli stesso a emettere subito il decreto di sequestro, invece di chiedere a un’altra autorità giudiziaria di farlo al suo posto, nell’ambito di un’inchiesta che ben poca utilità potrà ricavare da quel reperto? In quel settembre 2002, l’illecita esigenza di mantenere occulta l’indagine contro Persichetti e preservare la segretezza sembra essere preminente e assoluta. Circostanza che induce la procura bolognese a commettere un grossolano errore, probabilmente indotta dal delirio d’onnipotenza, dal senso d’impunità ricavato dal sostegno politico unanime che l’estradizione, strappata alla Francia con un bluff, aveva ottenuto. Bologna si sente un crocevia delle inchieste sul “nuovo terrorismo”. La città “sazia e disperata” esce dall’alveo della provincia opulenta e sonnacchiosa per salire alla ribalta delle indagini sull’eversione. Sente di avere in mano la pista giusta che la farà emergere sulle procure rivali. Ma la legge è chiara: un bene non può essere sottomesso a vincolo cautelare, e in ragione di ciò abusivamente sottoposto ad atti istruttori, in assenza di un motivato decreto di sequestro. Si pensa allora di aggirare l’ostacolo, interpretando in modo “creativo” l’art. 371 cpp, equiparando lo scambio del reperto a quello delle copie di atti e informazioni che può avvenire tra diverse autorità giudiziarie. In questo modo la procura potrà anche eludere la reazione della difesa, evitando la contestazione del sequestro e il contraddittorio preliminare che avrebbe aperto un varco sul fronte dell’accusa, disvelandone la trama e mettendo in luce l’inconsistenza indiziaria delle sue ipotesi. Per rinforzare il suo teorema con delle prove vere e solide, Giovagnoli

Zainetto color camoscio blu

Daltonismo giudiziario: ecco lo zainetto che secondo il sostituto procuratore di Bologna Paolo Giovagnoli era di color camoscio

cerca in tutti i modi di guadagnare tempo. Solo la possibilità di agire in segreto gli avrebbe offerto la garanzia di poter continuare a indagare senza intralci, o meglio sarebbe dire imbastire impunemente artificiosi castelli indiziari, miserabili patacche probatorie. Solo restando nascosto poteva evitare il rischio di doversi misurare con un’estensione della domanda d’estradizione in presenza di un fascicolo terribilmente vuoto. Il 27 settembre 2002, la Digos romana risponde inviando copia delle agende, nonché gli estremi delle carte di credito e dei codici Imei dei telefonini cellulari sequestrati, e informa Giovagnoli che lo «zainetto marca Samsonite» era stato trasmesso presso l’ufficio del dottor Vitello, titolare del decreto di sequestro. Il 30 novembre 2002, alle ore 12.30, lo zainetto si trova negli uffici del nucleo operativo dei carabinieri di Bologna, dove viene sottoposto a ricognizione.

Com’era finito lì?
La risposta ce la dà Giovagnoli stesso, in una lettera che il 2 novembre aveva indirizzato al dirigente della Digos romana: «Facendo seguito al colloquio presso codesto ufficio del 11.10.2002 – scrive il sostituto procuratore bolognese – chiedo che vogliate trasmettere a questo ufficio per il tramite della polizia giudiziaria Digos, lo zaino nonché la copia del disco per personal computer sequestrati al detenuto in riferimento e della consulenza tecnica disposta sullo stesso disco, nonché di altri atti eventualmente compiuti nell’ambito dello stesso procedimento». Stupisce questo ossessivo attaccamento a un banale portacomputer, dalle pareti rigide e imbottite, che non è destinato ad allargarsi a sacco come un normale zaino da spalla, che dunque non lo è anche se alcuni vorrebbero che fosse. C’è da parte del sostituto procuratore di Bologna una sorta di feticismo compulsivo che ricorda la coperta di Linus, quell’infantile oggetto di transizione che ha preso il posto dell’orsacchiotto o del succhiotto, spesso sinonimo d’infanzia infelice.
Eppure i telefonini, le carte di credito, le agende telefoniche sono tradizionalmente risorse fondamentali per le indagini. Veri e propri tesori informativi. Come mai in questo caso non destano nessun particolare interesse? Ma perché da essi non emerge nulla. Anzi solo prove difensive. Le schede ricaricabili Sim non sono attivabili in Italia. Gli stessi telefoni non funzionano con carte italiane, mentre il traffico telefonico non conduce oltre il giro dei familiari. Le carte di credito funzionano solo Oltralpe. Le agendine sono stracolme di nomi francesi, oppure di giornalisti e addirittura di qualche politico italiano. Quanto all’agenda di lavoro, essa suscita solo imbarazzo negli inquirenti. Infatti, nei giorni che precedono o che coincidono con l’attentato sono annotati numerosi e precisi impegni e appuntamenti. Sono tutti molto dettagliati, quindi verificabili, come[…] gli impegni per il 13, il 14 (lezione all’università, sala b 235, ore 16.30-19.00) […]

di blu c'è solo un bel cielo

Camoscio: di blu c’è solo un bel cielo

Insomma, gli inquirenti avevano in mano una mole enorme d’elementi e spunti d’indagine per verificare da subito, senza particolari difficoltà, i suoi spostamenti in quei giorni del marzo 2002. Peraltro sarebbe bastato chiedere a lui stesso, cosa che al contrario non hanno mai fatto, neanche quando decisero di ascoltarlo come teste informato sui fatti, il 12 febbraio 2003. Periodo nel quale la procura cercava ancora di nascondere le proprie intenzioni. Capziosamente invece si sono solo interessati ai computers presenti nella sua abitazione ed a quelli di due suoi vecchi amici, di cui uno ex coimputato, presso i quali hanno cercato tracce probatorie collegate alle sue attività. Il postulato accusatorio li conduceva a cercare il suo fantasma in Italia e ignorare la sua presenza fisica in Francia.

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Negato il permesso all’ex Br Paolo Persichetti per il libro che ha scritto

Esilio e castigo, restroscena di una estradizione /2

Estratti dal libro Esilio e castigo, Paolo Persichetti, La città del sole edizioni 2005


Retroscena di una inchiesta e manipolazioni attorno alle indagini condotte dal “gruppo di lavoro sull’omicidio di Marco Biagi” e dalla procura di Bologna

Capitolo VII – “Blu come un camoscio” /Seconda parte

 

Questo accecamento colpevolista è all’origine di un grottesco episodio d’omonimia. Il 23 gennaio 2003, Giovagnoli invia la Digos nell’abitazione di un’attivista romana, già attenzionata in precedenti indagini e confusa con la sorella di uno dei suoi amici perquisiti. Nessuno in procura e in questura si era preoccupato di verificare la reale consanguineità tra i due. La semplice omonimia bastava agli inquirenti, a cui non sembrava vero di aver finalmente trovato il “contatto” tra Persichetti e ambienti ritenuti “filoeversivi”, così da poter avvalorare lo sgangherato teorema della centrale francese. Ovviamente la perquisizione non darà alcun esito, perché i due non si conoscevano affatto. Se gli investigatori avessero controllato meglio, invece di lasciarsi sopraffare dall’abusiva correlazione fra due cognomi identici, si sarebbero accorti dell’errore maldestro.

La vera sorella dell’amico di Persichetti si chiamava Nicoletta, come era facile rilevare anche dall’agendina telefonica a lui sequestrata, e non Paola, coma la donna perquisita. Ennesima dimostrazione dei metodi approssimativi di un’inchiesta incapace d’accertamenti banali, quanto essenziali, per evitare scambi di persona. Ancora una volta, però, l’errore era figlio di postulati che non solo sfuggivano a qualsiasi verifica, ma addirittura si avvalevano di farneticanti invenzioni e contraffazioni della realtà. Solo grazie all’indagine difensiva condotta dall’avvocato Francesco Romeo, nel giugno 2003, verranno finalmente depositate agli atti sedici testimonianze che dettagliano ad abundantiam i suoi movimenti e le sue attività nel periodo incriminato. Le annotazioni presenti nell’agenda trovano così ampi riscontri a cui si aggiungeranno anche nuove circostanze, come la “cena politica” del 19 marzo al Marais, o gli appunti forniti da alcuni studenti sulla lezione tenuta il 14 marzo. Insomma, un piccolo campione, selezionato unicamente per esigenze di sinteticità, di quanto la procura avrebbe potuto raccogliere se solo avesse avuto l’intenzione di accertare la verità e non di fabbricare un colpevole. Ma ormai a Bologna sono obnubilati. Non possono tornare indietro. Tengono stretta la preda che hanno inventato. Ogni loro passo successivo è viziato dalla necessità di legittimare il postulato iniziale. C’è una compresenza di elementi diversi tra investigatori e magistrati che dà luogo a un impasto surreale, una sinergia che non funziona e che risponde a strani imput.
Il gruppo di lavoro su Marco Biagi è un coacervo estemporaneo d’incompetenze e limiti che si sommano l’un l’altro. Lo dirige l’ex capo della mobile veneziana, un funzionario assolutamente digiuno d’inchieste sui gruppi sovversivi, senza background culturale sul fenomeno. Non conosce le storie di quei movimenti, le loro filiazioni, le differenze culturali, confonde le sigle, sottovaluta le scissioni, ignora la discontinuità decisiva del decennio 90. Per lui e per gli altri “mobilieri” un ex brigatista vale l’altro, le sigle si equivalgono, pure quelle scomparse da più di un decennio. Le resuscitano, attribuiscono intenzioni, riscrivono biografie e identità pur di far coincidere la realtà con i loro pregiudizi e la loro ignoranza. Quelli delle Digos non sono da meno. Anche loro sono malmessi dopo che alla fine degli anni 80 il fenomeno della lotta armata si è estinto. Molte “memorie storiche” sono andate in pensione, i nuovi non hanno esperienza, si sono fatti le ossa con l’hooliganismo degli stadi e qualche centro sociale. Non sanno leggere i documenti, altrimenti saprebbero quello che gli autori dei nuovi attentati ribadiscono da tre anni in tutte le salse: siamo gli Ncc, più qualche altro raccolto per strada, abbiamo ripreso la bandiera delle Br-Pcc di cui intendiamo proseguire il percorso interrotto – la cosiddetta “continuità oggettiva” – e le Br-Pcc a cui guardiamo non sono quelle della «ritirara strategica»(1) dell’82, ma quelle della prima posizione fuoriuscite dalla rottura organizzativa dell’84-85. In un manoscritto di dodici pagine a circolazione interna e nel quale si delinea in piena franchezza il bilancio fallimentare del «rilancio» della lotta armata avvenuto con l’azione D’Antona, documento citato dal Corriere della sera del 18 maggio 2004 e ritrovato dalla Digos nel dicembre 2003, all’interno del deposito che le «nuove Br» avevano predisposto in tutta fretta in via Montecuccoli a Roma, dopo il conflitto a fuoco del marzo precedente sul treno Roma-Arezzo, si può leggere: «Noi storicamente non siamo le Br-Pcc ma gli Ncc[…] le Br-Pcc appartengono al proletariato, sono state il suo strumento politico-organizzativo e la classe vi si riconosce, per cui anche la non appartenenza politico-organizzativa dà un diritto-dovere di riprenderne il cammino».
Quelli delle Digos non sono da meno. Anche loro sono malmessi dopo che alla fine degli anni 80 il fenomeno della lotta armata si è estinto. Molte “memorie storiche” sono andate in pensione, i nuovi non hanno esperienza, si sono fatti le ossa con l’hooliganismo degli stadi e qualche centro sociale. Non sanno leggere i documenti, altrimenti saprebbero quello che gli autori dei nuovi attentati ribadiscono da tre anni in tutte le salse: siamo gli Ncc, più qualche altro raccolto per strada, abbiamo ripreso la bandiera delle Br-Pcc di cui intendiamo proseguire il percorso interrotto – la cosiddetta “continuità oggettiva” – e le Br-Pcc a cui guardiamo non sono quelle della «ritirara strategica»(1) dell’82, ma quelle della prima posizione fuoriuscite dalla rottura organizzativa dell’84-85. In un manoscritto di dodici pagine a circolazione interna e nel quale si delinea in piena franchezza il bilancio fallimentare del «rilancio» della lotta armata avvenuto con l’azione D’Antona, documento citato dal Corriere della sera del 18 maggio 2004 e ritrovato dalla Digos nel dicembre 2003, all’interno del deposito che le «nuove Br» avevano predisposto in tutta fretta in via Montecuccoli a Roma, dopo il conflitto a fuoco del marzo precedente sul treno Roma-Arezzo, si può leggere: «Noi storicamente non siamo le Br-Pcc ma gli Ncc[…] le Br-Pcc appartengono al proletariato, sono state il suo strumento politico-organizzativo e la classe vi si riconosce, per cui anche la non appartenenza politico-organizzativa dà un diritto-dovere di riprenderne il cammino».

A Bologna, Vittorio Rizzi spiega ad un giornalista che lo intervista in posizione genuflessa (Repubblica del 26 ottobre 2003) che l’inchiesta è ripartita dalla «indagine di sistema», come prescrive il manuale del piccolo detective. In sostanza «riapri i faldoni, rileggi una per una le carte, verifichi vecchie intuizioni, misuri se una connessione logica valida ieri lo sia ancora oggi o se il tempo non l’abbia contraddetta. Rileggi tutto. Ma proprio tutto» ma non capisci nulla perché non hai le basi, perché non è come acchiappare spacciatori, rapinatori, mafiosi, prosseneti o mariti che menano alle mogli. Insomma postulano che tutto venga dal passato, che qualcuno tiri le fila, magari da lontano, protetto in qualche santuario e invece i “nuovi” sono lì, sotto il loro naso che girano indisturbati da tre anni. E così ripescano vecchi fascicoli, si interessano a “latitanti” che potrebbero tranquillamente incontrare in strada, nei posti di lavoro, in ritrovi pubblici se solo facessero un salto a Parigi. Rileggono impolverati dossier, incollano A 4 sui muri, giocano ai rebus e ai quiz ma dimenticano di consultare le emeroteche, le videoteche, le librerie, dove informazioni sui rifugiati e i loro interventi pubblici non mancano di certo. È vero, non sono topi di biblioteca. Loro guardano i film di Starki e Hutch. Hanno il grilletto facile e sfondano le porte. Non pensano, menano… quando gli riesce, come a Genova. E così focalizzano l’attenzione su Persichetti. È un quarantenne, condannato per un processo della fine degli anni 80. Uno degli ultimi, dunque per forza deve sapere qualcosa. Poco importa che non abbia mai avuto nulla a che vedere con le Br-Pcc nella sua traiettoria giudiziaria. Potrebbe aver mutato idea. Le posizioni politiche si cambiano come le maglie delle squadre di calcio, pensano i “mobilieri”. E poi Persichetti è scappato in Francia, vuol dire che aveva cattive intenzioni e non che volesse risparmiarsi vent’anni di galera. situazione non ci sono solo degli investigatori che al massimo potrebbero rimpiazzare i Dupont presenti nei fumetti di Tintin, c’è anche un magistrato molto particolare, che è lì, se è vero quel che ha scritto Il Messaggero del 31 ottobre 2003: «Con il dolore e la rabbia di chi si è visto portare via un carissimo amico[…]. Un’amicizia di tanti anni, quelli della giovinezza, del matrimonio e della nascita dei figli, che Marco Biagi e Paolo Giovagnoli hanno visto crescere e diventare grandi insieme fino a quella tragica sera». Se ciò trovasse conferma – e l’assenza di ogni smentita suona come silenzio-assenso (2) – ci troveremmo di fronte a una insostenibile sovrapposizione di ruoli tra funzioni della pubblica accusa e interessi della parte civile. Verrebbe offuscata la fiducia nella serenità interiore del magistrato e atroce sarebbe la sensazione di vedere il diritto penale ridotto a escrescenza della Sharia islamica, la procura di Bologna in un avamposto talebano.
Ormai l’indagine contro Persichetti ha assunto un valore identitario e recedere, quando si è andati troppo oltre nell’ipotesi accusatoria, equivarrebbe a riconoscere un errore dalla portata troppo grande: il fallimento del teorema che lega vecchie e nuove Br e nega ogni discontinuità. Non mollare vuol dire dunque attaccarsi a ciò che resta: al portacomputer. Ed è qui che assistiamo a un evento miracoloso, l’improvvisa modificazione cromatica dello zaino che ne stempera il pigmento. D’altronde l’Italia è il paese delle madonne che lacrimano sangue, degli eczemi che si trasformano in stigmate. Perché stupirsi se anche la miscredente Bologna viene finalmente toccata dal segno divino?
Ad aggravare la situazione non ci sono solo degli investigatori che al massimo potrebbero rimpiazzare i Dupont presenti nei fumetti di Tintin, c’è anche un magistrato molto particolare, che è lì, se è vero quel che ha scritto Il Messaggero del 31 ottobre 2003: «Con il dolore e la rabbia di chi si è visto portare via un carissimo amico[…]. Un’amicizia di tanti anni, quelli della giovinezza, del matrimonio e della nascita dei figli, che Marco Biagi e Paolo Giovagnoli hanno visto crescere e diventare grandi insieme fino a quella tragica sera». Se ciò trovasse conferma – e l’assenza di ogni smentita suona come silenzio-assenso (2) – ci troveremmo di fronte a una insostenibile sovrapposizione di ruoli tra funzioni della pubblica accusa e interessi della parte civile. Verrebbe offuscata la fiducia nella serenità interiore del magistrato e atroce sarebbe la sensazione di vedere il diritto penale ridotto a escrescenza della Sharia islamica, la procura di Bologna in un avamposto talebano. Ormai l’indagine contro Persichetti ha assunto un valore identitario e recedere, quando si è andati troppo oltre nell’ipotesi accusatoria, equivarrebbe a riconoscere un errore dalla portata troppo grande: il fallimento del teorema che lega vecchie e nuove Br e nega ogni discontinuità. Non mollare vuol dire dunque attaccarsi a ciò che resta: al portacomputer. Ed è qui che assistiamo a un evento miracoloso, l’improvvisa modificazione cromatica dello zaino che ne stempera il pigmento. D’altronde l’Italia è il paese delle madonne che lacrimano sangue, degli eczemi che si trasformano in stigmate. Perché stupirsi se anche la miscredente Bologna viene finalmente toccata dal segno divino?
Una sprovveduta quarantenne con l’hobby delle passeggiate canine si trova così travolta in una storia troppo grande per le sue fragili spalle. Questa volta sono i carabinieri che entrano in azione quasi a voler bilanciare la loro assenza fino ad ora riscontrata nelle indagini. Un po’ di luci della ribalta spettano anche a loro. Chiamano la teste, la pressano, gli suggeriscono delle risposte, la condizionano. Se la lavorano insomma. E per lei è difficile dire di no. Tentenna, è esitante, non ricorda bene, ma alla fine finisce per sottoscrivere sempre la versione che l’Arma ha già confezionato. In una deposizione del 23 marzo 2002, di pochi giorni successiva all’attentato, quando la memoria era ancora fresca e i ricordi non ancora inquinati da pressioni successive, aveva raccontato di «uno zainetto color camoscio» portato in spalla da un individuo sospetto.
Il 30 novembre, sette mesi dopo, viene messa davanti a quattro borse, tra cui quella di Persichetti trafugata dalla procura romana. La messa in scena orchestrata è perfetta. Non c’è un solo zaino chiaro tra tutti quelli esposti. Addirittura una delle borse ha una forma allungata (come quelle sportive) con la cintola a tracolla. Un altro zaino è bicolore. Restano, in effetti, due sacchi in tinta unita. Uno è nero, l’altro è quello bleu marine di Persichetti. Siamo di fronte a quella che in gergo viene definita “tecnica a imbuto”, concepita per incanalare testi sovente fragili e sprovveduti, ansiosi di testimoniare il loro dovere di cittadini, ossequiosi delle istituzioni, e nella fattispecie delle uniformi. Nonostante gli sforzi predisposti per sollevarla dal peso del dubbio, la nostra testimone resta estremamente titubante. Sentiamola:
«Posso dire che il ricordo dello zaino che la persona portava a spalle non è molto nitido, comunque nella forma e nel colore può avvicinarsi ai primi due zaini che mi avete mostrato contrassegnati dai n° 1 e 2 [quello nero e quello blu di Persichetti, NdA].
Sicuramente il colore dello zaino non era molto scuro [e certo aveva parlato di color camoscio, nda] e per questo può avvicinarsi al secondo zaino, contrassegnato dal n° 2 [quello di Persichetti, NdA].»
Ma sì, perché non averci pensato prima? Il blu è meno scuro del nero, per questo può tranquillamente definirsi un colore chiaro. Di questo passo anche la notte più buia sarà splendente come il sole a mezzogiorno. Giovagnoli, riassumendo l’episodio nel rapporto inviato al GIP per chiedere il rigetto dell’istanza di dissequestro presentata dalla difesa nell’aprile 2003, scrive con imperturbabile candore: «La teste il 30-11-2002 ha riconosciuto lo zaino sopraindicato come quello portato dalla persona da lei notata nei pressi della casa del professor Biagi».
Vero, come un camoscio blu.

Tra gli inquirenti più daltonici spicca Vittorio Rizzi, “tutto chiacchiere e telefonini”, attuale capo della Mobile romana

Paolo Giovagnoli

Daltonico d’eccellenza: Paolo Giovagnoli

Link
Esilio e castigo, retroscena di una estradizione-1
La polizia del pensiero – Alain Brossat
Bologna, l’indagine occulta su Persichetti e il caso Biagi
Paolo Giovagnoli, quando il pm faceva le autoriduzioni
Paolo Giovagnoli, lo smemorato di Bologna
Storia della dottrina Mitterrand
Negato il permesso all’ex Br Paolo Persichetti per il libro che ha scritto

Note

1) Nei primi mesi del 1982, dopo il fallimento del sequestro del generale statunitense James Lee Dozier, le torture inflitte ai militanti catturati e le ondate di arresti che seguirono, quel che resta delle gruppo dirigente delle Br-Pcc lancia la proposta di una «ritirata strategica» che, prendendo atto delle dure sconfitte militari subite, avrebbe dovuto avviare una riflessione sulle prospettive della lotta armata e sulla necessità di ritornare ad un rapporto più interno con i propri settori sociali di riferimento.

2) In effetti, a conclusione dell’arringa pronunciata durante il processo in corte d’assise, Paolo Giovagnoli abbandonandosi ad alcuni istanti d’emozione ha ricordato questa amicizia.

2/ fine

 

Exil et Chatiment

Livres: Paolo Persichetti, Exil et châtiment. Coulisses d’une extradition, préfactions de Gilles Perrault et Erri De Luca

Paolo Persichetti a été enlevé et extradé précipitamment sur décision du gouvernement Raffarin pendant le dernier week-end d’août 2002, au
97828459714311 mépris de la parole donnée au nom de la France par François Mitterrand puis par Lionel Jospin. Il a été livré la nuit même à la justice italienne pour purger une condamnation à 17 ans de prison sans aucun recours ni procédure d’appel. Aujourd’hui détenu à Viterbo, Paolo Persichetti développe dans ce livre, à partir de son cas personnel, une critique ravageuse de la procédure pénale italienne et de la collusion entre les déraisons d’Etat dont il est devenu l’otage. À travers la démystification de la « démocratie judiciaire » et son analyse de la « judiciarisation » de l’espace public, il conduit une réflexion de fond sur les refoulements et les pathologies d’une société italienne, hantée par ses années de plomb et refusant obstinément de tourner la page par une mesure d’amnistie.
Écrit d’une plume alerte et souvent féroce, le livre de Persichetti est précédé de deux préfaces, l’une de Gilles Perrault (lui-même critique impitoyable de l’institution judiciaire dans Le pull-over rouge) et l’autre de Erri di Luca. En écho à l’émoi suscité par la probable extradition de Cesare Battisti,
le réquisitoire de Persichetti revêt une actualité brûlante. Condamné sur la simple délation d’un repenti, victime d’une injustice révoltante, bouc-émissaire d’un combat perdu depuis longtemps, à l’heure enfin où l’état d’exception tend s’imposer dans l’espace judiciaire européen, son auteur risque d’être englouti dans les oubliettes pénales de l’Etat italien.

Paolo Persichetti, ESILIO E CASTIGO, edizioni Città del Sole 2005

Libri: Paolo Persichetti, Esilio e castigo, edizioni Città del Sole, 15 euro

 

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Scritto in prigione e pubblicato per la prima volta in Francia, questo libro è la rappresentazione fedele di un caso di ingiustizia esemplare e costituisce uno stimolo efficace per la ripresa del dibattito sugli avvenimenti di quegli anni cruciali, al di là delle sciocchezze reticenti e delle turpitudini interessate che la vulgata ufficiale continua ad accreditare. Detenuto nel carcere di Viterbo, l’autore sviluppa qui una critica rabbiosa della procedura penale, di cui è divenuto ostaggio. Attraverso l’analisi della ‘democrazia giudiziaria’ e della ‘giudiziarizzazione’ dello spazio pubblico, Paolo Persichetti presenta una riflessione incalzante su problemi non risolti della società italiana, risalenti agli anni ’70, e che avevano già allora disvelato la natura classista e persecutoria delle istituzioni e le gravi responsabilità di una certa ‘sinistra’. La requisitoria dell’autore è di un’attualità scottante, in un’epoca in cui lo stato d’eccezione tende a imporsi nello spazio giudiziario europeo e, più in generale, a livello internazionale. «La cella addosso a Paolo Persichetti è saldata con la fiamma fredda del rancore. Prima il raggiro, la truffa di una finta accusa per poterlo estradare, e la complicità dei funzionari che si sono prestati a trafugare un corpo in libertà per consegnarlo ai carcerieri. Poi la penitenza di scontare pene per le rivolte politiche del 1900 […]. Rancori: in Italia non si perdona l’azione di chi andò allo sbaraglio senza alcun tornaconto personale. Chiamano volentieri terrorismo qualunque azione non abbia un riscontro economico. Da noi si perdona tutto, purché commesso per arricchimento […]. Incomprensibile e perciò imperdonabile è la generazione politica della quale Paolo Persichetti è stato uno degli ultimi iscritti, il più giovane dei noialtri di allora». (Erri De Luca) Paolo Persichetti (Roma, 1962) partecipa alle grandi lotte dell’inizio degli anni ’80. Nel 1987 è arrestato per organizzazione di banda armata. È poi accusato, senza elementi, di aver partecipato all’omicidio Giorgieri. Si rifugia in Francia, dove – nonostante la richiesta di estradizione che il governo francese ‘congela’ come per tutti i fuoriusciti – insegna scienze politiche all’Università di Parigi VIII. Nel 2002 è arrestato con la falsa accusa di complicità nell’uccisione di Marco Biagi, ed è estradato in Italia dove viene incarcerato a Viterbo.

Il Secolo che viene

Libri – La politica perduta, Marco Revelli, Einaudi 2004

Paolo Persichetti
Hortus Musicus
n° 20 anno V – ottobre-dicembre 2004 – pp. 224

http://www.hortusmusicus.com/schede/scheda.php?numero_hm=20&art=609

 

copj13aspIl Millenovecento è un secolo che continua a far discutere con il suo bilancio  in rosso segnalato come  il più sanguinario della storia: due guerre mondiali, innumerevoli conflitti coloniali e post-coloniali, decenni di guerra fredda, guerriglie insorgenti e repressioni contro-rivoluzionarie. Marcato dal tragico connubio tra tecnologia e sterminio che ha permesso il genocidio fordista del Terzo Reich, il Novecento è stato il secolo dei “Campi” ad Est come ad Ovest e dell’atomica. Un’esperienza che ha mutato la natura del politico mettendo al centro sempre più l’aggressione della “nuda vita”. La sua eredità sembra gravare sulle fragili spalle di un nuovo millennio orfano delle grandi narrazioni della storia, reso gracile da etiche rachitiche. Il capitalismo alla fine è scampato ai ripetuti assalti al cielo, si è fortificato portando a termine audaci «rivoluzioni conservatrici», tanto da non incontrare più validi antagonisti capaci d’anteporre solidi modelli alternativi e poter vantare così una consolidata egemonia. La rinuncia ai pensieri forti sembra aver lasciato aperta la via solo a piccoli sentieri percorsi da culture divise tra catastrofismi apocalittici, moralismi velleitari e regolazionismi senza ambizione.
Le macerie del muro di Berlino hanno lasciato da tempo il posto agli speculatori immobiliari, eppure la densa nube di polvere sollevata dal loro crollo continua ad offuscare la percezione degli approdi di un secolo che non ha visto solo ombre e tragedie. Le forze produttive hanno avuto uno sviluppo senza precedenti, la speranza di vita in larghe zone del pianeta si è accresciuta, la popolazione mondiale è più che raddoppiata. Per alcuni decenni l’egemonia capitalista è stata spezzata, modelli di società alternativa sono stati sperimentati, il movimento operaio e contadino ha acquisito in particolari momenti una forza contrattuale e decisionale mai conosciuta nel passato che ha consentito una reale e diversa redistribuzione sociale della ricchezza prodotta. Il fatalismo degli umili, la naturalizzazione della loro condizione di ultimi e di oppressi è stata smentita. Momenti fin troppo dimenticati nella contabilità di un secolo che ha dimostrato come fosse possibile liberarsi da schiavitù e dipendenze ataviche.
Secondo un’opinione molto alla moda nella sinistra attuale, il controverso bagaglio culturale del Novecento peserebbe ancora troppo sulle nuove domande che il secolo che viene porta con se. Come sia possibile riassumere in modo tanto univoco un periodo così ambivalente, resta un mistero. Per questo il rischio, anzi la realtà, è quella di una discussione che si dispieghi ancora una volta per metafore, dove il Novecento riassume una concezione della politica dominata dal paradigma della tecnica e della forza. In esso dunque si racchiuderebbe un “irrisolto culturale”, denunciato come una vera e propria tara ereditaria della tradizione comunista sui movimenti sociali. Un limite che impedirebbe tuttora di comprendere il «carattere eticamente e storicamente inaccettabile» della violenza. Una riflessione sulla politica che a ben vedere precipita molto più indietro, fino a toccare nodi teorici centrali non solo della tradizione culturale del movimento operaio. Un modello di pensiero che riguarda almeno l’intera «politica dei moderni», da Machiavelli passando per Hobbes fino a Lenin e oltre, come ha ricordato recentemente Marco Revelli in, La Politica perduta, Einaudi 2004.
La modernità filosofica ha coniato dei concetti che tuttora informano i nostri sistemi politici, le relazioni internazionali e i rapporti sociali; ma non per questo le epoche precedenti sono rimaste esenti dalla presenza della forza e da una sua concettualizzazione, anche quando prevaleva un’idea di giustizia dedotta semplicemente dall’ordine naturale delle cose. Per questo è bene rimettere l’uomo sui suoi piedi e non ridurre la storia del mondo ad una storia delle idee sul mondo. La coincidenza tra ordine umano e ordine naturale, la politica come giusto mezzo, affermata dalla teoria aristotelica e che l’interpretazione scolastica, leggendo nella natura un disegno divino, ha trasformato in un elogio della tradizione e della conservazione, fino a sancire l’immodificabilità dell’ordine esistente, non è meno artificiale delle visioni politiche dei moderni che quella natura intendevano correggere o cambiare. L’introduzione della tecné nella politica, chiave di volta che avrebbe permesso di sostituire il problema della giustizia con quello della ricerca dei mezzi capaci di modificare artificialmente lo stato di natura, non è solo una scoperta avvenuta durante il Rinascimento.

coverhm20grande Nella sua analisi, Revelli concede troppo all’interpretazione arendtiana, influenzata da una visione idilliaca della società greca, dove la politica come arte del bene comune sarebbe prevalsa sulla pura tecnica di comando. La riflessione della Arendt è minata da un enorme malinteso che porta a sottovalutare, quasi a disprezzare aristocraticamente, il peso dei rapporti economici ed ignorare la questione sociale. Temi ritenuti estranei alla sfera pubblica e relegati ad una dimensione privata, incapace di produrre legame sociale, comunicazione, partecipazione, ingredienti essenziali della creazione politica. Concezione che arriva ad escludere uno degli aspetti centrali delle società umane. Espungere il peso dei rapporti economici, taglia alla radice la possibilità di una comprensione piena della politica e dunque impedisce di cogliere le asimmetrie, le disparità ed anche i conflitti che la traversano. Lo stesso affiorare dello spazio pubblico moltiplica il ricorso alla tecnica politica che deve integrare sempre più sofisticati mezzi necessari alla fabbricazione del consenso. Già ai tempi di Machiavelli la religione appariva una fondamentale macchina del consenso, un formidabile instrumentum regni.
Il pensiero politico è cresciuto attorno al problema posto dalla “forza” nelle vicende umane. Il filosofo cattolico Paul Ricoeur, non certo sospettabile d’estremismo, individuando nel rapporto tra violenza e storia un nesso fondamentale con le patologie della memoria, spiega: «non esiste alcuna comunità storica che non sia nata da un rapporto assimilabile senza esitazione alla guerra: noi celebriamo con il titolo di eventi fondatori sostanzialmente atti violenti, legittimati a posteriori da uno Stato di diritto precario» . Parole in cui echeggiano Hegel e quel passato descritto come una valle di scheletri, Marx e quella violenza che in alcune epoche si è fatta «levatrice della storia», Pareto e il «cimitero d’aristocrazie» di cui sarebbe piena la storia. Un “realismo analitico” messo sotto accusa in una epoca in cui la parola che racconta il fatto diventa causa del fatto stesso. Così la furia dell’eticismo non violento mette il burka alla realtà.
Più che una critica della politica come espressione della forza, ci troviamo di fronte ad una rimozione della presenza della forza nella politica. Non stupisce dunque se questo approccio soffre di un particolare strabismo che lo porta a non vedere come la forza sia innanzitutto una delle proprietà salienti del monopolio statale, che ne fa un uso statisticamente ben più dispiegato e permanente di chi quel monopolio viola o ha violato. Il ricorso a guerre, o più eufemisticamente, ad operazioni internazionali di polizia e all’uso della coercizione, è statisticamente più diffuso della violenza proveniente dal basso. In questo caso, l’assenza d’eufemismi, l’impiego della parola nuda, senza infingimenti che la camuffino, è di per se un segno della potenza simbolica che avvolge la forza reale dello Stato e che può così manifestarsi senza essere percepita come violenza perché rivestita di legittimità, a prescindere dallo stesso consenso.
Secondo Revelli, la modernità sarebbe traversata da un paradigma tragico che avrebbe incorporato il male per raggiungere il bene. Dal male delle origini percepito come mistero, la modernità avrebbe consentito il salto al male utilizzato come strumento. Gli antichi avevano una posizione di vantaggio sui moderni poiché consideravano il male un fenomeno che esorbita dalle responsabilità umane. Esso era considerato parte del mistero divino e rispondeva ad un disegno imperscrutabile e ingiudicabile. La modernità, liberando l’uomo dai vincoli soffocanti della religione rivelata, riconduce il male alla dimensione umana, sottraendo la responsabilità al cielo per trasferirla in terra. Dalla teologia all’antropologia. Un prodigioso cammino di liberazione che è anche caduta nel precipizio della ragione strumentale, della tecnica come delirio di potenza dell’uomo sul mondo. Il passaggio dalla semplice accettazione del mondo circostante all’ambizione di volerlo trasformare, dando vita alla civiltà della tecnica, non è affatto una salvezza secondo Revelli, ma decadimento e perdizione, smarrimento dell’umanità. La soluzione verrebbe dunque da una rivalutazione dell’etica, attraverso l’assunzione di una sorta di fondamentalismo valoriale. Una concessione, seppur in versione laica, all’egemonia degli integralismi contemporanei, dopo la crisi delle grandi narrazioni del materialismo rivoluzionario.
Il racconto del mito delle origini fatto da Hobbes conferisce alla terrificante potenza del potere sovrano il monopolio del male, ovvero l’uso necessario della forza e della violenza a fin di bene. Leviatano, il mostro freddo che si erge dai mari maestoso e incontestabile, si scaglia contro Behèmoth, simbolo della violenza irragionevole diffusa tra gli uomini: la guerra civile. Al male strumento necessario del bene, o, secondo Hobbes, per sconfiggere il ben più pericoloso male originario dello stato di natura, risponde il mito roussoiano che denuncia la proprietà come malefico egoismo venuto a disgregare l’idilliaca comunità umana delle origini, dove omnia sunt comunia, ogni cosa è di tutti. Se il male antico ripercuoteva la sua maledizione su generazioni ignare del peccato originale, il male moderno dietro l’emancipazione dalla superstizione divina cela l’ennesima perdita dell’innocenza. La conquista della libertà e del libero arbitrio pagano un duro tributo al governo del male imbrigliato dalla ragione e ridotto a tecnica per raggiungere un fine. La responsabilità, tornata finalmente nel seno degli uomini, consente la nascita della storia e della politica, mentre la questione del male diventa «interamente spiegabile». A questo punto il controllo politico della violenza e della forza si afferma come condizione fondatrice della critica moderna, mentre la sua eredità si abbatte pesantemente sulla storia del movimento operaio.
Si perviene così alla drammatica illusione del Novecento, secolo estremo travolto dall’insana idea che i mezzi potessero mantenere un carattere neutrale, fossero pura tecnica disgiunta dalla convergenza sui fini: «buoni se messi al servizio di una giusta causa, cattivi nel caso contrario». Per trovare finalmente una risposta al dilemma mezzi-fini, Revelli suggerisce di guardare alla tradizione non violenta per cogliere dal suo seno quello che sembra essere l’aspetto più interessante della sua riflessione, ovvero il radicale rifiuto della osmosi con l’avversario, il rigetto di ogni simmetria, non solo dei contenuti ma anche di mezzi e pratiche. Nella tradizione agonica, infatti, il conflitto vede anteposti due poli irriducibilmente contrari ma indissolubilmente legati da un nesso simmetrico: l’uso della forza e l’obiettivo del potere che racchiude in una trappola mimetica ogni differenza, semmai questa venisse ricercata. L’esempio più chiaro viene dai conflitti di matrice religiosa o nazionalistica. L’arcano di questa maledizione sarebbe riposto nella logica del mezzo, che separato dal fine eserciterebbe un’insidia sottile capace di stravolgere l’obiettivo prefisso, rendendolo identico alla natura dello strumento usato. Questo perché non si sarebbe mai sufficientemente riflettuto sulla retroazione che i mezzi impiegati, e nella fattispecie la violenza, operano su chi la pratica, suscitando una «metamorfosi antropologica» sul soggetto che ne fa uso.
Le obiezioni che queste conclusioni suggeriscono sono innumerevoli. Ci è già capitato di sollevarne alcune su queste stesse pagine (cfr. Hortus Musicus n° 12-13 ottobre-dicembre 2002 e gennaio-marzo 2003, Le Aporie della Non violenza (I) e (2), con particolare riguardo a quella contaminazione antropologica che non ha risparmiato neanche l’unico modello non violento pervenuto sinora alla vittoria: l’esperienza ghandiana risoltasi in uno strabiliante paradosso che ha visto, dopo la conquista del potere, il mantenimento di tutti quegli attributi che fanno dello Stato il detentore del monopolio legale della forza, senza nemmeno porre fine alla medievale ingiustizia della società castale ed ai sanguinosi conflitti di religione. In realtà, il dilemma mezzi-fini resta per intero senza soluzione. Ma come è già stato osservato, se è possibile evocare un rischio d’omologia di fronte all’uso offensivo della violenza, poiché esso conduce lungo un crinale sottilissimo dove i confini con le pratiche dell’avversario possono confondersi pericolosamente, diverso è il problema posto dal ricorso alla violenza difensiva, impiegata secondo il criterio della risposta proporzionata. Come è possibile affermare che, di fronte ad un intervento realizzato per neutralizzare un torturatore che infierisce sulla vittima o all’interruzione con mezzi adeguati di una violenza sessuale, vi sia una omologia con la forma dell’aggressione o dell’aggressore? La simmetria sarebbe tale solo se il torturatore venisse a sua volta torturato e il violentatore violentato. Non intervenire, oppure farlo con mezzi inadeguati, che non riuscissero ad impedire la consumazione della violenza, non sarebbe forse eguale se non peggiore di un qualsiasi rischio d’omologia? Spesso chi evoca questo pericolo è più preoccupato della propria integrità morale che dell’incolumità altrui. Dietro i nobili intenti si cela la vertigine narcisistica, l’egoismo purista di chi guarda il mondo dal proprio ombelico. L’acquiescenza o il velleitarismo impotente non assolve, anzi sul piano morale è peggiore delle eventuali colpe di chi si è speso per agire, a rischio di sporcarsi le mani in situazioni dove «non c’erano lacrime per le rose».
La tecnica, poi, benché non possa ritenersi in assoluto neutra, resta in ogni caso una formidabile scommessa, una opportunità decisiva per l’esercizio dell’autonomia umana. Privandosi della tecné si smarrisce quell’indispensabile grammatica che consente di decifrare la politica, requisito essenziale senza il quale non può esistere nessuna critica della politica stessa come dominio e separatezza. L’irenismo etico lascia la tecnica al monopolio dei professionisti della politica, preferendo l’elogio dell’ignoranza alla condivisione sociale del suo sapere. In questo modo i sottoposti, i sottomessi, coloro che vedono il mondo dal basso, il popolo dei bassifondi, delle cantine e dei sottoscala, perde ogni controllo del proprio destino e viene relegato ad oggetto passivo delle politiche altrui. Lungi dall’essere una passerella per l’inferno, la tecnica resta una delle chiavi per accedere all’autonomia e all’indipendenza della propria azione. A ben vedere, anche la critica della tecnica ricorre a quegli argomenti fobici e igienisti che nutrono la “politica dell’antipolitica”, attraverso artificiali rappresentazioni incontaminate di settori di società anteposti alla corruzione e al decadimento del sistema politico. Se analizzassimo da vicino questa ideologia della purezza, scopriremmo che anch’essa non è per nulla immune dall’uso di quella stessa tecné altrove denunciata.
La soluzione andrebbe ricercata – spiega Revelli – nella nuova «produzione di relazionalità» (Manifesto, 18 gennaio 2004), anteposta al tradizionale schema della conquista del potere. Un rapporto di potere, però, la cui lettura ci viene proposta unicamente come «confronto muscolare», accumulo di potenza tipico della forma politica statale, corredata in seguito da forme di legittimità che ne fondano il consenso. Di fronte a questa «macchina», la semplice idea di contropotere susciterebbe un inutile gioco frontale a somma zero, dove il confronto si terrebbe sullo stesso terreno, sulla base di identiche unità di misura che inevitabilmente riprodurrebbero una indistricabile omologia, una perfetta simmetria. Insomma si verrebbe risucchiati e vinti, inesorabilmente conquistati dalla stessa logica che si voleva superare all’origine. Ma questo discorso ha il suo limite proprio nell’analisi dei rapporti di potere, che oramai esulano di gran lunga la semplice dimensione fisica. Per questo anche l’uso «della parola e del racconto, l’apertura di spazi in cui elaborare la propria socialità altra» non sono esenti dalla produzione di forme «microfisiche» di potere. L’inevitabile processo di scambio e d’incontro che la «logica lenticolare disseminata» produce, non rimane estraneo al rischio di condizionamenti sublimali, forme di potere simbolico, potere carismatico, tipologie di legittimazione che captano la volontà grazie alla dissimetria delle competenze, dei saperi e delle risorse economiche e sociali, che stabiliscono differenze e gerarchie minando la trasversalità e l’orizzontalità delle relazioni.
Ancora una volta non viene sciolta l’ambiguità di fondo che ha contraddistinto le posizioni della cultura non violenta negli ultimi decenni, in modo particolare dopo le vicende degli anni Settanta. Quando figure come Danilo Dolci e Aldo Capitini riflettevano sul valore della non violenza, avevano di fronte l’orrore della violenza smisurata scatenatasi nel secolo delle guerre mondiali, dove le popolazioni civili erano state coinvolte direttamente nei conflitti. Ma lo facevano volgendo lo sguardo al campo dei vincitori di cui loro stessi erano parte. La condanna senza mezzi termini dei vinti passa attraverso l’autocritica dei vincitori. Si tratta di una posizione che pone immediatamente una distanza critica dai vincenti, aborrendo l’idea che questi riproducano le stesse logiche degli sconfitti. Dopo gli anni Settanta, invece, viene chiamata non violenza una cultura politica costruita essenzialmente sulla stigmatizzazione delle condotte violente dei movimenti sociali che in quegli anni furono protagonisti. Il rigetto unilaterale della violenza proveniente dal basso ed esercitata contro il potere ha accreditato l’idea che questa fosse unicamente patrimonio delle ribellioni, se non addirittura l’essenza delle rivolte. Ciò ha inevitabilmente provocato uno sbilanciamento culturale verso atteggiamenti di compiacenza, di connivenza o indifferenza verso la violenza delle istituzioni. Si è radicato così un malinteso ideologico chiamato da alcuni non violenza che assomiglia molto ad un pensiero della sconfitta, un’ideologia consolatoria, interamente prigioniera dei confini angusti della disfatta, incapace per questo di pensare rotture e trasformazioni di fondo. L’attenzione ossessiva che oggi viene riposta sui mezzi sembra così voler riempire unicamente il vuoto di contenuti e prospettive sui fini, senza tralasciare l’ipotesi di uno strumentale ricorso ad etichette legittimanti rispetto ai poteri costituiti. Tradotto in termini più concreti, questo dibattito ripropone in termini nuovi il confronto tra l’opzione sociocentrica, la tradizione mutualistica e cooperativa,

41kq6dt3r4l_ss500_il federalismo sociale, anteposta a quella che vedeva nello Stato, una volta conquistato, uno strumento di garanzia per i lavoratori. Disputa che traversa i primi decenni della storia del movimento operaio. Alla fine prevale lo statalismo di Lassalle, malgrado le dure critiche del vecchio Marx. Attraverso la seconda Internazionale, l’opzione statocentrica struttura saldamente la cultura dominante all’interno del movimento socialista. Nemmeno la rottura bolscevica riesce a rimetterla in discussione; mette solo fine al gradualismo riformista. A questo punto un lord inglese s’innamora della formula riuscendo a riprodurla come antidoto per il sistema capitalista in crisi. Nel frattempo il movimento cooperativo non ha avuto migliore fortuna. Nel corso del suo divenire, quando ha cominciato ad occupare parti consistenti di mercato e di società, non ha retto alla logica inclusiva del capitalismo, alla sua potente capacità d’assorbimento. Dovrebbero riflettere meglio i teorici dell’esodo, i sostenitori delle varie economie, finanze e risparmi etici, solidali e alternativi. La teoria dell’isola che diventa arcipelago ed infine continente, sottraendo continuamente terra al mare, rischia di risolversi in un naufragio nell’oceano in tempesta del capitalismo. Questo sistema economico-sociale si è dimostrato nel corso dei suoi secoli di vita un formidabile mutante, capace di recepire e introiettare le critiche per rafforzarsi e produrre nuove etiche della valorizzazione che accompagnano, a volte confliggono ed infine sostituiscono le precedenti. Luc Boltansky e Éve Chiappello (Le Nouvel ésprit du capitalisme, Gallimard 2000), hanno descritto questo continuo processo di rinnovamento e di adattamento alla critica da parte del capitalismo, capace sempre di aprire orizzonti di mercato ancora vergini, fortificando e ammodernando le basi della sua legittimazione.

Link
Muro di Berlino, i guardiani delle macerie
Un futuro anticapitalista è fuori dalla storia del Pci
Il secolo che viene
Aporie della nonviolenza-1

Dalla dottrina Mitterrand alla dottrina Pisanu

n. 20 anno V – ottobre-dicembre 2004

Paolo Persichetti
http://www.hortusmusicus.com/schede/scheda.php?numero_hm=20&art=601

Di fronte alla notizia della fuga di Cesare Battisti, il ministro degli Interni Beppe Pisanu si è augurato che questi «sia arrestato e consegnato alla giustizia il prima possibile, perché chiunque oggi in Italia avesse l’idea d’imboccare la via scellerata del terrorismo deve sapere che, prima o poi, sarà raggiunto dalla forza paziente dello Stato» . Un concetto coverhm20media-1ribadito più volte in occasione di alcune recenti estradizioni e da cui trasuda una singolare idea delle istituzioni. Non sorprende tanto l’ipocrita insistenza, pronunciata con studiata pacatezza, sulla supposta forza paziente ma inesorabile dello Stato. Qui Pisanu ha voluto distinguersi dal suo collega di governo, il guardasigilli Roberto Castelli, che ha affermato lo stesso pensiero digrignando rabbiosamente i denti: «pensavate d’averla fatta franca andando all’estero a godervi la vita… Noi vi cercheremo comunque, dovunque e per sempre». Differenze di stile non di sostanza. Paziente o meno, la forza dello Stato resta per essenza strabica ed eccelle nell’esercizio selettivo della memoria. Colpisce semmai la risonanza biblica presente nelle parole del ministro: quella confusione tra i requisiti formali di uno Stato laico e di diritto col Dio terribile della punizione, l’arbitro ultimo e inesorabile del giudizio universale, molto diverso per altro dal Dio misericordioso dei vangeli. Ma la dottrina giuridica positiva ritiene che la sanzione sia altra cosa dal giudizio divino. Essa ha senso solo all’interno di una temporalità storica ben definita, oltre la quale perderebbe significato fino a capovolgersi. Non più giustizia ma vendetta, abuso, persecuzione. Per questo il codice penale prevede la nozione di prescrizione non solo del reato ma anche della pena. L’idea d’imprescrittibilità che recentemente, sotto la spinta dell’euforia penale, nuovo oppio dei popoli, ha guadagnato terreno, è rimasta comunque confinata a crimini eccezionali come quelli contro l’umanità. Certo per le pene più lunghe la prescrizione interviene solo dopo trent’anni, una distanza immensa. Eppure buona parte dei fuoriusciti oramai hanno superato la soglia dei vent’anni dalla condanna, cioè sono più vicini alla tempo della prescrizione che a quello della sanzione. Chi aspira a riportarli nelle carceri vorrebbe invece fermare il tempo e ricondurre indietro le lancette della storia come quei giapponesi persi nelle isole del pacifico.
Le parole di Pisanu e Castelli, uomini della destra politica, vengono a compimento di un processo, paradossalmente governato dalla sinistra, che ha visto mutare profondamente la cultura giudiziaria. La giustizia si è in qualche modo privatizzata. Il processo penale, ispirato in passato alla difesa dell’interesse generale, oggi viene presentato come una escrescenza tribale, una fatwa talebana legittimata dalla retribuzione simbolica della figura della vittima. Fatti sociali ritmati da una periodicità storica che consentiva la possibilità di un loro riassorbimento, vengono ora inclusi in una metafisica nozione del Male che è al tempo stesso unico e perenne, e perciò irrecuperabile. Male, colpa, vittima divengono nuove categorie supreme che annullano ogni differenza di luogo, di spazio e di tempo. Destoricizzano e desocializzano gli eventi, sacralizzandoli. L’esaltazione narcisistica del dolore muta la stesa percezione dei fatti sociali, in questo modo la reciprocità agonistica è sostituita dall’inconciliabilità vittimistica, dando vita ad una competizione della sofferenza che mina ogni possibile terreno di riconciliazione civile e supplisce la fuga dalle responsabilità della politica.
Le dichiarazioni del ministro degli Interni sono apparse come un monito, un anatema, una sorta di teorema performativo a fini preventivi: arrestare i latitanti della lotta armata di trent’anni addietro, e tra questi in particolare i fuoriusciti riparati in Francia, per usare il loro tardivo castigo come un deterrente contro chi volesse di nuovo imbracciare le armi nel futuro. Un modo di regolare non tanto i conti di ieri quanto piuttosto quelli di domani e ciò attraverso l’uso dei corpi dei fuoriusciti, in questo modo spersonalizzati, disumanizzati, scarnificati e trasformati in figure cristiche. Crocifisse sulla scorta di un iperbolico principio transitivo che li ridurrebbe ad oggetto della “colpa” altrui, sacrificati a mo’ d’esempio. La colpa, o meglio, la responsabilità che il diritto penale concepisce solo come personale, soggettiva, intenzionale e cosciente, diverrebbe così un’essenza astratta trasposta nel tempo e nella storia. E pour cause direbbero i francesi che c’entrano molto in questo caso. Oggetto della controversia è, infatti, la riscoperta del peccato originale, che fuoriesce da una visione teologica della storia. pg_008Questa anacronistica disputa sul senso di colpa non
è altro che il tentativo d’esportare altrove le cause e le eventuali responsabilità che stanno dietro il ritorno un po’ farsesco della lotta armata alcuni decenni dopo la guerra civile degli anni 70. Creare un nesso morale tra la sovversione di quegli anni e gli spari di oggi, costruire una responsabilità monocasuale, retrocederla nel tempo, è l’ennesima prova di una cultura della rimozione eletta a norma di vita. Dietro c’è il terrore di dover riconoscere che quei nuovi colpi d’arma da fuoco tornati a risuonare siano anche responsabilità di chi ha cullato il paese nella rimozione, di chi ha teorizzato e incensato l’oblio del decennio insorgente, di chi in questo modo ha evitato imbarazzanti domande. Le parole di Pisanu nascondono un inaccettabile tentativo di spiegare gli attentati del 1999 e del 2002 come l’affiorare in superficie di una deriva carsica che rimonterebbe alla fine degli anni 80. Secondo il responsabile del Viminale non sarebbe mai intervenuta alcuna soluzione di continuità. Gli attentati D’Antona e Biagi esprimerebbero oltre a una lineare continuità politico-ideologica, anche un evidente nesso organizzativo diretto e soggettivo con i militanti degli anni 70-80. Si afferma: «sono la stessa cosa. Residui di un fenomeno mai veramente sopito, che ha covato sotto la cenere lungo tutti gli anni 90, complici un eccesso di clemenza e la sottovalutazione degli organi di polizia e di governo distolti da altre emergenze». L’eccesso di clemenza sarebbe dunque la causa di tutto. Di quale clemenza poi si stia parlando, non è dato sapere, i prigionieri stanno tutti scontando le loro condanne fino all’ultimo secondo stabilito. L’unica amnistia prevista è quella del tempo.
Probabilmente per clemenza s’intende allora quel centinaio circa di fuoriusciti residenti in Francia e quel pugno di fuggitivi sparsi in altri paesi del mondo. Latitanti, per forza di cose recidivi si è provato a dire all’inizio per poi doversi arrendere di fronte all’evidenza. Allora si è costruito un nuovo teorema e così la colpa originaria ha sostituito quello della centrale francese, legittimando una postura ultrarepressiva che schiaccia sotto il rullo compressore dell’intolleranza totale ogni differenza e diversità. È un approccio che potrebbe definirsi “quantitativo” e non “qualitativo”, animato da analisi rozze, ottuse e oscurantiste, una visione strumentale e superficiale, surrogata da un credo assoluto nella forza.
Questo tipo d’interpretazione, per nulla innocente, suggerisce l’idea che i fenomeni sovversivi non abbiano più un carattere storicamente ciclico ma siano divenuti endemici. Secondo questa tesi dovremmo abituarci a convivere con le ombre e i fantasmi di una concezione clandestina della politica, una minaccia che, a seguito del declino delle grandi spinte ideologiche e al riemergere delle narrazioni religiose, assumerebbe i connotati di un patchwork, un confuso assemblaggio antioccidentale nel quale confluirebbe di tutto. Tipica silhouette del male, che tanto piace alla vulgata neoconservatrice nordamericana, intrisa di un manicheismo biblico perfettamente simmetrico al peggior integralismo islamico. Uno spauracchio opportunamente agitato per giustificare quella “guerra civile dall’alto”, scaturita dal nuovo assetto geopolitico unipolare. img_270867_lrg «Chiediamo all’Unione europea l’inclusione delle Brigate rosse nella lista delle organizzazioni terroristiche», ha affermato il ministro degli Esteri, Franco Frattini, durante il vertice della Nato svoltosi a Bruxelles a inizio aprile 2004. Una richiesta paradossale, poiché rivolta nei confronti di un’organizzazione che non esiste più da ben oltre un decennio e che difficilmente può essere giustificata dall’apparizione di uno scarno numero di imitatori sgominati in breve tempo. Dietro questa richiesta del governo italiano, oltre all’intenzione di mettere in difficoltà la Francia per la venticinquennale ospitalità concessa ai fuoriusciti, vi è la piena adesione all’idea che chiunque abbia, in un modo o nell’altro, preso parte a vicende politiche rivoluzionarie rappresenti una minaccia permanente. Si tratta della palese ammissione che ad essere perseguita non è più l’infrazione eventuale ma l’identità, addirittura remota, delle persone oggetto di queste misure restrittive. Costoro verrebbero considerate, contro ogni buon senso, in possesso di un savoir faire rimasto intatto e aggiornato tecnicamente nei decenni. È questo il nuovo sigillo che le democrazie attuali pongono sulla figura del nemico politico interno, eletto a pericolo permanente e immutabile. Assistiamo in questo modo ad una sorprendente osmosi culturale, ad una micidiale simmetria d’atteggiamento tra le parole di Pisanu e quelle degli autori degli attentati D’Antona e Biagi. Entrambi fanno tabula rasa del decennio 90. Entrambi legittimano le proprie posizioni realizzando una curiosa rimozione storica che cancella l’oltrepassamento realizzato dalla quasi totalità dei prigionieri e dai fuoriusciti della lotta armata, riguardo a una vicenda storica considerata conclusa da oltre un quindicennio.
È quanto mai strumentale la posizione di chi cerca nelle figure di ieri dei responsabili per l’oggi, attribuendo al passato quella che è stata una surreale imitazione figlia del presente. Un paese distratto e annoiato, persino futile, oramai conquistato dall’avidità dell’oblio, impaurito dalla possibilità di sapere, è rimasto scosso dal frastuono di quegli spari improvvisi. Per questo, irritato dal brusco risveglio, ha rovistato furiosamente in un passato sconosciuto, preferendo cercare in spazi e tempi lontani i responsabili di quei colpi senza radici, piuttosto che cercarsi attorno e guardarsi allo specchio. L’Italia è sempre più un paese che non vuole conoscersi e cerca momentaneo sollievo dietro dei capri espiatori, dei simbolici responsabili di sostituzione. cortei_liberta1
Il diniego ostinato, oggi potremmo dire premeditato, dell’amnistia, mantenendo gli insorti simbolicamente emarginati nei recinti carcerari o nei limbi disciplinari di esistenze semipenitenziarie, ha congelato il tempo, cristallizzato le epoche, e impedito a quel sapere incarcerato, a quelle esperienze sotto chiave o esiliate, di affermare le ragioni della irriproducibilità e inattualità dei modelli di lotta armata trascorsi. Non anatemi morali o squallide dissociazioni, ma autonome valutazioni politiche udibili dalle componenti sociali antisistema. Tutto questo è mancato. L’Italia è rimasta fedelmente ancorata alle politiche dell’urgenza, allo stato d’eccezione, ai modelli dell’abiura che hanno facilitato il reistallarsi della coazione a ripetere. L’esilio e il carcere hanno alterato la coscienza del tempo, rafforzando nella società la tentazione di considerare immutabile il rimosso. Se la Francia di Mitterand si era posta il problema di trovare una soluzione alla violenza fuoriuscita dal conflitto politico degli anni 70, l’Italia di Pisanu (e di Violante) continua solo a mostrarsi capace di mettere in scena la dansa degli apprendisti stregoni.

Link
Agamben, Lo Stato d’eccezione
Tolleranza zero: estensione dell’infrazione di terrorismo e nuovo spazio giudiziario europeo
La giudiziarizzazione dell’eccezione 1
La giudiziarizzazione dell’eccezione 2
Il caso italiano, lo Stato di eccezione giudiziario
Storia della dottrina Mitterrand
Dalla dottrina Mitterrand alla dottrina Pisanu

La fine dell’asilo politico
Garapon, L’utopia moralizzatrice della giustizia internazionale
Tarso Gendro, “l’Italia è ancora chiusa negli anni di piombo”
Brasile, stralci della decisione del ministro della giustizia Tarso Gendro